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Cérémonie chaotique pour un genre mourant...

Avis sur Final Fantasy XIV: A Realm Reborn sur PC

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Version PC

Non, il n'est décemment pas possible de considérer FFXIV : ARR comme un bon MMORPG lorsqu'on est né avec la 4ème Prophétie, DAOC, et qu'on a connu l'apogée du genre sous la ferveur des raids à 40 de WoW qui précédaient la sortie de sa première extension.

Car en effet il est indéniable que le genre n'a depuis cette date, cessé de régresser, d'années en années. Le symptôme le plus dommageable de cette décadence tient en ce que chaque nouveau MMORPG tente de rivaliser d'ingénierie lorsqu'il s'agit de substituer la récompense du « talent » (skill) par la récompense exclusive de la fidélité du porte-monnaie.
FFXIV touche le fond en la matière puisqu'au moment où nous choisissons de stopper l'expérience, nous en sommes rendus à acquérir le meilleur équipement du jeu, équipement qui ne peut s'obtenir qu'en échange d'une monnaie dont le seuil d'amas hebdomadaire (amas qui ne pose par ailleurs aucune difficulté) ne peut dépasser un certain plafond. Comprenez ainsi que quelques soient vos aspirations de « hardcore gamer », vous ne pourrez acquérir cet équipement qu'en vous acquittant à minima d'un abonnement de 6 mois. A ce niveau là on aurait autant préféré que Square Enix assume totalement et le propose à 75 euros dans un cash shop.

Outre une finalité HL douteuse (et en l'état, très limitée), FFXIV redouble de médiocrité dans bien d'autres domaines.
Tout d'abord une montée de niveaux qui rarement aura été aussi poussive. Et cela tient à deux choix absurdes. Le premier réside en cette détestable propension à vouloir systématiquement nous balader d'une quête à l'autre à des points diamétralement opposés du continent, si bien qu'au final on passe toujours plus de temps à voyager jusqu'à l'objectif qu'à l'accomplir. Le second est l'absence de butin lootable sur les milliers de monstres qu'on vous demandera d'occire : n'espérez donc pas agrémenter la tâche d'une motivation complémentaire liée à la probabilité de 0,0001 % de looter un item légendaire... non tout au mieux vous aurez des composants d'artisanat.
Notons par ailleurs une épopée principale scénarisée qui ne s'exonérera pas de vous demander d'aller chercher des beignets dans la pâtisserie du coin au détour d'un assaut épique de forteresse visant à renverser un empire pour sauver l'humanité.

L'artisanat, argument de vente principal du jeu par rapport à la concurrence, est là encore un exemple parfait du caractère abscons de FFXIV. En ceci qu'il vous faudra dépenser des sommes astronomiques et des centaines d'heures à cliquer sur les 3 mêmes touches pour développer vos jobs. Vous créerez ainsi au passage des milliers d'objets totalement inutiles pour qui que ce soit et par conséquent invendables, tout cela dans le but de pouvoir atteindre un niveau vous permettant de confectionner les dernières recettes. Dernières recettes qui, elles, ont bien une utilité, mais dont le coût des composants revient aussi cher qu'acheter le produit déjà tout prêt à l'hôtel des ventes. Super intéressant n'est-ce pas ?

Plus dommageable encore : l'absence totale de challenge.
A quelques rares exceptions près, tous les boss opèrent au schéma suivant : tankage au fond de la salle, DPS comme des bourrins sans se soucier ni du placement, ni de l'agro, ni des compétences choisies. En sus, des modes déclinés et qualifiés de termes galvaudés tels que « brutal » ou « extrême » quand en réalité la seule difficulté supplémentaire réside, là encore, non pas à faire preuve de davantage de dextérité et de réactivité, mais seulement à s'y heurter muni d'un équipement de meilleure qualité.

Et puis enfin, notre « coup de coeur » en matière de foutage de gueule : le PVP.
PVP réclamé ardemment par les fans, et implanté très tardivement (rappelons que le jeu a bénéficié d'un redéveloppement de 2 années supplémentaires) après nous avoir fait languir sur son contenu.
Un PVP consistant uniquement en un mode survie dans une petite arène en 4 vs 4... et ben bordel, l'attente était justifiée! Les « Vallées d'Alterac » endiablées à 40 vs 40 durant plusieurs heures, 10 ans plus tôt, n'ont qu'à bien se tenir !

Alors voilà, on pourrait tirer sur l'ambulance pendant des heures sur tous les aspects détestables de FFXIV, mais nous nous limiterons à souligner qu'il pêche déjà, et avant tout, dans tous les secteurs qui sont censés constituer l'ossature d'un MMORPG.

Mais pourtant, peut-être est-ce par nostalgie pour ce que fût Final Fantasy, nous n'avons pas envie de lui jeter la pierre. D'autant qu'il ne fait que singer la médiocrité dont souffrent tous les MMORPG concurrents actuels avec leur politique de « casualisation à l'extrême » et leur course à la fidélisation par la contrainte plutôt que par le plaisir.
D'autant que FFXIV offre une plus-value par rapport à ce que peut proposer par exemple l'ignoble Guild Wars 2 : celle d'un univers riche, conforme à l'esprit Final Fantasy avec ses éléments identitaires qui font le charme de la série, le tout couplé à des graphismes soignés et une bande son d'une qualité encore jamais atteinte dans un MMORPG.
Ainsi les fans les moins exigeants pourront quand même prendre plaisir à errer sans véritable but sur les terres d'Eorzea.

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