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Vous connaissez les studios MDHR ? Non ? Ben c'est normal car ce Cuphead est le premier jeu de ce brillant studio de développeurs/concepteurs/animateurs (etc..) crée par deux frères dont le pari, risqué, est de signer comme première expérience ludique un jeu orienté boss rush reprenant avec intelligence des mécaniques de run and gun dans un univers inspiré des plus grosses productions cartoons des années 20/30/40. Et autant dire qu'on bavait tous comme des singes enragés en voyant les premiers essais d'animation présentés sous la coupe de Microsoft studios, qui ne s'est pas gêné pour accueillir le studio indépendant sous son aile... Une poule aux œufs d'or ces gars de MDHR ! Et ils ont eu du nez.

Mais qu'est ce que c'est Cuphead ? Et bien c'est probablement un sacré hommage à un vieux jeu Megadrive intitulé Gunstar Heroes, qui sans l'ombre d'un doute a servi de grosse inspiration pour ce jeu shmup boss run que l'on trouve ici, à tel point que les différentes armes du jeu sont directement reprises de la petite perle de chez Treasure. Les plus aguerris verront sans doute dans Cuphead d’étonnantes similitudes avec les run'n gun traditionnels d'antan, au delà de Gunstar Heroes, comme la série des Contra ou le plus timide Alien Soldier.

Boss rush et run'gun sont des sobriquets peu usités en ces temps troublés. Comme le shmup ne dit plus grand chose à personne, la force de Cuphead est avant tout de saisir et remettre sur le devant de la scène une formule oubliée et de la proposer à un très large public par le biais d'un visuel alléchant au possible. Cuphead raconte l'histoire de deux sympathiques bonhommes à tête de tasse (déjà là on tient un truc original) qui jouent leur âme au casino du diable (Golly ! tu parles d'une idée de con !). Comme toujours le diable se joue de ces pauvres têtes de tasse et leur promet de ne pas leur voler leur âmes en échange de celles de nombreux personnages véhéments (les boss donc) qui peuplent les merveilles enchantées de cet univers loufoque . Gasp !

Et puis là on prend des tartines dans la gueule, les yeux explosent, orgasme et fluides, concombre dans le jean. C'est BEAU putain ! il me semble, et ça aussi c'est original, que ce genre de visuel n'existait pas dans le jeu vidéo. Le pari risqué et onéreux : reproduire à l'écran, dans le processus ludique, les éléments d'animation caractéristiques d'une époque révolue, celle des grands studios d'animation "à la main" qui œuvraient dans les années folles. Et le résultat est juste incroyable. En s'inspirant des studios Warner, des studios Fleisher (pou pou pidou !), ou encore de la Metro Goldwin Meyer (Tom et Jerry bien sur !), les animateurs du studio ont réalisé un véritable travail d'orfèvre. Tout est si bien fait et animé, tout est si fluide, si riche. Et puis en plus on se fout pas de votre gueule niveau contenu. Il y a du monde à dézinguer, les boss ont plusieurs phases et plusieurs apparences (!) et le hub du jeu, fort sympathique, ainsi que l'enrobage musical jazzy classique et efficace viennent consolider et donner vie à toute cette smala frénétique. C'est littéralement inimitable. Les boss sont très très bons, avec moultes paternes et formes secondaires, il y a des idées intéressantes dans le game-design fortement inspiré, comme toujours, par Gunstar Heroes et la difficulté ,probablement rebutante pour certains, rappelle bien sur que le run'n gun c'est aussi un parcours du combattant (et on vous le fera bien comprendre !)

J'aimerais m'arrêter là et vous dire que cette merveilleuse surprise qu'est Cuphead est un monument, le meilleur jeu de 2017 et tout le tralala sauf que, malheureusement il y a deux trois point sensibles à évoquer. Le premier c'est sans doute cet ajout un peu stupide de "niveaux", peu nombreux, posés là un peu comme ça sans raison. Ces niveaux ne participent pas à la cohérence globale du game-design ce qui les rend terriblement caduques. La raison est probablement la plus simple : ça a été fait et rajouté à l'arrache pour qu'il n'y ai pas "que" des boss, sauf que le jeu est clairement pensé comme un boss rush avant d'être un run'n gun "traditionnel" ou les niveaux s'enchainent intercalés entre des grosses phases de boss à shooter dans un balai de particules. L'autre soucis à mon sens se trouve dans les quelques soucis de lisibilité du jeu... Mon Dieu, je veux bien croire que le jeu doit être miroitant et fourmiller de petits détails mais si on en perd en information de jeu alors à quoi ça sert ? Surtout dans un jeu difficile ou une erreur est vite fatale ! Je ne compte pas le nombre de vies perdues parce que je n'avais tout simplement pas vu un projectile parmi touuuuuuuuuut les autres projectiles (les vôtres, ceux du boss, ceux des ennemis, sans oublier les nombreux effets induits par vos pouvoirs, le contre, les arrières plans, les avants plans...). C'est parfois un sacré bordel et on perd bien souvent le fil de ce qui se déroule dans ce salmigondis épileptique tout droit sorti de la danse morbide des amis de Popeye. ça ne m'a pas empêché de m'amuser, ça ne m'a pas empêcher de finir le titre, mais ça m'a drôlement frustré de ne pas juste "mal joué", mais aussi de m'en prendre plein les fesses sans même que je m'en rende compte en fixant pourtant de mes deux yeux mon écran.

Il ressort ainsi de Cuphead une formule, non pas révolutionnaire, mais du moins rafraichissante d'un genre un peu délaissé depuis 20 ans. Agrémenté par un travail visuel, mais aussi d'un game-design globalement pertinent et alléchant. Cuphead est une merveille d'animation, une merveille visuelle et une merveille de sensations de jeux. On aurait peut-être voulu encore davantage de boss à défaut de "stages" un peu daubé et un équilibre plus sain entre la difficulté imposée par le jeu et les éléments de design intrinsèques à la compréhension du titre. Il reste avant toute chose, une fantastique expérience. J'ai hâte d’essayer le futur DLC et de m'arracher à nouveau quelques mèches de cheveux en pestant contre ces boss aussi intransigeants que cauchemardesques.

Bohr
8
Écrit par

il y a 2 ans

1 j'aime

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LinkRoi
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