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Quand Mickey est de taille face à Mario

Grande star de dessin-animés dans sa jeunesse, la souris Mickey Mouse s'est essayée à bien des domaines au cours de sa palpitante vie, notamment dans le jeu vidéo avec des titres connus de tous comme Castle of Illusion ou encore Mickey Mania. Depuis, Mickey s'est montré bien discret et à part de brèves apparitions dans la série Kingdom Hearts, il n'a pas eu d'aussi grands rôles que dans le passé. Peu à peu, tout le monde s'est mit à l'oublier... Sauf une nouvelle équipe menée par l'un des hommes les plus reconnus du milieu vidéoludique grâce à son travail sur Deus Ex, l'illustre Warren Spector. Lorsque son projet Epic Mickey fût dévoilé aux yeux de tous en 2009, la surprise a été générale, un jeu vidéo plaçant Mickey dans un monde post-apocalyptique avait bien sûr de quoi étonner. Depuis, le soft a bien changé et l'univers de départ, très captivant, a été abandonné au profit d'un monde un peu moins ambitieux. Cependant, le Monde de la Désolation porte bien son nom, puisque c'est un monde aussi sombre qu'enchanteur que vous allez devoir sauver dans une aventure pour le moins dépaysante !



Voici comment débute l'originale histoire d'Epic Mickey : après avoir lu un des merveilleux conte de Lewis Carrol, Mickey est intrigué par son miroir. S'approchant de celui-ci, il découvre que c'est en vérité un portail magique menant vers l'atelier de Yen Sid, un magicien de grand talent qui travaille avec amour sur sa toute dernière création, un monde pour les personnages oubliés. Lorsqu'il a apporté la touche finale à son projet, Yen Sid se retire dans ses appartements, tout en oubliant de ranger son matériel. Grossière erreur, puisque Mickey est une souris très curieuse et il se décide à s'amuser un peu avec le pinceau magique du magicien. Créant un effroyable monstre de peinture, Mickey s'empresse de régler la situation en aspergeant de dissolvant sa propre création, mais alerté par les pas précipités de Yen Sid, il décide de quitter les lieux en toute hâte sans prendre garde à ranger quoi que ce soit. Les conséquences de cette négligence vont être terribles, puisque le dissolvant s'est renversé sur toute la maquette du magicien, faisant d'un monde joyeux une terre dévastée par un monstre se faisant appeler le Fantôme Noir... Bien des années après cet accident, Mickey est devenu le meilleur des acteurs de dessins-animés, roulant sur l'or et la gloire. Dormant paisiblement dans son lit après une dure journée de travail, il se fait capturer par le Fantôme Noir qui crie vengeance depuis bien trop longtemps. Après une lutte sans espoir, Mickey se réveille attaché à une table de torture dans le Monde de la Désolation. Se libérant de ses chaînes, il est prêt à affronter les dangers du monde qu'il a saccagé il y a des années de cela...

Vous l'aurez compris, l'histoire d'Epic Mickey ne fait pas dans la dentelle et s'éloigne beaucoup de l'image gamine qu'on donne d'habitude à la souris de Walt Disney. Le scénario étant un élément très important du soft, nous n'en dirons pas plus afin d'éviter de vous gâcher tout le plaisir, mais sachez qu'il sait se montrer assez mélancolique pour peu que vous possédiez encore une âme d'enfant tout au fond de votre coeur. En effet, il est tout à fait touchant de voir tous ces personnages oubliés continuer à vivre tout en gardant l'espoir de revenir à nouveau sur le devant de la scène. C'est notamment le cas d'Oswald le Lapin Chanceux, qui ne s'est toujours pas remis de la trahison de son créateur et qui voue une haine particulièrement profonde envers son demi-frère Mickey. Ce sera à vous de régler ce petit problème familial et ce de la manière dont vous préférez.

