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Le chaînon manquant entre Kingdom hearts et Cuphead

Ma pile des "Jeux Wii qu'il faut que je fasse avant de m'acheter une Switch" commence petit à petit à diminuer de la pile et j'étais franchement curieux de commencer ce Epic Mickey.

Je me souviens du début de hype de ce jeu avant sa sortie : élu comme étant le meilleur jeu de l'E3 2010, Warren Spector (rien à voir avec le tueur de prostitué) expliquait qu'il voulait rendre hommage au Mickey des premiers films, aux personnages oubliés comme Clarabelle, Horace et biensûr Oswald le lapin chanceux. Avec une mécanique de jeu assez originale où l'on jongle entre le dissolvant qui enlève des éléments du décors et la peinture qui en remet.

Et puis, étrangement, les premiers retours critique furent mi-figue mi-raisin. Et ça avait douché mon envie et j'ai mis le jeu de côté. Et en y jouant, dix ans plus tard, je comprends pourquoi si le jeu est bon, il a un côté décevant.


Plein de bonnes idées



Le jeu se découpe grosso-modo en deux types de phases. Le coeur du jeu ce sont des phases en 3D dans lesquelles on utilise les pinceaux pour envoyer du dissolvant ou de la peinture, les deux ayant des effets différents mais complémentaires. Si j'ai beaucoup abusé du dissolvant au début (ça permettait d'atomiser les ennemis) je me suis aperçu en cours de partie qu'on pouvait utiliser la peinture pour que les ennemis deviennent nos alliés, ce qui aide considérablement pour les phases de bataille.

Les différents mondes sont constitués autour de ceux de Disneyland : Relié par un hub formé par Main Street, on trouve un monde de pirate, un monde futuriste, un monde hanté et un monde du passé. C'est l'un des plus fort thématiquement, vu qu'on y trouve des objets en forme de Mickey issu du début du siècle, constituant une immense déchetterie.

Se dessine toute une thématique autour de Mickey qui par sa gloire, a fait le malheur d'autres personnages de dessin animés. Mickey découvre le sort des "has been" des dessins animés. Outre Oswald, on trouve Horace et Clarabelle, qui rappellent à Mickey "hé tu te souvient de moi" et Mickey de montrer que non. Il y a un côté assez tristounet là dedans et les cutscenes sous forme de petits cartoons mettent vraiment cela en valeur.

L'hommage c'est aussi dans le deuxième type de phase, en 2D ayant pour thème les Disney Shorts. Servant de pont entre les différentes zones, ces passages cours sont bien pensés. Il y a à la fois un hommage au matériel de base tout étant allé chercher dans le jeu vidéo des années 90 Mickeymania : on se balade sur le bateau de Steambot Willy, on a un monde Fantasia où l'eau monte progressivement, un manoir avec des fantomes et des "spooky-scary skeleton." L'un de mes préféré est celui qui raconte carrément une histoire avec un robot qui fait un match de boxe. Il y a une sorte de "Cuphead avant l'heure" qui, en 2020 n'est pas du tout déplaisant.

Ultime cadeau : deux dessins animés de l'époque : Mickey contre le savant fou et un dessin animé d'Oswald sont disponibles en bonus si l'on trouve assez de bobine. Une occasion de voir que les dessin animés d'Oswald étaient hyper barrés pour l'époque.


La malédiction du Gone Forever



Au début j'ai fait "ha cool le jeu à des sauvegardes automatiques" mais petit à petit celles-ci ont finies par doucher mes espoirs.

D'une part, parce que le jeu nous propose des tas d'objets cachés que ce soit des bobines, des étincelles ou des broches a collectionner, et en bon complétionniste que je suis, j'ai voulu en collectionner un maximum. Or, il s'avère que certains badges se trouvent dans des niveaux qui... une fois fini, ne sont plus jamais accessibles (C'est pas un métroïdvania.)

C'est hyper vache et je me suis rendu compte plus d'une fois qu'un chemin s'était fermé à moi sans que je le veuille alors que j'avais tout fait pour chercher l'objet qui était au bout. A noter qu'il y a vraiment trop de truc cachés dans le décors pour qu'on le sache la première fois. Et que j'ai dû régler la luminosité de mon téléviseur parce que les premiers niveaux étaient injouables et que je ne voyais rien. Le jeu nous dit juste que si on recommence la partie après avoir fini la fin, il comptera nos badges comme acquis... mais j'ai pas très envie de refaire tout le jeu pour quelques babioles surtout quand je sais que je les ai ratées de peu.

