Random rampe city

Avis sur Burnout Paradise: The Ultimate Box sur PC

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Version PC

(Comme souvent dans mes critiques, phrases parfois trop longues et abus de parenthèses)

Aaaaaah, les jeux de course.

Un genre qui ne m'intéresse absolument pas. Je ne suis pas du tout bagnoles, et même les jeux style mario kart me barbent rapidement.

Mais, Burnout. La série qui fait exception, chez moi. Le 1 est peut-être le premier jeu auquel j'ai joué (sur consoles de salon, pas sur PC ni sur consoles portables), et même aujourd'hui j'y reviens avec plaisir. Le 2 était sympathique, mais ça remonte un peu, en ce qui me concerne. Le 3, je n'y pas assez joué pour juger. Legends ne m'a pas marqué, mais n'était pas désagréable.

Outre la nostalgie, qu'est-ce qui m'attire dans cette série ?

D'une part, les crashs. Ils sont marrants, huhu. Et le fait de devoir prendre des risques pour remplir sa jauge de boost, j'aime beaucoup cette mécanique.

D'autre part, le côté un peu je m'en foutiste de la série. Que ce soit dans le 1 ou le 2, on conduit une bagnole plus ou moins lambda (la vitesse diffère, mais une bonne partie des voitures disponibles est constituée de véhicules quelconques et est estampillé des noms du style 'coupé', ou 'roadster'), sur des routes sans caractéristiques sortant particulièrement de l'ordinaire.

Pas de tuning, pas d'ambiance à la Need for speed Underground avec ses courses de nuit, pas de flatterie en essayant de me donner l'impression que je suis un chauffeur stylé. Juste de la course arcade, avec des sensations pas désagréables (j'aime particulièrement le 1 pour ça, j'en parlerai peut-être une autre fois), et des crashs plutôt jouissifs. La série (en tout cas le 1 et le 2, auxquels j'ai le plus joué) met l'accent là-dessus, et ne va pas chercher ailleurs, et ça me convient très bien.

(Petit rappel, la série Burnout est une série de jeux de course bien arcade, dont la particularité, outre ses crashs spectaculaires et viscéraux, est que l'on peut remplir une jauge de boost en conduisant dangeureusement : en frôlant des voitures, en roulant à contresens et en dérapant comme c'est pas permis. Ah, et ça va assez vite, aussi. Le 2 introduit un mode Crash (causer un maximum de dégâts financiers en pourrissant un carrefour), Pursuit (on est la police, et apparemment on attrape les vilains méchants en défonçant leur voiture), et le 3 un mode road rage (comme Pursuit, sauf qu'on est plus ou moins un psychopathe qui dégomme le maximum de voitures possibles)).

L'une des choses qui me frustraient légèrement dans la série, c'est que plusieurs circuits ont des portions en commun (le 1 possède 14 circuits correspondant à deux zones, le 2 32 circuits sur une zone plus grande), et qu'au bout d'un moment, on a envie de se promener un peu...

(Voix de Maqe quand il avait, disons, 10 ans) "Burnout Paradise, eh ben c'est ça. On a une ville, et on est dedans, et on roule. Cool !" (me dis-je) "Avec un peu de chance, ce sera l'épisode ultime de la série, la version la plus aboutie à ce jour, et y aura plein de trucs à faire, et ce sera choueeeeeeette."

Malheureusement, quand le jeu sort, on est en 2007, ou 2008. Ca fait trois ou quatre ans que Criterion a été racheté par EA, et en plus on est sur la génération de consoles suivantes. La version Ultimate Box sort quelque part en 2010 ou 11, et contient un peu de contenu supplémentaire, genre quatre motos quoi.

Bon, déjà, on démarre le jeu, le logo d'EA contre lequel j'ai de plus en plus de préjugés au fil du temps s'affiche, et ensuite le jeu me demande de créer un compte pour jouer en ligne. Je suis en train de jouer au jeu en mode offline, mon PC est déconnecté d'internet. Effectivement, le jeu est bien sorti sur la génération PS3/360/Steam, si jamais j'avais encore des doutes. Et à CHAQUE fois que je lance le jeu, EA fait fi des lois de causalité et de ma patience et se dit que ce serait bien de me demander à nouveau de créer un compte. M'enfin, on croirait Microsoft qui essaye de forcer les gens à mettre à jour vers Windows 10, c'est pitoyable et agaçant, enfin...

