Strange, Funny, Heartrending

Avis sur Conker's Bad Fur Day sur Nintendo 64

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Version Nintendo 64

Conker n'est pas juste le jeu rigolo d'adulte sur la console de gamin, comme on le lit bien souvent. Et il est lieu commun d'affirmer qu'il s'agit du plus beau jeu de la console et du plus impressionnant sur tout les pans techniques (voice acting de fou malade) - mais il s'agit surtout d'une des quirkiest expérience ever, avec sa grosse dose de meta-gaming 2 ans après MGS (en plus drôle évidement).

Pas seulement atypique, Conker est peut-être le plus digne representant de sa génération - l'apogée d'une certaine manière de faire de la plate-forme 3D, le dernier coup de génie de Rare avant sa descente en enfer du mauvais gout, une audace de chaque instant que l'on a pas (ou peu) revue depuis.

6 ans avant MOTHER 3, Conker était déjà "Strange, Funny and Heartrending", Strange dans l'art de mettre en abime les pensées du joueur lamba crasseux, Funny par son cynisme permanent, Heartrending dans ses dernières minutes de jeu, où l'absurdité des aventures de l'écureil [SPOIL SPOIL SPOIL] se ressent dans le monologue final le plus déprimant de l'histoire du jeu vidéo. Jusqu'à ses derniers instants, Rare n'oublie pas ce qu'il voulait faire à son public : le choquer, lui faire passer du rire franc à la gêne totale voire au dégout. Avec l'une des fins les plus mind-blowing jamais faite, Conker nous ramène brutalement sur Terre avant que l'on éteigne sa console, pour nous laisser avec une douleur au ventre qui pourtant semble si peu évoquée quant on lit des articles sur le jeu - évidemment qu'on retient the great mighty poo, ou le saut sur les formes plantureuse (et oui) du tournesol, mais cette fin alors ?

Est-ce le point culminant d'un karma vengeur après d'une douzaine d'heure de jeu où on massacrait teddies & autres saloperies entre 2 blagues scatophile ou un coup de poing de la part de Rare dans la gueule du joueur qui, pad dans la main, pensait être en face du jeu le plus drôle du monde, jusqu'a ce qu'il en découvre la profonde tristesse ? Lui prouver, qu'en fait de compte, même s'il est arrivé à la fin du jeu, il n'a absolument rien gagné, si ce n'est l'admiration de personnages qu'il répugne (Conker comme le joueur) et la mort de ce qu'il aimait le plus ? Conker est une saloperie de jeu du début à la fin, et comme Le Comédien du comic Watchmen, il est en lui même une vaste blague - la vaste blague de la vie, et en l'occurence, de la condition de jeu vidéo. Personnelement, repenser à Conker n'est pas synonyme de rires spontanés, mais celle non pas d'une déception profonde, mais d'une amertume véritable. Et c'est là le génie du jeu. " It's true what they say, 'The grass is always greener, and you don't really know what it is you have, until it's gone... Gone... Gone.'"

[FIN DU SPOIL] Peut-être est-ce juste un vieux délire d'anglais ayant trop forcé sur la booze et qui a décidé de se foutre de la gueule du monde avec un produit répugnant sous toutes ses formes, avec comme simple cahier de charge de regrouper dans une simple cartouche de 64MB toutes les pires atrocités de tout les médias confondus ; il n'en reste pas moins l'une des oeuvres des plus abouties de sa génération et surement l'une de celles que l'on oubliera pas dans 10, 20 voire 30 ans.

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