Paradise Regained

Avis sur Fallout : New Vegas sur Xbox 360

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Version Xbox 360

Ah Fallout ! Il y a des jeux qui, à la simple évocation de leur titre, font frémir. Fallout est avant tout synonyme de nostalgie chez moi.

Je me souviens de l'époque où je n'étais qu'un vil adolescent qui découvrait le jeu PC et où l'Internet n'était pas vraiment développé : avoir un modem 56k relevait du luxe (d'ailleurs, j'étais fier du mien, dont j'ai oublié la marque. En revanche, pour le brancher, c'était une galère sans nom, avec un système de rallonges téléphoniques, car oui, il y en avait deux, qui filaient à travers la maison). Bref, le "monde" du jeu vidéo n'était pas encore très développé, tout passait par la presse, et il fallait donc attendre le mois suivant pour savoir ce qui allait se passer prochainement.

Ainsi, en 1998, nouveau venu dans le monde du PC, je n'étais pas très au fait des nouveautés. On m'avait offert Half-Life, des copains m'avaient prêtés Doom, Duke Nukem 3D, Little Big Adventure, et c'est à peu près tout. Puis, un jour, un ami me parla d'un jeu de rôle qui semblait hallucinant à tous les points de vue : une très grande liberté d'action, la possibilité de massacrer tout le monde, et des putes. Il n'en fallait pas plus pour intriguer le jeune garçon que j'étais, et c'est ainsi que j'ai découvert Fallout, puis Fallout 2 dans la foulée, mes jeux préférés à ce jour. Le potentiel addictif était énorme, c'était la première fois que je pouvais me lever à 8h du matin pour me coucher à 1h le lendemain en jouant non-stop (sauf pour manger quelques pépitos, évidemment).

Bon c'est bien gentil tout ça, mais Fallout: New Vegas là-dedans ? Patience malheureux ! Il y eut Fallout 3 avant (je passe sur l'épisode Tactics, un jeu pas mauvais, mais trop éloigné de la série d'origine). Et ce Fallout 3, contrairement à beaucoup qui ont hurlé au viol du cadavre de Fallout 2, je ne l'ai pas trouvé si mauvais. Certes, c'était creux, laid, mais ça restait Fallout ! On pouvait même choisir de faire sauter (ou non) une bombe nucléaire et ainsi rayer une ville de la carte. Un rêve de gosse !

Puis vint Fallout: New Vegas. On garde le moteur 3D bien moche d'Oblivion/Fallout 3, mais on met les papas de la série aux commandes. Verdict ? Excellent ! J'ai terminé le jeu hier (57 heures au compteur, mais le DLC Dead Money est compris dans ce calcul), et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J'avais presque même une larme en le terminant, en me disant, tel un bon petit mouton, que j'avais hâte que de nouveaux DLCs sortent pour prolonger l'expérience.

Fallout: New Vegas, c'est avant tout un jeu d'une profondeur incroyable. On ne joue pas à ce NV pour se décrocher la mâchoire au détour d'un caillou, mais pour son histoire, les personnages que l'on rencontre au hasard, entre deux quêtes, les lieux insolites, les références culturelles inattendues (Blade Runner, Kubrick, Elvis Presley, Star Wars ou encore tout le côté jazzy du jeu, un régal).

Peu importe le lieu où l'on se trouve, s'il a l'air calme en apparence, il suffit de gratter un peu la surface pour découvrir, au hasard, que les tenanciers d'un hôtel sont en fait des cannibales qui gardent au frais leur "viande", qu'un ancien chef de faction autrefois adulé est devenu un fou dangereux, sans parler des différentes histoires des abris découverts au fil du jeu

L'autre nouveauté du jeu, c'est les factions. Elles sont souvent antagonistes, et oeuvrer pour l'une aura une incidence sur votre réputation vis-à-vis des autres. La marge de manoeuvre est assez large, mais il y a tout de même un point de non-retour, fort heureusement. On en compte trois principales : la République de Nouvelle Californie, la Confrérie de l'Acier (un classique de la série) et une nouvelle venue : les Légions de César. Cette dernière est particulièrement intéressante, car les développeurs n'ont pas hésité aller loin dans la "violence. Ainsi, en passant après la légion, le joueur découvrira des villages massacrés, des PNJs crucifiés, et des femmes réduites à l'état d'esclaves sexuels. Il fallait oser, bravo Obsidian. Et le pire, c'est qu'en effectuant quelques missions pour cette faction, on parvient à se dire : "bah ils ne sont pas si mauvais, ils ont une vision du monde un peu particulière, mais ils sont plutôt cools". Mais ce doit être car je suis un salaud. Et comme je le dis souvent, quitte à être un salaud, autant être le pire, et les Légions de César nous en donnent la possibilité. On a aussi d'autres acteurs principaux : l'énigmatique Mr. House, "maître" de la cité de New Vegas (d'ailleurs, ce personnage est une réussite totale, et j'ai adoré la "vérité" qui se cachait derrière lui) ; Yes Man, un robot d'apparence amicale ; les groupes de mercenaires comme les Great Kahns, ou les gangs qui tiennent les casinos de Vegas.

Des casinos, à New Vegas ? Mais oui, c'est logique ! On peut d'ailleurs y passer beaucoup de temps, à jouer au black jack, à la roulette, aux bandits manchots. Il y a de quoi perdre une fortune, mais avec une chance élevée (9-10), il y a moyen de faire le casse du siècle...

Quid de la durée de vie ? Bah, ça ne veut pas dire grand chose. Il me manquait un "succès" après avoir fini le jeu, qui était de finir le mode hardcore. Cela m'a pris 2h30, montre en main. Mais je n'ai rien vu du jeu, j'ai profité de ses failles et ne me suis absolument pas soumis à l'expérience proposée par les développeurs. Alors que dans ma première partie, j'en suis à 57 heures, et je n'ai pas fait toutes les quêtes. Autant dire que l'on peut vraiment faire ce que l'on veut dans ce jeu, et c'est aussi ça qui le rend génial.

En résumé, le jeu est loin d'être beau, mais on s'habitue. Et de toute façon, il faut s'habituer, tant ce qui se cache derrière ces graphismes d'un autre âge vaut la peine que l'on s'investisse. La musique est agréable, ainsi que les diverses émissions radios (enfin, le tout reste répétitif à la longue, la playlist est très limitée, et après une cinquantaine d'heures de jeu, on finit par se lasser). Le gameplay est le même que celui de Fallout 3, même si les perks ont été multipliées et que l'on retrouve le brin de folie des deux premiers épisodes. L'écriture des dialogues est excellente, ils peuvent parfois être longs et sont toujours intéressants. Je vous conseille d'ailleurs de miser dès le départ sur la compétence "Speech" pour vraiment profiter du jeu (et éventuellement résoudre facilement des conflits).

Avec ce Fallout: New Vegas, j'ai l'impression d'avoir retrouvé le paradis.

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