On démarre le jeu, on arrive dans la ville, et on se retrouve dans une junkyard. On choisit sa voiture (c'est leeeeeeeeent, et c'est quoi ce texte qui défile en bas qui parle de la voiture ?), et hop, on démarre, on est dans la ville, au nom pas du tout modeste de Paradise City. C'est parti.

Ok, du coup, on peut se promener dans la ville, et aux intersections on peut lancer des courses, des road rages, des, euh, des stunt runs (faire le maximum de points en conduisant comme un mariole), des marked man (comme road rage, sauf que tous les autres veulent votre peau à vous spécifiquement), et des burning route (en gros, contre la montre pour un véhicule spécifique).

Comme je ne sais pas trop ce que je fais et que je n'ai pas trouvé de manuel, je laisse radoter un DJ qui explique quelques trucs (il a la voix d'un type qui croit être vraiment classe, ce qui m'agace vite fait, mais bon, on va dire que ça passe), mais il me faut un certain temps pour comprendre certaines des commandes dans le jeu (comment lancer une course, comment faire des dérapages, les contrôles sont un peu différentes des précédents opus).

Premier constat, pas de très bonne augure, compte tenu de ce que j'ai mentionné plus haut comme me plaisant dans la série : le boost, ben c'est de la branlette à obtenir. On fait un petit drift, on roule 3m en contresens, et on 'frôle' une voiture qui se trouve en fait dans une autre voie, et paf, turbo.

Très bien, me direz-vous, c'est comme avant. Mais, ben, non. Dans le 1 et le 2, au moins, remplir sa jauge de boost, c'était prendre un risque. C'était une bonne partie de l'adrénaline, au moins autant que la vitesse qu'on obtient quand on booste, ou le spectacle des nombreux crashs. Frôler une voiture, c'était frôler une voiture, alors que maintenant, pfffft, c'est une blague. Du coup, on remplit plus vite sa jauge de boost, sans prendre de risques et ce n'est pas très très fun, ni très très burnout à mon goût. C'est se détourner d'un point central du gameplay de la série sans oser le renier complètement, du coup, il reste dans le jeu et il devient inutile.

Et très rapidement, on se rend compte que les crashs sont aussi vraiment secondaires dans ce jeu. Auparavant, ils arrivaient relativement souvent. Certaines zones avaient beaucoup de circulation, il fallait prendre des risques pour avoir du boost, et les crashs pouvaient faire perdre du temps. Ici, la ville est -la plupart du temps- tellement vide qu'on entre rarement en collision avec un autre véhicule. Même au niveau des feux rouges ou des autoroutes il n'y a personne.

"Du coup, ouais, on a un boost plus ou moins permanent, et on conduit... sans crashs ? C'est ça que vous voulez dire, Maqe ?"

Oui pour le premier point, non pour le deuxième...

En fait, si les routes sont vides, c'est parce que Paradise compense d'une autre façon (et bien trop). Les décors sont surchargés comme pas possible. Entre les panneaux publicitaires (avec beaucoup de références à Burnout ou à des faux produits liés au jeu ou à la ville, mais également des vrais fucking placements de produits), la quantité de petits détails sur la route et dans les décors, et les rampes à la con placées partout sans raison particulière, on a du mal à savoir où se trouvent les virages et on se retrouve souvent à se scratcher contre une barrière parce qu'on pensait que c'était un carrefour (et la minimap n'aide pas tant que ça). Du coup, on commence à scruter les décors pour tourner au bon endroit, et au final on se PREND UNE RAMPE RAAAAAAAAAHHHHHH.

Point que je n'ai pas mentionné jusqu'ici, mais on ne fait pas que rouler d'intersection en intersection pour lancer des courses. Il y a des choses à faire dans la ville. Notamment, plein de raccourcis à découvrir (indiqués par des barrières jaunes bien visibles à défoncer), 120 panneaux rouges -super visibles- 'Burnout' à péter, 50 super sauts à faire (des rampes indiquées par des cônes bleus pas super visibles mais quand même un peu -il semblerait que ces rampes-là soient spéciales, je sais pas trop pourquoi). Vous l'aurez compris, Burnout Paradise est UN COLLECT-EM-UP.

D'ailleurs, on m'a refilé un permis au début du jeu. Il faut x évènements gagnés pour upgrader son permis. Eh ben... Et si on fait plus d'évènements, on débloque des voitures. Et on peut les upgrader grâce aux burning routes. Et les voitures sont des véhicules nous-avez-vous-vus-moi-et-ma-grosse-carosserie. Snif.

