They keep Crow-lling me

Avis sur Death's Door sur PC

Avatar LoutrePerfide
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Version PC

Développé par Acid Nerve et édité par Devolver Digital, Death’s Door est un jeu d’action-aventure des développeurs du déjà excellent Titan Souls et qui vient tout juste de débarquer sur Steam et sur Xbox One. A l’instar des anciens Zelda il sera question d’exploration, de pots cassés mais également de donjons sans princesses à secourir. Tout un programme pour un corbeau Shinigami de son état.

Notre travail est simple, il faut moissonner les âmes des défunts et le faire de façon à ne faire d’heures supplémentaires étant donné qu’elles ne sont pas payées. C’est profondément ennuyeux mais cela reste un travail fort honnête pour un Corbeau. Lors d’une mission complexe l’âme géante dont nous sommes responsable est subtilisée par un mystérieux voleur. Forcément très peu compréhensif et peu adepte de la paperasse, le bureau des portes des morts nous demandera d’aller la récupérer jusqu’aux profondeurs insondables d’un royaume peuplé de créatures qui échappent à la mort.

C’est ainsi que commence notre périple dans un monde ténébreux et peuplé de créatures hostiles, de 3 tyrans bien décidés à prolonger leur bail en vie mais aussi de moult secrets et autres personnages attachants qu’il conviendra d’aider du mieux de nos capacités. On fera donc connaissance avec le bien vieux corbeau qui nous a subtilisé l’âme géante et on apprendra qu’il essaye en fait d’ouvrir une Death’s Door spéciale.

Pour ce faire, il faudra aller recueillir les âmes des 3 tyrans dans leurs domaines et les ramener d’une vie trépidant à trépas. Forcément tout ne sera pas aussi simple que prévu avec de très nombreux dangers qui nous guetterons lors de l’exploration des différents niveaux et autres donjons de boss. On y fera connaissance avec bien des créatures mortelles mais également des puzzles qu’il conviendra de résoudre. On est bien en face d’un Zelda-like à l’instar du trépidant Mages of Mystralia.

Crow-llow Knight
Death’s Door propose donc tout l’éventail du parfait dungeon-crawler avec du combat, des boss mais aussi des puzzles plutôt simplistes. On y retrouve également tout un éventail d’armes et d’améliorations pour nos 4 compétences prenant la forme d’outils ou de sorts. Si les améliorations de notre personnage réclament des âmes qu’il conviendra de récupérer en tuant des créatures, les améliorations de nos compétences nécessiteront une exploration poussée des niveaux pour y trouver des boss spéciaux nous permettant de débloquer ladite amélioration.

Contrairement aux Souls-like, il ne sera jamais question de perte d’âmes en cas de mort, on reviendra tout simplement à la dernière porte empruntée et tous nos adversaires seront également de retour. Il est donc tout à fait possible de farmer les âmes afin d’améliorer notre corbeau en terme de combat, de vitesse mais également en puissance de sorts et d’attaques à distance. Certains endroits sont d’ailleurs parfait pour le farm et les araignées sont nos amies histoire de vous donner un petit indice.

Pour être honnête, je n’ai vraiment pas ressenti de grosses différences avant et apprès l’obtention d’une amélioration. Un ennemi nécessitant 3 coups d’épée nécessitera encore 3 coups. C’est spécial et un petit peu décourageant au début de notre aventure. Il faudra vraiment les améliorer 3-4 fois avant de voir un réel bonus de dommages et encore, je ne sais pas si cela n’est pas du à l’obtention d’une nouvelle arme entre temps. Un peu déçu sur le coup vu le coût non négligeable de ces bonus.

Death’s Door dispose d’un système de combat classique mais très efficace. On commence soit avec un parapluie (qui permet d’obtenir un succès si on n’utile que lui dans tout le jeu, sacré challenge) ou une épée et on pourra éviter les coups en effectuant des roulages. Pas de parade compliquée ou de contre parfait ici, on est dans l’efficace et le concret. Au fur et à mesure de nos pérégrinations, on découvrira de nouvelles armes qui disposeront de spécificités comme des attaques rapides pour les dagues ou des éclairs pour le marteau par exemple.

