Dans la subjectivité la plus totale.

Avis sur Final Fantasy X sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

Les Final Fantasy, ça a toujours été une question de gouts. Des nations entières s'entretuent sous prétexte que FF7 est le meilleur ou que FF8 l'enterre, quand c'est pas FF13 qui emporte les suffrages (mais ceux qui disent ça, on a le droit de leur lancer des rochers). Du coup, il est difficile de noter un FF objectivement. Ca tombe bien, j'compte pas etre objectif.

-Un voyage.
Final Fantasy X, c'est un monde que l'on découvre en même temps que son protagoniste principal. L'histoire est complexe mais surtout originale et accrocheuse. Son héros, vivant comme dans quasi tous les FF dans un monde ultra chargé, kitsch, se retrouve plongé (suppose-t-on rapidement) mille ans dans le futur, temps ou les machines sont prohibées, dans un monde cyclique que l'incarnation de l'Apocalypse ou plutot du Ragnarok, "Sin" l'invincible détruit régulièrement. Sin ne peut etre détruit -temporairement- que par l'Invokeur, un homme formé à chaque génération, capable d'invoquer des créatures puissantes. Celui-ci doit se sacrifier pour offrir quelques années de paix à Spira, cet étrange monde.
Le héros rencontre, entre autres Yuna, la charmante Invokeuse fraichement formée et la suivra durant son dernier périple.
Un pitch très RPG mais qui pourtant ne laisse rien au hasard, bourré de surprises innattendues, ou tout est lié, et qui doit énormément à sa poésie, à ses personnages extremement marqués et charismatiques (doublés de main de maitre, en anglais toujours). Dans un jeu de role, on redoute les flashbacks sur le passés des personnages. Ici on en redemande. Ils sont distillés, beaux, apportent au scénario, au jeu, à son univers, à la poésie.

Tout est fait pour plonger le joueur dans Spira. Le héros ne connait pas plus cet univers que nous, on le découvre en même temps. Le splendide thème "To Zanarkand", entendu dès lles premières secondes a marqué tous les joueurs, imprime sa mélodie calme et triste au piano dans nos têtes. Meme les non joueurs connaissent parfois ce thème qui est à l'image de ce que ce jeu apporte. Une histoire poétique, marquante et triste. Belle également.
Pas si loin du pathos romantique japoniais (on échappe pas au foutu thème nippon horrible pendant une scène de baiser, faut pas rever), on reste touché, par les dialogues qui eux, sont fins, par l'histoire qui elle, ne laisse pas la place au happy end franchouillard façon Disney.

Il n'y a pas de message à teneur philosophique dans Final Fantasy X, juste une invitation a suivre un voyage et une belle histoire d'amour.

- Le gameplay sans compromis

Final Fantasy X, pour résumer, est une grosse succession de couloirs. Il n'y a même plus de carte du monde et le hub du jeu (zone de laquelle on peut acceder à toutes les autres) n'apparait que tardivement dans l'histoire. En soi, c'est quelque chose qui peut souvent énerver les joueurs. Mais il s'agit là de cantonner le joueur dans l'histoire, qui ne permet pas l'écart. Le rpg est ici autant joué que subi et on entrera pas ici dans le débat quant à savoir si un jeu vidéo doit ou non se rapprocher autant du film ou du livre, si la narration doit l'emporter sur nombre de points, le fait est qu'ici, c'est le cas, point.
En vérité, ce dixième opus souffre du syndrome Metal Gear Solid, ou les cinématiques durent, ou les dialogues sont importants et travaillés, ou on regarde autant qu'on joue. Le level-design au service du scénario. Un choix de game design implacable et risqué.

Lorsque nous sommes touchés par l'histoire, Bingo. C'est gagné. Chaque cinématique est un régal, la progression du scénario inlassablement et impatiemment attendue. Pour les autres, c'est mal barré. Mais c'est un peu le cas de tous les Final Fantasy.
Et ici aussi arrive le moment ou le joueur peut se déplacer à sa guise sur la carte pour leveller tranquillement, s'améliorer dans un mini jeu difficile d'accès mais travaillé -le Blitzball, entre handball et rollerball, le tout sous l'eau, avec gestion d'hommes et de stratégie-, capturer des créatures, découvrir des secrets hardcore : Car oui, FFX ne déroge pas à la règle et propose également ces saloperies de quêtes qu'il est possible de louper en avançant dans le jeu, ces monstres imbattables lorsqu'on a pas 250 heures de jeu au compteur, et un paquet de trésors introuvables. Facultatif, mais pour les malades de RPG, c'est indispensable.

Bien sur, le système de combat, primordial pour ce genre de jeux, a bénéficié d'un soin total : Du tour par tour dynamique avec le classique combo Attaques/sorts/objets/fuite simple à prendre à main et pas simpliste pour autant. Tactique, il est accompagné de la possibilité de changer instantanément de coéquipiers, sur un champ de bataille qui permet trois compagnons en même temps, comme toujours. Des attaques critiques et spéciales sont naturellement de mise et on ajoutera le pouvoir d'invocation de Yuna, indispensable et magnifique, aussi impressionnant visuellement qu'utile au combat.
Du combat qui épargne au joueur de complexes gestions de menu, clair, et au système de progression addictif (xp > sphères de capacités > sphérier à embranchements qui permet de gérer facilement ses personnages).

- Un enrobage impressionnant
FFX est le premier Final Fantasy de la Playstation 2. A ce titre, il sortait dans ses débuts, lorsque beaucoup de jeux y étaient particulièrement laids. A ce titre, il lui fallait marquer le coup. Et ce fut le cas. Animations splendides (pendant les combats. le reste vieillit un peu aujourd'hui), visages bluffants (pendant les semi-cinématiques durant lesquelles le moteur de jeu trichait un peu), design toujours spécial mais bien plus soft et touchant que les horreurs qui vont suivre (pensez FF XIII), bande-son géniale, adaptée et marquante.

Au final (haha...) on a ici affaire à un jeu qui ne laisse que peu de liberté au joueur. Celui-ci doit avancer. Il faut qu'il soit touché par l'histoire. Sinon ça ne fonctionne pas, impossible d'apprécier ce jeu seulement pour son gameplay. C'est un jeu hautement narratif, une histoire poétique et splendide qui ne peut plaire à tout le monde, qui DOIT etre adorée ou détestée.

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