Nerfs is over

Avis sur Catherine sur PlayStation 3

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Version PlayStation 3

Catherine, c'est l'histoire d'un jeu qui va mettre vos nerfs à rude épreuve.

Vous incarnez le rôle de Vincent, presque trentenaire et légèrement pilier de bar qui va devoir faire un choix difficile entre Katherine, la petite amie de toujours, nourri au yaourt taillefine et habillé façon très H&M, mais qui commence à pousser un peu notre héros vers le mariage avec insistance, et Catherine, belle blonde jeune et fraîche, aux atouts avantageux, qui ne cherche que les joies du sexe et de la sortie ciné, bref, tout ce qui pourrait plaire à Vincent.

Mais au même moment, une malédiction semble frapper des hommes de 25 à 35 ans qui meurent étrangement dans leur sommeil. Et vous imaginez bien que tout ceci n'est pas sans lien avec notre dévoué Vincent.

Le jeu se décompose en 2 parties bien distinctes :

Le jour, vous incarnerez Vincent au Stray Sheep, un bar branché de la ville ou vous pourrez discuter avec les habitués de leurs petits problèmes, leurs difficultés et leur état d'esprit du jour. Il est important de discuter avec eux car c'est à ce moment là que l'histoire avance et les sentiments de Vincent aussi.
Vous pourrez également consulter votre portable pour répondre aux harcèlements moraux de Katherine, qui cherche à savoir ou vous êtes, si vous êtes sobre et si vous roulez comme le parfait petit ami
Mais vous allez également vite sortir votre téléphone vous planquer dans les chiottes afin mater les photos olé olé que la pulpeuse Catherine vous envoie, en guise de cadeau si vous acceptez deux trois cachoteries textuelles.

Bref, le Stray Sheep sera votre lieu de déprime pour les journées qui vous attendent, en vous tordant le coeur ou en vous tordant autre chose.

Une fois sorti du bar, la deuxième partie du jeu commence : Les cauchemars.

Le but du jeu est sous forme de puzzle game, vous devez tirer et pousser des blocs à la physique étrange pour pouvoir escalader le tas de gravas et arriver en haut avant que la tour ne s'effondre avec vous. Des variantes de blocs et quelques "ennemis" viendront bien sur bloquer votre progression, randant la chose de plus en plus impossible au fur et à mesure des nuits.

Tout ceci est entre coupé de séquence "confessionnal", ou il vous faudra faire des choix à des questions "fatales" mais toujours sur le thème de la fidélité dans le couple. Ces choix ne seront pas là pour faire jolis mais serviront à mettre un peu de votre âme dans le jeu, bref, à vous mettre à la place de Vincent.
D'ailleurs, vous pourrez comparer les réponses à vos questions avec les autres joueurs de Catherine, vous vous appercevrez donc vite si vous êtes normal ou étrange.

Première remarque globale : Catherine, c'est un jeu dur. Et quand je dis dur, c'est qu'il est dur. Un jeu ou les nerfs sont mis à rude épreuve. Pourquoi ?
Parce que tel le cerveau de notre cher Vincent, les casses têtes sont de plus en plus difficile en avançant dans le jeu, qu'il faut réfléchir rapidement, avec clarté, et que chaque faux pas vous entraîne vers une mort certaine et qui est malheureusement limité au nombre de retry que vous allez pouvoir obtenir dans le jeu. Autant vous dire qu'avoir des vies vous met un peu plus la pression.

Tout ceci sans compter les boss qui sont une véritable épreuve pour la patience et la concentration.

Bref, ce jeu n'est pas pour les lopettes qui veulent profiter d'un spectacle de guerre ou d'action devant leur télé. Vous allez transpirer, pleurer, crier, et vous ne le finirez pas d'une seule nuit.

C'est bien là le point fort de Catherine. Vous vivez à travers Vincent. Si vous êtes en couple, l'expérience n'en est que mieux ressenti. Chaque nuit est un cauchemar, ça l'est pour Vincent mais aussi pour vous. Vous savez que vous allez en baver en sortant du bar, tout autant que Vincent le sait. Vous savez que vous allez passer d'un état de repos et d'un joueur d'une histoire interactive, à un terrible gamer qui va se redresser dans son canapé, et qui va se creuser la tête à faire sortir Vincent du bordel de la nuit en cours.

Les nuits paraissent terriblement longue, et vous épuisent le cerveau, si bien que vous appréciez rester dans le bar une fois l'horreur terminée, en compagnie de vos fidèles potes, jusqu'à la fermeture et discuter avec tout le monde pour vous reposer un peu la tête. Tout comme Vincent, une fois que les habitués sont tous rentrés, vous vous dites que c'est l'heure de souffrir, à moitié bourré par les litres de Coca Cola ingurgités pendant les discussions.

Une immersion totale dans la peau du héros donc, ce qui facilite l'intérêt qu'on peut trouver à échanger des textos "en double vie" à Katherine et Catherine. L'univers, aussi bien la partie de "jour" et la partie cauchemar, est doté d'une ambiance et d'un délire général parfaitement maîtrisé, drôle ou sordide, un peu à l'image de son scénario qui ne manquera pas de vous provoquer quelques frayeurs, et de vous ronger les ongles à la vue de la situation.

Une VO de chef, une bande son basé sur des remix rock de grands airs de la musique classique et un scénario prenant et pas forcément aussi clair qu'il n'y parait, Catherine a vraiment tout pour séduire, comme peu le supposer la jaquette du jeu.

On notera également une replay value de qualité, puisque le jeu est également très axé scoring, et que finir le mode difficile en full or relève du sadomasochisme.

Mais hélas, il y a des défauts partout, on peut lui donner comme seul reproche que Vincent est parfois un peu étrange à manipuler (lorsqu'il s'accroche aux bords des blocs surtout), et que la caméra est un peu capricieuse lorsqu'il s'agit de la tourner à 180 degrés.

Bref, Catherine est un jeu pas pour tout le monde et qui ne plaira pas à tout le monde : Gout du challenge et immersion obligatoire dans le coeur d'un homme perdu sont de rigueur, sous peine de s'ennuyer et de passer à coté du coeur du jeu et de ce qu'il s'en dégage. Si cela correspond à votre description et si vous n'avez pas peur de ne pas en dormir la nuit, alors foncez. Ce jeu sera une de vos meilleures expériances émotive et puzzle-gaming de ces dernières années.

Et vous saurez si vos nerfs sont prêt à supporter le second tour de l'election présidentiel.

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