Périple médiéval et richesse historique.

Avis sur Final Fantasy IX sur PlayStation

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Version PlayStation

Final Fantasy IX, sorti le 7 juillet 2000 au Japon et plus tard le 16 février 2001 (en raison des retards pris par les traductions) sur notre vieux continent, est considéré comme un épisode charnière de la saga des FF et comme un véritable retour aux sources de la série ; l'univers se rapprochant de façon plus étroite vers les premiers heures oniriques et médiévaux fantastiques qui ont fait les grands succès de Squaresoft avant que la firme ne fusionne avec Enix pour des raisons financières et de compétitivité. Pourquoi ce jeu est-il considéré pour beaucoup de fans comme un épisode à part, si spécifique dans le coeur des joueurs? Après avoir pris un tournant radical dans les premières séries des Final Fantasy sur Playstation tournées vers une atmosphère cyberpunk (Final Fantasy VII) et de science fiction (Final Fantasy VIII) qui malgré le succès amplement mérité n'a pas été du goût de tous, la direction de Squaresoft remet les compteurs à zero et confie le projet à Hironobu Sakaguchi qui était à l'origine des premiers FF alors que parallèlement Yoshinori Kitase consacrait encore son corps et son âme sur Final Fantasy VIII. Mais étant déjà sur le projet pilote du film Final Fantasy : les créatures de l'esprit, Sakaguchi San va finalement confier le projet FFIX à l'équipe de développement de Hiroyuki Ito dont les studios de conception sont basés à Hawai. Ce nouveau lieu reculé va pouvoir laisser les développeurs de la saga exprimer leur plus grande imagination tout en répondant aux exigences des fans de la première heure. C'est pourquoi le développement va faire appel aux acteurs qui ont été les
plus impliqués dans la série des FF : Nobuo Uematsu dans la composition musicale, Kazuhiko Aoki pour l'écriture du scénario avec son style littéraire très inspiré par l'heroic fantasy, ainsi qu'Hideo Minaba qui va se consacrer sur l'aspect artistique du jeu laissant apparaître des protagonistes originaux et bien modélisés dans les limites de la capacité technique de la Playstation, ce qui était déjà impressionnant à cette période. Hideo Minaba avait insisté à l'époque pour faire évoluer ces personnages dans tout une fresque de décors qui prenaient un aspect pictural en 3D isométrique haute en couleurs. Ce trio de tête évoqué plus haut, aura pour ligne directrice une conception qui visait à la fois à attirer les néophytes de la saga mais aussi à répondre aux critiques des vieux joueurs avides de nostalgie. Cette nostalgie si empreinte de regrets et de désillusions qui ont pris de l'ampleur face à la déception de FFVIII lors de sa sortie, va s'observer sur le nouveau design des personnages,
leurs habillements, leur psychologie et leur propre histoire qui s'entrecroisent au sein de la trame scénaristique particulièrement exaltante malgré quelques critiques adressées pour sa simplicité. Mais la particularité de Final Fantasy IX par rapport aux deux épisodes précédents, tient à son système de gameplay, au départ très accessible mais qui finit par se complexifier au fur et à mesure de l'évolution des protagonistes. Ce qui laisse au joueur le choix d'aborder librement la progression de ses avatars soit en adoptant un schéma de jeu basé sur un level-up conséquent au sein d'un monde ouvert et ô combien vaste, soit en laissant ses protagonistes suivre la richesse de l'aventure scénaristique en dénichant de ci de là quelques quêtes annexes tout en se concentrant sur la quête principale. Cette spécificité offre alors un certain confort de jeu baigné par une musique qui arrive à allier [chose rare
dans l'univers du jeu vidéo] quantité et qualité. Il suffit de s'arrêter en cours de route et de prendre cinq minutes d'écouter attentivement la richesse des thèmes proposés par le titre pour prendre conscience du travail de l'équipe d'orchestre de Nobuo Uematsu. Sans gâcher la surprise pour ceux qui n'auraient pas encore goûté à l'ampleur scénaristique du jeu, cette épisode est celui qui propose les péripéties les plus cohérentes où chaque personnage et leur univers culturel aussi profond que varié, coïncide à merveille avec la trame principale du scénario. On sent facilement l'influence de l'antiquité égyptienne
particulièrement lors de la période où Alenxandre le Grand roi de Macédoine, fonda la ville d'Alexandrie dont l'architecture des bâtiments si spécifique se repère facilement à travers la multitude des royaumes qui parsèment le jeu (Alexandrie la ville au climat ensoleillé, Lindblum et sa multitude de ruelles étroites ou Bloumécia et son atmosphère pluvieux et triste). Chaque lieu est empreint d'une ambiance attachante où le joueur s'identifiera facilement et dans lequel chaque avatar a son scénario bien spécifique qu'on laissera le soin de découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore fini. Bien entendu le scénario criblé de surprises a ceci de particulier qu'il propose une trame à la fois simple et armée d'événements qui remettent en question l'histoire de départ au fur et à mesure de la succession des chapitres, ce qui fera lacher un sourire à bien des néophytes comme aux fans purs et durs de la série. Pour ainsi dire Final Fantasy IX est l'épisode de la réconciliation des fans en
remettant au goût du jour les particularités qui ont fait le succès de cette riche saga qui a déjà marqué l'histoire du jeu vidéo. Jamais un jeu de rôle n'avait proposé un univers aussi vaste et aussi riche au début des années 2000 alors que la Playstation était en fin de vie, révélant un catalogue de RPG misant plus sur la quantité que sur la qualité. Seul Squaresoft avait réussi le pari de se démarquer de la concurrence en élaborant un éventail de créativité et d'originalité dans le style historique du dernier grand jeu de la PSX.

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