Ô rage, ô désespoir !

Avis sur Final Fantasy XV sur PlayStation 4

Avatar Justin  Desbordes
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Version PlayStation 4

Je ne me lancerai pas dans une prose à rallonge (ceci n’est pas un reproche) racontant le pourquoi du comment ce jeu a vu le jour. Beaucoup l'ont fait et, à n'en pas douter, bien mieux que je ne l'aurais pu. Je ne m’étendrai pas non plus sur tous les aspects techniques qui composent un jeu vidéo, je n’ai pas les compétences ni les connaissances pour.

Je me contenterai d’une simple critique, à chaud, d’un fan inconditionnel de la licence aujourd’hui très déçu. Oui, je prends volontairement un ton mélodramatico-chaotico-tragique car ma déception est bien réelle, et mon cœur brisé.

J’attendais ce jeu avec la plus grande impatience après quelques opus m’ayant laissés sur ma faim et que je considère (eux-aussi) comme décevants (cf. FFXII & FFXIII à toutes ses sauces). Les différentes bandes-annonces et autres vidéos distillées au fur et à mesure des années laissaient présager d’une petite pépite vidéoludique. Et puis… Tetsuya Nomura à la baguette, que demander de plus ?

C’est donc avec un optimisme non-feint que je me lance dans cette aventure déjà épique qui me fera oublier mes désillusions passées.

A première vue, tout semble confirmer mes attentes : le character design est très réussi, le décor sublime, la BO déjà enivrante, les combats dynamiques et modernes et la traduction me semble plutôt cohérente. Le parti pris d’un open world dans un monde voulu ultra-réaliste et l’abandon du tour par tour marquent une vraie différence avec les habitudes de la licence, mais après tout pourquoi pas… « ne sois pas déjà si critique » me dis-je.

Mais il n’aura pas fallu longtemps avant que la réalité ne me fasse tomber de mon petit nuage ô combien fragile. Je m’aperçois très vite que le scénario n’est pas aussi complexe et complet, aussi travaillé et précis que l’exige (selon moi) un FF numéroté. En effet, la raison principale pour laquelle cette série m’a fait vibrer de nombreuses années est la qualité de ses histoires, de sa narration, de son scénario. Or il ne faut pas une heure de jeu pour comprendre que ce dernier est bancal, bourré d’incohérences et sans réelle profondeur. Une histoire des plus classiques, des clichés en veux-tu en voilà, des « rebondissements » aussi prévisibles qu’une explosion dans un film de Michael Bay, des « histoires d’amour » compliquées pour essayer de faire couler 3 larmes au joueur, des révélations et phrases chocs (genre phrases chocs quoi) pour faire bien mais sur lesquelles on ne revient jamais et qui nous laissent dans le flou le plus total... j’en passe et des meilleures. Bref, une histoire bâclée pour adolescents en mal d’amour.

Les personnages principaux sont certes « stylés » mais sans réelle personnalité, sans caractère, sans… surprises. Une vague impression de déjà-vu et de réchauffé dans cette bande de 4 guguss ; à la limite du caricatural même. Seul Noctis sort un peu du lot bénéficiant, je suppose, d’un peu plus de travail sur son background. Et j’insiste sur le « un peu » car pour un prince dont le père vient d’être tué et le royaume détruit (entre autres), on ne ressent pas vraiment de détresse ou de colère en lui. Il est juste saoulé parce que « merde, c’est relou, j’étais parti en roadtrip avec des potes prendre des photos de grenouilles, ça tombe mal cette histoire ! ». Donc on fini par s’y attacher un peu mais sans plus, a bien les aimer mais sans plus, ils nous font sourire mais pas plus.

Les personnages secondaires sont quant à eux insipides et fades, tout juste bon à lâcher une punchline par-ci ou astuce par-là. Même le grand, l’illustre, l’incomparable Cid a un charisme de mouette, c’est dire…

Et les « méchants » on en pense quoi ? Les méchants les plus gentils de l’Univers ouai ! Des « gentils » donc ? Non quand même pas, il va falloir au moins en combattre un à la fin, donc c’est des méchants c’est sûr ! Mais pourquoi ils nous tiennent la main tout le jeu et nous sortent de toutes les situations périlleuses alors ? Rah, je sais pas moi.. JOKER !

