Bouge, meurs, ressuscite

Avis sur Dark Souls III sur Xbox One

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Version Xbox One

On ne change pas une équipe qui perd et encore moins une formule qui soûle et puisqu'on est dans l'opportunisme de la suite commerciale qui surfe sur l'engouement idolâtre d'une niche masochiste, on ne peut pas reprocher à From Sofware d'en profiter autant que possible pour ce cinquième épisode (!) et d'étouffer le fric sans état d'âmes...

Toujours à la traîne graphiquement, toujours à la masse sur l'interface, toujours à la rue sur ces menus d'un autre âge et bien entendu toujours la relation sado-maso qui s'instaure entre d'une part le développeur sadique et d'autre part ses joueurs soumis à la douleur du quasi éternel recommencement.

Il faudrait presque faire une thèse, une étude socio-psycho-sociétale sur la fascination qu'exerce sur certains le fait de crever et de recommencer toujours les mêmes actions et combats, re-parcourir le même niveau pour la nième fois, recommencer ce boss parmi tant d'autres encore et encore, se faire re-laminer par deux monstres pelés et un tondu sur le chemin de la quinzième tentative, errer comme un pauvre hère dans ce labyrinthe glauque au mauvais goût permanent : n'est-ce pas là le signe de la folie ?

Moi, j'ai vite compris le délire du développeur japonais et je ne m'y suis pas attardé plus que ça : j'ai senti que c'était malsain dès le départ, comme tous les précédents épisodes bien evidemment. Je suppose que je n'ai rien à prouver vis-à-vis de mes pairs, contrairement aux joueurs soumis au cercle vicieux de la souffrance mentale qui y jouent en majorité avec le twitch activé pour donner en spectacle leurs scarifications comme dans un mauvais cirque.

Le plus marrant finalement -car il y a bien quelque chose de marrant dans ce jeu de cinglés- c'est de regarder les autres jouer et galérer comme des galériens damnés : c'est si pathétique à voir que ça en devient marrant, marrant à se taper le cul par terre. On arrive pas à y croire.

Ce n'est pas du farmage, ce n'est pas du grindage à en crever la gueule ouverte sur son clavier comme un Coréen catatonique : c'est l'abolition du moindre discernement et l'abandon de sa personnalité au nom de la seule vaine vanité du joueur-sujet devenu joueur-objet, devenu la chose d'un développeur bourré de saké qui exploite le filon psychiatrique de son audience déliquescente. Un bien triste constat.

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