Sortie de route attendrissante [spoiler alert]

Avis sur Final Fantasy XV sur Xbox One

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Version Xbox One

Tout a plus ou moins été dit sur Final Fantasy XV, et ce qu'il en ressort avant tout c'est cette volonté de pardonner.

Si je m'en tenais à une posture (un peu foireuse) d'esprit critique je serais dans l'incompréhension totale de l'accueil du jeu, pas dithyrambique mais étonnamment bienveillant envers ce truc terriblement mal branlé du début à la fin.

Grossièrement, le jeu se distingue par deux aspects, aussi douteux l'un que l'autre.
Il y a d'abord cet open world archaïque gavé de quêtes inintéressantes et de murs invisibles, encore alourdi par les chargements incessants et tout ces petits choix d'interface et d'interactions et oublis anti fonctionnels. Descendre de son chocobo pour ramasser un objet, devoir se téléporter à sa voiture pour pouvoir se teleporter ailleurs, les gondoles d'Altissia, ne pouvoir prendre qu'un seul contrat de chasse à la fois, le bouton de saut qui sert aussi à interagir...Les défauts sont tellement évidents qu'on en vient à se demander s'ils ne sont pas là pour allonger la durée de vie du jeu.

De l'autre il y a tout le reste, les phases qui sont là pour faire avancer l'histoire (oui car ce sont seulement ce qu'on peut appeler des phases), très variées, la plupart du temps complètement ratées dans leur game design et suscitant 10 facepalm à la minute. On pourrait parler de ces infiltrations de base à la MGS qui n'ont aucun sens ni intérêt et qui se bouclent en 2 minutes avant d'aller devoir foncer dans le tas pour faire exploser un générateur .
Il y a aussi ces boss lunaires qui n'en sont pas vraiment car enclenchés sur pilote automatique, à la mise en scène épileptique ou la caméra dans les choux et les "bugs d'affichage" se mêlent à une certaine grandiloquence qui n'est pas sans rappeler des beat them all façon God of War, appuyée par un arsenal de thèmes épiques qui forment le fer de lance de l'OST (voire son unique substance tant quasiment tout le reste est oubliable). Lors de ces phases, complètement déchirées entre le système de combat et la volonté d'offrir des scènes d'animation de haute volée, le jeu perd complètement la boule et laisse le joueur livré à lui même face à des scènes dissonantes ou rien ne va et ou on a l'impression que les développeurs ont tout simplement abandonnés, n'arrivant pas à concilier mise en scène et gameplay mais ne favorisant finalement ni l'un ni l'autre. Il faut néanmoins préciser que tout les boss ne sont pas comme ça, certains sont plus classiques.

Mais globalement ce qui caractérise donc le scénario principal et notamment cette fameuse 2ème partie, c'est qu'en plus de ne plus rien faire de l'open world elle ne fait plus rien de son système de jeu, comme si les 2 avaient définitivement vocation à ne pas se mélanger. Ainsi, à part le chapitre de la mine et un ou 2 boss le système de jeu n'est plus du tout mis à contribution, les derniers chapitres trimballent le joueur de phase originale en phase originale pour nous le faire oublier, le 13 nous prive de nos armes, le 14 nous force à fuir continuellement. Le boss final n'est qu'un faux combat qui nous rappelle le déjà faux combat contre Leviathan. Le tout avec un challenge abyssal car les développeurs étaient pleinement conscients des problèmes de lisibilité et le manque de serieux global du gameplay.

Pour ce qui est des combats, contrairement au XIII qui prenait son envol avec le temps, les limites se verront ici progressivement. Assurément bancal et surtout peu profond, il agace plus qu'autre chose lorsque le joueur fait face aux derniers superboss du jeu après le end-game, consistant surtout à spammer les objets de soin que ne peuvent utiliser les alliés (un système de gambit à la FFXII paraissait ici tout à fait approprié, mais n'y pensez même pas, et oubliez un peu le mode stratégique qui sert juste à se poser un peu pour target un autre ennemi ou utiliser acuité).
Ce système faisant la part belle à l'animation est pourtant loin d'être inintéressant, les compétences sont la vraie dimension tactique des affrontement pour peu qu'on en débloque un maximum, les assauts éclipses et le switch d'arme rendent le tout bien nerveux et le système de magie bien que simple fonctionne pas trop mal. Le tout manque cependant d'un aboutissement global, et ça fait très longtemps qu'on avait pas ressenti ça dans un Final Fantasy (les derniers étant dans leur genre tous assez irréprochables selon moi, y compris certains spin-off).

Alors pourquoi 6 ? Pourquoi pas 2 ou 3 ? Parce que Final Fantasy XV est un échec mais un échec plein de panache et avec une magie digne d'un Final Fantasy. Se balader dans ce monde ouvert désespérément vide est un plaisir pour les yeux, le toit ouvrant de la Regalia et les reflets de l'eau sur la route, l'impression d'immensité, le moteur et ce con de Prompto qui me demande qui il devrait plus photographier, les gros plan sur les plats d'Ignis et le manque quand il se retrouve aveugle et qu'on bouffe une conserve froide avant de dormir dans le chapitre de la mine, combattre un griffon superbement animé dans une plaine sur une musique épique, Shiva qui gèle Ifrit, l'atmosphère de fin du monde à Tenebrae, l'antagoniste qui fait office de Gaunter O'Dimm avec un chapeau, la voix jap de Bahamut qui m'explique tout le scénario en 2 minutes 30, l'image de fin de jeu qui s'imprime dans l'écran titre.

FFXV c'est avant tout forcément un jeu inabouti, qui n'a ni queue ni tête la plupart du temps, qui transpire son développement chaotique par tout les pores de sa structure branlante et difforme. C'est aussi la dernière illustration assez inquiétante du manque criant de savoir faire des studios japonais depuis maintenant 10 ans pour développer des jeux AAA.
S'il reste néanmoins une chose pour laquelle ces derniers excellent, c'est créer l'étincelle que d'autres productions beaucoup mieux finies et conçues n'ont jamais su avoir.

En définitive il manquait à la fois beaucoup et pas grand chose pour que j'adore le jeu : une trame qui prend le temps (dans un jeu ou on s'arrête à la station service pour faire le plein et aller casser la croute il faut le rappeler) et pas une fuite en avant brutale et prématurée, des implications beaucoup mieux expliquées et surtout des personnages (y compris et surtout les personnages secondaires) beaucoup plus développés, comme le background global beaucoup trop générique (même en ayant visionné toute les oeuvres de l'univers étendu). En l'état le jeu a misé sur la surenchère d'émotion alors que celle ci n'avait aucun sens pour le joueur. Une nouvelle fois tout ces problèmes sont surement en grande partie imputable au développement, mais c'est comme ça, FF XV est ce qu'il est.

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