A ce que j'ai compris, l'idée de base de Spector était de faire un système de choix : si l'on utilisait beaucoup trop le dissolvant, Mickey devenait de plus en plus con, son design redevenait celui du Mickey des années 30 et il se faisait haïr par les gens, tandis qu'utiliser la peinture et aider les gens faisaient de lui un héros accompli. Sauf qu'il y a eu des changements et du coup on se retrouve avec un système bancal : j'ai compris trop tard que le dissolvant n'était pas obligatoire pour battre certains boss, et parfois le jeu te met devant le fait accompli sans moyen de revenir en arrière te disant "ha bah, c'était de ta faute." (Alors qu'il m'a prémaché les explications d'autres choses.)

Autre truc frustrant : la caméra sur les passages 3D est mal foutue. L'essentiel du jeu consiste quand même à viser avec la télécommande, différents ennemis afin de les recouvrir de peinture... or, quand la caméra n'arrive même plus à faire en sorte qu'on se retrouve FACE à eux, ça devient galère. Sans parler des nombreux bugs divers et variés, qui vont vous faire perdre de la vie pour rien. Le jeu est bourré d'erreur due à un bâclage pour le boucler à temps.

Ha, et étrangement, si je ne m'attendais à trouver les personnages des Disney shorts, il y a tout un passage qui se passe avec l'équipage du capitaine Crochet, ce qui donne au jeu un côté "Kingdom Hearts" assez bizarre. Pourquoi c'est lui en particulier qui revient ? Certes, pour un boss super bien pensé mais il y avait pas un autre méchant dans les vieux dessins animés ?


Les deux pires trucs du jeu :



Mais Epic Mickey sera mémorable pour deux moments que j'ai vécu comme une morsure à la bite.

Le premier, c'est le niveau des tableaux. Si vous avez fait le jeu, vous savez ce dont je parle. Tout un niveau à base de tableaux à trois niveaux qu'il faut arroser de dissolvant afin de rentrer dedans et faire tourner une roue afin de les faire tourner pour les remettre en ordre. J'ai le souvenir particulièrement douloureux d'avoir passé une heure et demi à tenter de comprendre le mécanisme et essayer de le débloquer, et qu'au moment où j'avais réussi à finir

Le second c'est un bug au niveau de la fin. J'avais passé des heures à trouver de quoi réparer le robot Donald et d'avoir des tas de badges supplémentaires. J'avais des quêtes secondaires en route et j'étais prêt à les faire... et en sortant d'un niveau.... le jeu lance la cinématique engageant l'arrivée du fantôme noir sur Mean Street. Il considère que j'ai fini une quête (que j'avais pas entamé) et que je suis à la phase finale du jeu. Et évidemment avec la sauvegarde automatique... impossible de revenir avant, à moins de recommencer le jeu à zero.

Double douille : D'une part, j'ai un trou dans le scénario parce qu'il y a des trucs que je n'ai pas compris (Oswald me raconte que j'ai donné mon coeur à un Gremlins que je ne me souviens même pas avoir croisé) et du coup j'ai le jeu de façon incomplète. D'autre part, bah je me suis emmerdé pendant deux heures avec des quêtes secondaires dont je ne verrais jamais la fin. Le jeu m'a même nargué en me montrant à la fin du générique, le robot Donald non réparé. (Mais j'allais le FAIRE, mais j'ai pas pu à cause de toi, connard !) Je connaissais le coup du bug qui rendait la fin d'un jeu impossible, mais celui qui te fait un fast-forward et précipite la fin, c'est inédit.

Problème bien plus personnels j'ai eu aussi en tête des chansons à la con autour de Mickey. Notamment l'EPB Mickey vs Mario ("Qu'as-tu d'épique Mickey mis à part la taille de tes oreilles ?") et un passage de la série Spin City où le Maire de New York ne peut pas aller chez le dentiste si celui-ci ne lui raconte pas une histoire avec Mickey qui perd sa dent. Ha, et je me suis soudainement souvenu que je surnommais Mickey un copain lorsque j'avais 19 ans.

Bref, si j'ai adoré ce jeu, son ambiance, ce qu'il tentait de raconter et sa tentative de faire un truc "adulte" autour de la figure de Mickey, je dois dire que les nombreux bugs et les frustrations engendrées par celui-ci m'ont bien gavées. Refaire le jeu pour débloquer une fin 100% bonne m'a un peu douché tant j'avais pas envie de recommencer certains stages.

Jeu fini en 12h à 65 %

le-mad-dog
6
Écrit par

il y a 2 ans

1 j'aime

Epic Mickey
William
5
Epic Mickey

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Med
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