Passons à l'un des points forts d'Epic Mickey, son gameplay. Plus qu'un simple jeu de plate-forme, le titre de Junction Point vous propose de changer le Monde de la Désolatation de bien diverses façons. Vous souhaitez être gentil et rendre cet endroit plus acceuillant ? Alors il ne tient qu'à vous de repeindre les éléments manquants des décors afin de rendre les lieux plus colorés et plus agréables à vivre pour les habitants. Résolvez les quêtes de la manière la plus juste et vous serez traité en héros par une majorité des personnages oubliés. Mais si, au contraire, vous souhaitez être méchant, alors le dissolvant sera votre grand ami. Plus qu'une simple peinture verte, le dissolvant se révèle être une substance aussi destructrice que l'acide et fera du Monde de la Désolation un endroit encore plus triste si vous en abusez à tous les coups. De plus, certains de vos choix pourront provoquer des conséquences néfastes, privilégier un trésor à la vie d'un Gremlin ou bien détruire des mécanismes au lieu de les réparer pourraît vous être fatal pour ce qui est de l'acquisation de certains bonus. En effet, si vous jouez les durs en privilégiant la facilité à la compléxité, la plupart des personnages vous le feront tout de suite remarquer et vous priveront de certains trésors que vous auriez pu avoir si les vous les aviez aidé de la manière adéquate. Au contraire, d'autres petits malins vous demanderont d'accomplir des actes pas très sympathiques envers certaines personnes, comme par exemple un Gremlin qui souhaite récupérer des preuves prouvant que Petit Pat n'a rien fait de méchant. Il y a beaucoup d'autres choses à dire sur le système de moralité, mais l'essentiel de l'idée est là et il serait inutile de s'y attarder davantage.

Concernant la jouabilité, cela reste du classique. On saute et on tournoie comme dans un Mario, on combat à la manière d'un Zelda grâce au lock-on et tout cela se fait sans soucis majeurs. L'utilisation de la peinture et du dissolvant est très simple d'accès, il suffit de viser puis d'appuyer sur les bons boutons pour balancer les différentes substances qui peuvent créer ou dissoudre des éléments du Monde de la Désolation. Mais, il y a bien un mais, la caméra gâche quelque peu les festivités. Les développeurs ont eu la mauvaise idée d'automatiser la caméra après quelques secondes d'interactivité avec celle-ci, faisant ainsi perdre notre plan idéal et gênant notre progression dans les niveaux les plus ardus question plates-formes. Néanmoins, avec un peu (beaucoup ?) de pratique, la caméra devient domptable et ne pose plus trop de difficulté, sauf à quelques points clés de la péripétie. Les niveaux 2D, présents au nombre de trente-six, ne posent aucun souci et se révèlent être un passe-temps très agréable, seuls deux ou trois passages vous feront perdre une vie à cause de l'inattention due à la contemplation du design de ces niveaux.

Voici ce qui fait le grand charme d'Epic Mickey : son univers. Le design est tout simplement fabuleux, aucun niveau ne ressemble aux autres et les hommages à l'univers Disney pullulent de partout. La Montagne des Déchets est l'une des meilleures créations artistiques du jeu, si ce n'est la meilleure. Il est assez perturbant de voir des tonnes et des tonnes de références Mickey présentes dans un endroit assez glauque. Pour ne citer qu'un exemple, des insecticides Mickey avec des yeux de mouche jettent continuellement de l'acide qui peuvent vous faire tomber dans le vide, de quoi effrayer les plus jeunes joueurs ! Château rempli par les ténèbres, ville inspirée de Main Street à Disneyland, manoir hanté, lieux rendant hommage aux différents pirates de la mythologie Disney, une version détraquée de l'attraction It's a Small World... Les niveaux 2D, quant à eux, se révèlent être un hommage majestueux envers les anciens films de Mickey. Les dessins-animés ont été choisis avec parcimonie et ils s'intègrent vraiment bien à l'ambiance nostlagique du jeu, qui nous offre un merveilleux voyage. De plus, le design se voit servi par des graphismes de très bonne qualité, avec des modélisations remarquables et des effets de toute beauté. Seules certaines textures pourront gâcher quelque peu le magnifique tableau qu'a peint l'équipe de Warren Spector, mais cela reste anecdotique face au travail minutieux fait par les passionés de Disney.