The Crow
Death’s Door fait aussi la part belle aux armes à distances avec des boules de feu qui enflamment les ennemis et leur fait subir des dommages en continue pendant quelques secondes (fort utile à tout moment du jeu par ailleurs), un arc mais aussi des bombes dévastatrices mais qui demandent un grand temps d’invocation avant d’être lancée ce qui nous laisse vulnérable aux attaques de nos adversaires. Contrairement aux armes de cac (corps à corps), elles utiliseront de l’énergie. Pour recharger notre énergie, rien de plus simple, soit on attaque l’adversaire au cac ou il nous faudra casser des éléments destructibles du décor.

C’est un système sacrément ingénieux car il demande toujours de prendre des risques afin de pouvoir utiliser le sort de flamme par exemple. Ces sorts ont également une autre utilité dans le jeu, ils permettent de débloquer des accès à certains endroits du jeu. Et oui, Death’s Door fait la part belle au backtracking comme tout bon Metroidvania qui se respecte. Un mur semble friable dès le début du jeu, il faudra attendre bien plus d’avoir les bombes pour le détruire. Pareil pour des torches et autres feux qu’il faudra allumer avec les flammes. Cerise sur le gâteau, on pourra faire le corbeau ninja avec le grappin!

C’est très classique mais c’est tellement bien fait que l’on a du mal à ne pas passer du temps à aller tout débloquer ce qui nous était inaccessible au début du jeu dès lors que l’on en a la possibilité. De plus, le jeu a la très bonne idée de ne pas faire durer trop longtemps le plaisir pour terminer la première fois l’aventure, comptez environ 7-8 heures pour le terminer la première fois. Rajoutez encore 5-6 heures pour en faire le tour à 100% mais je n’en suis pas encore là!

Nos adversaires sont d’ailleurs plutôt agréables à affronter avec juste ce qu’il faut de challenge et des pics de difficulté bien sentis au grès de notre évolution dans le jeu. Il y a plusieurs archétypes classiques et leurs pattern sont prévisibles dans la plupart des cas. Le réel challenge vient surtout de gérer les multiples menaces aux alentours et d’éviter les missiles ici et là. Certaines arènes sont bien complexes alors que d’autres sont trop simplistes mais une fois que l’on a compris l’importance du sort de flamme, une bonne partir du challenge part en fumée.

Attack of the Tyrans
Death’s Door sait aussi faire la part belle à ses boss qui sont, dans l’ensemble, intéressants à affronter. Il y a un réel challenge la première fois qu’on leur fait face et il ne nous faudra que quelques minutes pour apprendre leurs attaques et les séquences de leurs mouvements. En revanche et contrairement à Titan Souls leur précédent jeu (Boss runs), ils ne constituent pas vraiment de réelle difficulté flagrante comparée aux autres affrontements du jeu. C’est un peu décevant même si l’on considère que des mini-boss sont bien plus difficiles et imprévisibles que les 3 principaux tyrans.

Fort heureusement il y en a d’autres que je nommerai pas et qui, eux, constitue un réel challenge et nécessiteront quelques Game over avant d’être maitrisés. Dans l’ensemble on est dans une tranche basse en matière de difficulté sur le jeu et ce n’est pas vraiment pour me déplaire tant la mode des Souls-like extra punitifs commence doucement à me Saouler. J’ai bien aimé la gestion de la difficulté semblable à Omensight par exemple.

Il y a énormément de secrets disséminés un peu partout dans les niveaux et la plupart nécessiteront des allers-retours constants pour être découverts. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les indices placés ici et là suite à des discussions avec des personnages charmants mais secondaires et autres plaques qui en disent plus qu’elles ne veulent nous le faire croire. C’est là ou voit un des très gros points forts du jeu à savoir l’ambiance et le lore.

