Sur la route

Avis sur Elite : Dangerous sur PC

Avatar Mathieu_Marois
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Version PC

Si je roule ma bosse depuis si peu de temps, c'est inconsciemment pour me payer un Cobra MK3. Mais je suis un sentimental. L'Adder et moi, c'est une petite histoire. Je n'en voulais vraiment pas. Je l'ai acheté sur un coup de tête. Je ne supportais plus mon Viper et sa portée de saut si limitée. J'avais envie de bouger loin du système Aulin et ses environs que je connaissais par coeur. Je savais que j'allais devoir temporairement abandonner mon sport favoris : le bounty hunting. Mais franchement je n'en pouvais plus. Je voulais voir le monde. 85 000$ pour l'Adder, 160 000$ pour un réacteur FSD potable, 60 000$ pour un récupérateur de carburant histoire d'éviter les pannes d’essence en espace profond. J'étais fin prêt. J'ai ouvert ma Galaxy Map. J'ai choisi un point au hasard avec comme objectif un premier trajet de 150 années lumières en espace fédéral. Et je me suis pris au jeu. Chaque voyage était un saut dans l'inconnu. Mais méthodique. Je scannais scrupuleusement chaque nouveau soleil. Remplissant par la même occasion mes réservoirs. Je n'ai croisé personne. Enfin, presque. Un Clipper impérial apparait - le premier que je croise - et me lance une interdiction. Ne pouvant rien faire pour l'éviter, perdu pour perdu, je me soumets et je coupe les gaz. Je voulais éviter les dommages structurels et surtout la surchauffe du réacteur FSD histoire de pouvoir repartir fissa si l'affrontement tourne à mon désavantage. 20 minutes de combat corsé plus tard, c'est une prime de 30 000$ qui tombe. Pas mécontent. J'ai continué à scanner méthodiquement tout ce que je croisais, prenant beaucoup de plaisir à voyager... Pour le plaisir de voyager. La majeure partie du temps seul. J'ai croisé de tout. Des soleils rouges, des soleils jaunes, des soleils mauves, des soleils blancs. Des systèmes à doubles soleils. Des soleils si chauds qu'ils m'attiraient irrémédiablement à eux en sortie de saut, me faisant sortir de Super Cruise la coque en fusion ! Moi qui me destinait aux dogfights, je me découvre explorateur et je me dis : pourquoi pas commercer ? Je me prends même à vouloir partir en ceinture d'astéroïdes pour miner ! Nous y sommes. Il me faudrait alors un engin capable de voler loin, de transporter convenablement, de frapper fort voire de raffiner. Je voulais ce Cobra MK3. Alors j'ai cherché un système sympa pour poser mes valises. J'ai revendu toutes les données cartographiées amassées durant mon périple. J'ai tristement désossé mon Adder et je suis sur le point de m'offrir mon nouveau jouet à 380 000$ (à mon échelle : une fortune). Il va me falloir réfléchir, posément - surtout que je n'ai plus assez en banque pour payer la prime d'assurance. Si pépin, c'est l'emprunt ou on recommence à zéro. Par quoi diable vais-je bien pouvoir débuter ?

14 mois plus tard (date ajout : 02/02/16)

Jour 1

A mesure que je m’enfonce dans l’espace profond, j’essaie le moins possible de jeter un œil à ma distance avec Sol avant de lâcher le poste de pilotage. Pour le moment, la progression est simple. Je file en quasi ligne droite vers Sagittarius A. Je ne dévie de ma route que pour baliser des systèmes non découverts où pour m’enfoncer dans une nébuleuse aux couleurs exotiques. Mon ASP Explorer a perdu 1% de coque à 4,600 années lumières de Sol sans raison apparente. Je ne saute que le FSD à froid et je fuel scoop toujours à distance raisonnable de l’étoile. Je ne sors de Super Cruise qu’à vitesse minimale. L’absence de bouclier met-elle la coque à rude épreuve saut après saut ? Dois-je m’attendre à perdre davantage de coque au fur et à mesure du voyage ? Nous verrons bien mais j’avoue que cela m’inquiète légèrement alors que je viens "à peine" de partir. J’ai choisi un build somme toute classique et je pilote un ASP sans fioriture : pas d’armes évidemment, pas de bouclier mais j’ai aussi choisi de me passer de heat sinks, de modules de réparation ou tout simplement de boost ce qui pourrait poser problème au retour – si toutefois je survis – en cas d’interdiction malveillante en espace habité. Avec mon réservoir de 32 tonnes à plein, un A6 Fuel Scoop, un A5 FSD sans oublier le scanner avancé et de surface, je peux parcourir 34,91 années lumière par saut ce qui devrait me permettre de passer les abysses pour atteindre le Far Galactic Arm via le Beagle Crossing. C’est drôle : devant moi, le Sagittarius Arm se distingue nettement à l’horizon mais se rapproche si lentement que je me demande parfois si ma patience viendra à bout de cet objectif qui m’apparaît toujours disproportionné. Un regret peut être : j’ai choisi de partir sans module d’approche planétaire pour la simple et bonne raison que je n’ai pas voulu tenter le diable. Sans bouclier, un atterrissage malheureux pourrait avoir des répercussions néfastes sur la réussite du voyage à défaut d’y mettre un terme.

Jour 4

Je suis entré dans le Galactic Core et je suis dorénavant entouré d’étoiles. Je ne croise guère plus de systèmes découverts ce qui renforce de beaucoup l’impression palpable de solitude.

Premier coup de chaud : j’ai sauté sur une étoile jumelle. L’ordinateur de bord a parfaitement calculé la distance d’arrivée sur système qui m’a mis à bonne distance de la première étoile tout en « oubliant » totalement la seconde. La sortie de saut m'a placée dans son orbite proche. La température a grimpé en flèche – dépassant les 130 degrés en l’espace de quelques secondes – sans que je comprenne d’abord pourquoi. Dans la panique, j’ai d’abord stoppé les moteurs – quelle connerie ! – avant de jeter un œil derrière moi, apercevant alors une boule de feu géante dans mes 6 heures. J’ai remis instantanément les gaz pour me dégager. Etonnamment, la coque n’a pas bougé : 99%. Cargo hatch, life support et D scan tombent en revanche à 94%. Mon précieux Fuel Scoop passe à 96% et l’indispensable FSD à 98%. Cela peut paraître dérisoire mais alors que je dépasse les 20 000 années lumières de distance avec Sol, je réalise que je n’ai parcouru qu’une infime partie du voyage et qu’il va bien falloir tenir beaucoup plus longtemps. Je reconnais également que je me suis vu tout simplement mourir, ce qui a nettement renforcé ma motivation à aller au bout alors que la monotonie des 3S (scan, scoop, saut) commençait à s’installer dangereusement.

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