Ah oui, j'ai mentionné la Junkyard, mais il y en a en fait cinq (bien visibles quand on passe à côté), et aussi cinq endroits où l'on peut repeindre sa voiture (merde, du tuning), 15 endroits où on peut remplir sa jauge de boost (comme si on en avait besoin), et 12 endroits où on peut réparer sa voiture. A trouver dans la ville.

Conséquence, très rapidement on se rend compte qu'EA a décidé de retirer tout plaisir d'exploration spontanée de la ville avec son trio gagnant bleu-jaune-rouge, et que, ben, c'est très vite lassant. Par ailleurs, avec toutes les publicités, ces trucs-là rajoutés en plus, c'est beaucoup trop de pollution visuelle à mes yeux (et encore plus propice aux crashs dus à un manque de visibilité ou un décor surchargé, ce que je considère être du mauvais game design). Rien à voir avec Burnout 1 et 2. Et les rampes foutues partout, et même un peu n'importe où (alors que ce n'était à mes yeux pas la peine, avec une ville cohérente et crédible on aurait pu faire des choses) contrastent avec le côté authentique (pas le terme approprié, mais rien de mieux sous la main) et 'conduite pure' des précédents jeux...

Ah, tiens, et aussi : on peut faire des sauts de l'ange, monter dans des parkings et prendre une rampe au niveau du toit, renverser des pilônes... Par contre, dès qu'on veut aller dans un endroit pas indiqué par une couleur flashy ou une autre (par exemple entrer dans une demeure privée dont l'entrée est barrée par des pilônes gris, avec une barrière de même pas un mètre de haut empêchant d'accéder au terrain vague juste derrière), impossible. L'équivalent de murs invisibles. Et, forcément, il y en a partout ailleurs, mais ici pas de rampes à la con. On n'est pas très très libre, au final.

On a aussi droit à quelques aller-retours redondants (pas un point super agaçant, mais on passe déjà assez de temps à parcourir la ville comme ça) :

-il faut parfois changer de voiture pour certains évènements -> Aller à la junkyard, et si jamais par malheur on a débloqué des nouvelles voitures entretemps, attendez-vous à 10 secondes de présentation de chaque nouveau véhicule, qu'on ne peut pas zapper
-Si on échoue à une course on ne peut pas la recommencer via un menu, on doit retourner à l'intersection. Un choix qui se comprend, mais qui peut être un peu lassant. Heureusement que le jeu est ridiculement facile.

Et le fun apporté par le fait de pouvoir se promener à sa guise est encore plus anéanti lorsqu'on se rend compte qu'on peut lancer un simili mode crash en appuyant sur deux gachettes à certaines intersections (découvert par hasard, en ce qui me concerne). Lorsqu'on fait ça, d'un coup des milliers de voitures surgissent de toutes les intersections. On passe en 'mode crash', en somme. Pareil, en road rage ou en marked man, des véhicules surgissent de nulle part.

Ce qui me dérange dans ce que je viens de décrire, c'est qu'il n'y a (quasiment) plus aucun intérêt à se promener dans la ville si elle n'évolue pas de façon cohérente. On aurait pu espérer que de temps à autre des véhicules se bousculent aux intersections, qu'il y ait des embouteillages à certaines heures. Croiser d'autres chauffeurs (cela peut arriver, mais ce n'est qu'après avoir fini certains défis et uniquement pour défoncer leur véhicule et le débloquer), assister à des courses-poursuites...

Le DJ, lorsqu'il ne donne pas des conseils ou n'essaye pas de nous dire que c'est vraiment super classe d'être un chauffard dans Paradise City, mentionne d'autres véhicules, des courses, des 'chauffeurs'. Où ça ? Dans la ville ? Ou lorsqu'on lance une course à une intersection ? Et d'ailleurs, pourquoi parler de chauffeur ? Le DJ essaye désespérément de faire croire que la ville évolue, qu'il se passe des choses, qu'il y a de la concurrence, mais ce n'est pas le cas. Et puis ils sont où les 'chauffeurs' dans Burnout ??? Depuis ses débuts, les voitures ont toujours été VIDES. Le seul moment où j'ai vu des êtres humains dans cette série, c'est en essayant de conduire une moto (et encore, dès qu'il y a un crash, squalala, le motard se téléporte ailleurs).