Death’s Door est remarquablement bien écrit avec des dialogues truculents, beaucoup d’humour et une légèreté qui fait plaisir en ces temps de jeux sales et déprimants. Les personnages sont pour la plupart excellents et on apprend très vite à mieux les connaitre et à les apprécier. Certains sidekicks sont par ailleurs vraiment touchants comme notre ami le croque-mort ou le fils de la sorcière avec sa tête de soupière. C’est décalé façon Devolver-Style et ca fait un bien fou!

Il y a aussi un réel effort apporter aux petits détails comme certaines animations, des jeux de mots et le texte des pancartes lui aussi coupé en 2 lorsque l’on découpe ladite pancarte. Il y a une foultitude micro-détails qui aident cet univers à prendre vie et à s’épanouir tout le long de notre aventure. On ne s’ennuie jamais et on passe vraiment de bons moments que ce soit ludiques ou artistiques la faute à une réalisation au top et à une bande son fabuleuse!

Russel Crow
Techniquement Death’s Door est une réelle réussite que ce soit dans sa direction artistique qui est au top mais également dans l’extrême fluidité du jeu. Je n’ai pas eu le moindre problème lors de mon aventure si ce n’est une légère frayeur concernant ma sauvegarde à un moment mais un patch et quelques indications m’ont aidé à corriger ledit problème. On est très loin d’un accès anticipé et le polish apporté au jeu est vraiment remarquable, comme explicité plus haut, il fourmille de détails et autres trouvailles digne d’un Hollow Knight pour ne citer que lui.

Death’s Door se paye également le luxe de disposer d’une bande son vraiment excellente. A la fois classique et pêchue quand l’action le réclame, elle est au centre des débats et il est impossible de ne pas la remarquer au moins une fois au cours de notre aventure. Que ce soit le thème principal ou les thèmes des boss, on se régale et je me surprend à l’écouter en boucle avec celle d’OMNO en ce moment. Autre cerise sur le gâteau déjà bien garni, il y a plus d’une cinquantaine de titres différents à petit prix!

Death’s Door est intégralement en français dans le texte et il est remarquablement bien traduit pour avoir également joué en anglais. J’ai juste remarqué que le jeu ne gère pas certains accents comme pour le mot coeur par exemple mais c’est vraiment du chipotage. On peut jouer à la manette Xbox One ou Switch Pro et il n’y a rien à redire que la maniabilité qui est presque parfaite même s’il nous arrive parfois de confondre les touches entrainant une chute inexorable synonyme de perte de vie pour notre protagoniste plumé en confondant le grappin et l’esquive.

Ce qui est également remarquable avec le jeu, c’est également le respect du temps du joueur. Rien n’est en trop, il n’y a pas de temps morts inutiles, l’histoire avance vite te bien avec son lot de joie, de combats enthousiasmants mais aussi de tristesse sincère. C’est créatif, c’est varié, c’est très ambitieux surtout lorsque l’on sait que le studio est surtout composé de 2 personnes principales. On ressent vraiment l’amour des développeurs pour le genre et la passion qu’il apporte au jeu et qui se trouve être contagieuse.

En matière de soucis autres que techniques, on notera surtout des premiers environnements léchés qui laissent ensuite la place à des sous-donjons nettement moins inspirants. Le laboratoire en est un parfait exemple, il y a moins d’ingéniosité dans le level design et les puzzles sont très limités. Les derniers niveaux sont eux-aussi un peu en retrait en matière de diversité et de variété du gameplay.

Les adversaires sont également assez peu variés avec des pattern assez prévisibles et le sentiment que certains adversaires dits normaux sont plus durs à vaincre que les tyrans, mention spéciale au roi crapaud qui est bien trop facile à battre à mon avis. On notera aussi que la difficulté provient souvent de l’environnement plutôt que des créatures à affronter. Le canyon en est, là aussi, un parfait exemple.

Au final, Death’s Door est pour moi un des meilleurs jeux pseudo-indépendant cette année 2021 pourtant bien riches en perles vidéo-ludiques. C’est également un des tout meilleurs investissements pour tous les amateurs de jeux d’action-aventure qui vont chercher plus loin que leur bec. Malgré un budget limité, ils sont parvenus à nous pondre une merveille d’écriture et de world building comme on en a peu vu cette année.

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