Les musiques ne sont pas en reste, loin de là. Le jeu a eu droit à son propre orchestre symphonique, les thèmes savent s'adapter à l'alchimie des niveaux. De la musique joyeuse dans un quartier rempli d'êtres ne cherchant qu'à améliorer les choses, de la mélancolie dans la Montagne des Déchets, des sonorités oppressantes dans le Manoir Hanté... De plus, selon votre personnalité, les thèmes musicaux pourront devenir soit radieux, soit tristes. Une composition de très grande qualité pour un soft qui ne manque décidément pas d'arguments en sa faveur !


Graphismes : Epic Mickey peut se vanter, en plus de posséder un design somptueux, de proposer des graphismes de très haute qualité pour la machine de Nintendo. Mis à part quelques chutes de framerate, notamment à DiscoveryLand, le soft réalise un quasi sans faute.

Gameplay : Hormis les fameux soucis avec la caméra, la maniabilité d'Epic Mickey est au poil, contrôler la mascotte de Disney est un réel plaisir. Notons seulement qu'à vouloir être présent dans trop de domaines, le titre n'exploite jamais au maximum les nombreux points de son gameplay, surtout pour ce qui est des combats.

Durée de vie : Il vous faudra de 12 à 16 heures en moyenne pour boucler le jeu... la première fois. En effet, Epic Mickey propose une excellente rejouabilité, pour collecter tous les bonus du soft, il faut le terminer au moins trois fois. Cependant, au delà de la première partie, il pourrait vite devenir lassant si on n'est pas fan du genre.

Bande-son : Un remarquable exploit ! Chaque environnement propose ses propres musiques et elles sont bien souvent dignes de celles des grands films d'animations Disney. On pourrait juste regretter qu'à part contre les boss, les musiques ne sont pas aussi épiques que le titre du jeu. Si les personnages ne parlent pas, leurs murmures renvoient aux films muets et sont nettement suffisants pour apprécier les nombreux dialogues présents dans la galette de Junction Point.

Scénario : Proposant une histoire assez solide et émouvante, Epic Mickey s'en tire très bien de ce côté-là. On aurait aimé que les choix du joueur changent bien plus la fin de l'histoire car, hormis quelques petites scènes, le scénario d'Epic Mickey prendra toujours fin de la même façon... nous vous laissons deviner laquelle !


Malgré deux ou trois défauts qui gâchent quelque peu l'expérience de jeu, Epic Mickey s'en sort admirablement bien pour un premier essai. Pas aussi épique que prévu, il propose toutefois une aventure digne des chefs-d'oeuvres du grand Walt Disney. Explorer le Monde de la Désolation est un réel plaisir, notamment grâce aux graphismes enchanteurs qui ont donné vie à un univers merveilleusement sombre et à un système de morale assez poussé qui permet de revivre le soft de bien multiples manières. Epic Mickey aurait sûrement pu être encore meilleur si Disney avait laissé carte blanche à Warren Spector, mais il faut admettre que la souris Mickey a bel et bien réussi son retour sur le devant de la scène vidéoludique et qu'elle nous propose l'un des meilleurs titres de la Wii, tout simplement.
Sebalt
8
Écrit par

il y a 11 ans

2 j'aime

6 commentaires

Epic Mickey
William
5
Epic Mickey

Epic Fail

En mélangeant de la peinture et du dissolvant, les développeurs d'Epic Mickey ont tâché la caméra du jeu, effacé toute trace de cohérence narrative, barbouillé un level design illisible, étalé des...

Lire la critique

il y a 11 ans

6 j'aime

4

Epic Mickey
Flbond
9
Epic Mickey

Magique

Je suis agréablement surpris, m'attendant pas forcément à une merveille, mais je pense qu'il manque un peu d'ambition. Une belle prouesse de l'ami Warren. Dans un monde connu comme le monde de la...

Lire la critique

il y a 11 ans

6 j'aime

Epic Mickey
Med
7
Epic Mickey

Disney Epic Mickey, un trop plein d'ambition ?

Les jeux s'appuyant sur la licence Mickey sont rares. Tout le monde a en tête l'excellent Castle of Illusion sorti sur Megadrive en 1990, mais on oubli souvent l'année 1994, qui vit débarquer deux...

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il y a 11 ans

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