C'est curieux quand même. Il y a un cycle jour-nuit, il se passe parfois des touts petits trucs, il y a des zones cachées pas désagréables, mais la ville est statique.

En pratique, le 'mode crash' est donc plus ou moins un mode de jeu distinct, qui n'a rien à voir avec la ville que l'on parcourt en temps normal. Autant, à mes yeux, lever le voile et juste avoir des circuits fixes, si c'est pour à la place explorer une ville vide et schizophrène.

Bref, intérêt supplémentaire de la liberté de parcourir la ville (enfin, de collecter des collectibles dans la ville, plus précisément) : zéro (voire négaitf), ou presque. Et c'est dommage car si on arrive à surmonter les décors surchargés (et la disposition peut-être pas trop crédible de certaines routes), la ville est plutôt bien fichue et pas désagréable à parcourir.

Enfin si, il y a quand même quelque chose qu'on ne trouve pas dans les anciens Burnout, c'est le fait qu'on peut optimiser son trajet dans les courses. On peut faire un détour pour réparer sa voiture, et également prendre un chemin plus court. Et ça, je trouve ça plutôt fun.

Ce serait même encore plus fun si le jeu n'était pas si facile -les courses sont courtes, aussi, en même temps il y en a plein et le jeu a vraiment une attitude pop-corn- s'il n'y avait pas ces putain de rampes random, et si la minimap en bas à droite était un peu mieux fichue. Comme je ne vois rien de ce que je fais et que je connais mal la carte, je suis obligé de mettre en pause pour voir où je suis censé aller et quel chemin prendre. Et bon, l'IA est débile et apparemment ne connaît pas la ville, contrairement à ce que le DJ semble indiquer.

Bon, c'est pas terrible pour l'instant. Qu'est-ce qui peut rattraper le jeu ?

Les crashs ? Bof. Oui, on est sur consoles/machines plus récentes, mais à mes yeux les crashs manquent de punch, les angles de caméra sont mal choisis, et comme la ville est vide les collisions impliquant plus de trois véhicules sont très rares. Niveau spectacle, on repassera. Cela dit, les déformations de la carosserie sont bien plus poussées qu'auparavant.

La bande-son ? Ouais, elle est pas mal. Des morceaux de rock comme j'ai pu en entendre dans le 3 ou dans Legends, de la musique classique, et des musiques des précédentes séries (jusqu'à Burnout 2, et c'est partiellement le cas dans Burnout 3, les musiques sont composées pour le jeu, pas des trucs mixés à la radio crash.fm par le DJ).

Mais à mes yeux, les morceaux exclusifs au jeu sont moins bien que dans Legends, par exemple, et du coup les musiques qui me plaisent le plus sont celles des précédents jeux et la musique classique. Du coup, Hrmmm.

L'interface est lente. J'ai mentionné la junkyard (Non, je m'en fous du fait que j'aie débloqué des nouveaux véhicules, je veux jouer... Pourquoi passer dix secondes à me présenter chaque nouveau truc ?), et ce genre de lenteur se retrouve à d'autres moments...

Du coup, qu'est-ce qu'il reste ? La variété et la quantité de véhicules ? Pas pour ça que je joue à Burnout (d'ailleurs, ils sont pas si variés que ça et j'ai vu zéro camion dans le jeu). Il reste plus rien, en fait.

Je n'ai pas poussé le jeu jusqu'au bout, loin de là. Mais ouais, en gros, on joue plus ou moins à Stuntman, et les quelques sursauts du jeu me faisant penser à Burnout sont rares...

Pour résumer, en fait, et je trouve ça vraiment dommage que l'image soit si appropriée, la ville de Burnout Paradise correspond à un menu un peu long et parfois chiant à naviguer, avec beaucoup de pollution visuelle et beaucoup de conneries à collectionner, déguisée en composante centrale du jeu. Ni plus ni moins. Pour le reste, on a droit à un gameplay et une attitude inférieurs à ce que j'ai pu voir dans d'autres jeux de la série. Il y a un très bon jeu qui se trouve quelque part, mais bonne chance pour le trouver derrière tous les panneaux publicitaires et les poteaux. Enfin, vous m'avez compris, j'imagine.

Pour le gameplay, du coup, je vais du coup retourner jouer à Burnout 1.

Il faudrait que je teste d'autres épisodes de la série pour m'en convaincre, mais j'aurais tendance à penser que certaines des choses que je reproche à Paradise sont également présentes dans Burnout 3, Revenge ou Dominator.

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