Bref, vous l’aurez compris, niveau personnages c’est plutôt limité et très décevant. Pour le charisme on repassera.

Le système de combat au premier abord très entraînant laisse vite place à un ennui (presque) mortel. Le côté très dynamique et sans zone de combat propre (donc sans chargement) est un pari réussi. Il permet des enchaînements assez « classes » et « badass » mais malheureusement ça s’arrête là. On rentre vite dans le répétitif ennuyeux la faute notamment à une difficulté inexistante ! Même pas un pampa qui vous one-shot, ou un maxi monstre qui vous envoie directement à la FNAC racheter une manette, c’est quand même terrible, non ? Sans parler de l’IA des ennemis pendant le combat qui tournent en rond, tirent n’importe ou attaquent quand ils ont fini leur café. Et cerise le rumsteak, les attaques spéciales des copains qui rendent Noctis invulnérable (car on ne le contrôle plus pendant ce temps-là), qui permettent d’esquiver d’éventuelles attaques un peu trop puissantes si tant est qu’il y en ait. Honnêtement j’ai l’impression que le jeu pourrait se finir en slip et avec des baguettes chinoise en guise d’armes.

Finir un FF sans galérer sur un combat, c’est comme manger un bol de salsifis : ça n’a aucune saveur bordel.

A la liste des abonnés absents on peut également ajouter le peu d’invocations et leur utilité plus que discutable, la magie (!!) ou encore l’upgrade de stuff, pas le temps pour ça. « Euh Michel, tu me mettras 3 sorts à base de feu, glace, foudre vite fait et tu retournes créer des quêtes de cuisine c’est plus important »

Merci pour la transition subtile mais non je ne m’attarderai pas non plus sur les quêtes secondaires ! Des centaines de missions toutes plus inutiles les unes que les autres, répétitives à souhait et par dessus tout sans aucun fun. Sans déconner, on se croirait parfois dans un MMO à farmer pour monter ses métiers !

Voilà donc mon ressenti sur les principaux aspect du jeu, mais je pourrais aisément ajouter à cette longue liste l’absence de dialogue avec les PNJ, le côté ultra-linéaire de la conduite qui nous fait oublier qu’on est dans un open world, la lenteur des voyages, le bestiaire plus que succinct, les bugs de caméra, le manque de rythme et d’émotions et le clou du spectacle les 18 DLC pour compléter l’histoire (quel aveu !).

Mais, mais, mais, je vous garde quand même un petit point positif pour la fin : l’OST ! S’il y a bien une chose à laquelle je suis plus que sensible dans un jeu (et particulièrement un FF) c’est la qualité de sa bande son. De chaque épisode de cette longue lignée me revient des musiques toujours épiques me rappelant les scènes les plus mémorables de la licence. Et c’est ici encore une belle réussite. Oeuvre de l’illustre Yoko Shimomura (Kingdom Hearts), chaque musique est prenante, enivrante, palpitante même et relève à elle seule des scènes malheureusement trop insipides. On retrouve même quelques clins d’oeils aux épisodes passés et aux musiques qui ont fait l’identité des Final Fantasy, et ça, ça fait chaud au coeur.
A croire qu’il y en a qu’une qui a bossé dans c’t’équipe !

En conclusion vous l’aurez compris, un épisode qui ne marquera pas son temps. La beauté du jeu et l’élégance de son OST n’éclipsent pas la qualité médiocre du scénario et de la narration et l’ennui mortel de son gameplay.

La volonté initiale de Tetsuya Nomura de ne pas faire de cet opus un élément numéroté de la série s’est finalement opposée à celle de Square Enix de sortir coûte que coûte un Final Fantasy XV. Force est de constater que cela a donné naissance à un dernier né sans caractère et dénué d’intérêt...

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