Un jour, je serai Roi dans mon Royaume.

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Mon cher père,

Si la clémence gagne le temps, cette lettre vous parviendra ce vendredi, 5e jour d’Août, sur coursier et destrier et vous sera remise en main propre par Maître Ekwydd. Mon très cher père je ne saurais comment vous le dire, mais le temps vous est compté. Alors il est de mon devoir de fils de vous prévenir, et de vous souvenir.

Je rêvais depuis l’âge de mes 18 ans d’avoir un titre, digne de mon nom et digne de mon rang. Je rêvais d'arpenter des contrées avec comme seul point de limite l’horizon azure des Azburries. Je fus trop pressé, l’on m’apprit à être patient. Je fus trop glouton, l’on m’apprit la modération. Que j’eusse pu être trop nain, l’on m’aurait appris à être Grand.

Il s’avère que la patience est l’une de mes vertus, que je dois à l’une de vos leçons, malheureusement que de ce parchemin que je reçus à l’époque, il n’était question que de titre de Baron. Quel ne fut pas mon désappointement, moi qui nourrissait de meilleures ambitions. Baron de Bragance perdu au milieu des Arabes du Dhunnunid et d’Aftasid. Catholique depuis garçon, plutôt mourir qu’affairer des accointances avec des malades Sunnites, me disais-je.

Il est de bon souvenir de vous rappeler que je désirais ardemment d’épouser la Duchesse de Toscane, que par circonstances favorables à vos alliances me fut voilà tombé dans les caresses de ma cousine. Il m’attriste par ailleurs de vous apprendre le décès de mon jeune fils, mort consanguin et incapable il y a maintenant presque vingt années, qui portait alors votre patronyme. Est-ce là un signe, ou suis-je le plus sot des ânes.

Votre nièce, mon épouse, ne l’a point supporté. Déprimée, elle a fini par se tuer. Ô Dieu miséricordieux, je ne lui en veux pas non, elle fut loin de chez elle comme je fus loin de chez moi. Je fus veuf et vide, en pleurs et non placide.

Bragance ! Ma terre d’accueil ! A la croisée des mondes, aux cultures variées et disparates. Des Gênois sans gênes qui guerroient sans peine des Arabes apatrides sous le regard d’Hispaniques sans panique, comme accoutumés des faits de la culture des Croisades.

Bragance était tombée aux mains des praticiens aux airs malins. Des flottes de cents navires dispersées du Golf de Cadrix à la Mer de Cantabrique, « le Royaume de Galice n’a plus rien d’Hispanique !» beuglaient encore une fois les villageois emplis de ires. Cela est une évidence que je préfère affairer avec un bon catholique Gênois qu’avec le mauvais Sunnite Cheihk Manad de Evora.

Je me devais de gagner la confiance des Grimaldi, il me fallait pour ça acquérir le titre de Porto. J’envoyais mon chancelier fabriqué des revendications dans cette ville et payais les mercenaires pour le grand assaut. Une nouvelle fois Bragance était en guerre, mais cette fois-ci pour son expansion. Les batailles furent âpres et les mercenaires purent piller sans hâte les coffres du Duc Alvito. Me voilà du haut de mes vingt-et-un ans Duc de Porto et Baron de Bragance. Il ne me fallut guère plus de temps pour gouverner les Comtés de Coïmbra et de Castelo Branco.

Il va s’en dire que je gouvernais plus de terres que le roi Antso II lui-même. Que je pus enfin marchander des comptoirs avec les Grimaldi. J’avais là enfin aux creux de mes mains un lien qui se tissait, tel un long couloir, avec le Royaume d’Italie, que l’on dit très avancé dans plusieurs domaines.

J’étais devenu le Duc aux allures de Roi alors que le Royaume se suffisait d’un Roi aux allures de Duc. Je combattis à la fois pour mon indépendance dans un premier temps et pour le Royaume dans un second. Je me retrouvais avec Gênes dans mon alliance alors que le Roi Antso comptait les Basques et les Castillans dans ses rangs. Ceux-là étaient cousins comme cochons.

Ce fut-là ma plus grande victoire, mon accession au trône de Galice. Il faut croire que la Bragance de mon passé, vécue comme un supplice, eut été en réalité une bénédiction. Bragance la perfide, Bragance l’inconnue, Bragance l’assassine devint à mes yeux Bragance la belle, Bragance la nouvelle Byzantine, épicentre de mon Empire.

Mon royaume s’étend des côtes du Portugal, jusqu’aux terres arides d’Afrique, j’ai appris aux côtés des praticiens à être plus souple avec ma culture et ma religion. Je m’étonne moi-même par moment à affairer dorénavant avec les Califes et autres Sultan. Mon Royaume, ma monture à un sabot en Italie, un autre en France, et les deux restants s’occupant de comploter entre Nîmes, le Roussillon et la Provence.

Avec les années je n’ai cessé de me battre, de guerroyer, de piller et de vassaliser. Avec les années je n’ai cessé d’apprendre, de cultiver, de voyager, d’éduquer et de festoyer. En ce jour, date de ma 37e année en ce monde, j’ai atteint une de mes limites, j’ai vu l’horizon azure des Azburries. J’ai rencontré l’amour de ma jeunesse en Toscane d’Italie. Grand bien m’en a fait, le temps des années l’ont bien vieilli.

Baron de Bragance « le maudit » a vaincu et dompté le béni. Et Quand bien même la duchesse de Toscane avec le temps s’est enlaidie, je n’ai pu m’y résoudre et ai épousé la plus belle de ses filles. Victoire de ma vertueuse patience.

Mon cher père, je ne suis peut être que le second de votre lignée et non de votre royaume son légitime héritier, mal aimé et délaissé, j’admets volontiers et cède en votre faveur que votre éducation m’a bien aidé. La patience est la première et primordiale de mes vertus, pour autant il me semble avoir assez longtemps attendu, 19 années. Le temps pour moi de faire de Bragance la capitale de mon Empire, il est l’heure pour vous de vouer allégeance à mon premier désir.

Je rêvais depuis l’âge de mes 18 ans d’avoir un titre, digne de mon nom et digne de mon rang. Je suis Ealdred de la Maison Dunkeld Prince d’Écosse, Roi de Galice, Empereur des Hispaniques, Duc de Porto et Baron de Bragance, allié des praticiens Italiens et fils de Roi Donald VI d’Écosse, Vous. Et cette lettre, mon cher père, est une déclaration de guerre. De mes longues prières je revendique le titre qui m’est le plus cher, le Royaume de mon enfance. Je vous donne rendez-vous demain sur le champ de bataille face à mes cent mille hommes, où vous me devrez allégeance.

Ealred Dunkeld, an de grâce 1298

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