Trois salles, trois ambiances

Avis sur Fire Emblem : Three Houses sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Il est des séries qui connaissent un destin peu orthodoxe. Notre sujet du jour, Fire Emblem, est de celles-ci, puisque si elle fait aujourd’hui partie des titres majeurs du catalogue de Nintendo, il n’en a pas toujours été ainsi. Il faut dire que le genre du Tactical RPG est habituellement plutôt destiné à une niche, dans la mesure où le grand public daigne rarement pratiquer la réflexion et la stratégie, à plus forte raison avec la “contrainte” du tour par tour. Il aura fallu 22 années, une grosse quinzaine d’opus (remakes et hors-séries inclus) et une nouvelle orientation en la personne d’Awakening, plus axé sur les interactions entre ses personnages que sur le développement de son univers, pour que la série accède enfin à la notoriété qui lui était dûe. Après un Fates bien reçu par la critique mais régulièrement décrié par les fans, c’est tout naturellement que les yeux se sont rivés sur Three Houses, l’épisode Switch supposé concrétiser les rêves les plus fous des aficionados restés sur le pied de guerre. Petit twist, historiquement chasse gardée du studio Intelligent Systems, la licence peut cette fois compter sur l’appui de Koei Tecmo pour faire souffler les vents du changement.

Le tigre, le loup, le renard et la Byleth
Quand on est un mercenaire, on bourlingue pas mal et on rencontre des gens intéressants. Le problème, c’est que ces rencontres ont tendance à avoir lieu sur un champ de bataille. Dans le respect de cette tradition, Byleth, avatar à l’âge indéterminé que l’on incarne, voit son départ pour une nouvelle mission perturbé par trois jeunes gens sollicitant son aide afin de se débarrasser d’une meute de brigands sanguinaires et de pouvoir rallier leurs compagnons. Une courte escarmouche et quelques passes d’armes plus tard, le groupe du trinôme est rejoint et c’est alors l’occasion de devenir l’objet de toutes les convoitises. Les trois adolescents s’avèrent être les futurs leaders des pays environnants, leur responsable est une vieille connaissance du capitaine et nos prouesses militaires ont visiblement fait sensation. Aussi se voit-on cordialement invités à escorter tout ce petit monde au monastère de Garreg Mach, académie des officiers et centre névralgique de la frontière entre les trois nations qui constituent le continent de Fódlan. C’est dans ce haut-lieu, faisant office de zone neutre où est éduquée la progéniture de toute la noblesse environnante, que l’on se voit octroyé, un peu malgré nous, un poste d’enseignant principal de l’une des trois classes du monastère. Suivant les affinités de chacun, ce sont donc sur nos frêles épaules que reposent les rêves et espoirs des huits élèves de la maison sur laquelle nous jetterons notre dévolu et qui vivront à nos côtés le tumulte des événements qui ne manqueront pas de survenir au fil de l'effeuillage du calendrier.

Jouer avec le FE
Si vous n’êtes pas un vétéran des Fire Emblem, sachez qu’il s’agit d’une série de Tactical RPG dont chacun des volets consiste généralement en une succession d’escarmouches, où il s’agit de gérer le placement et les actions d’unités militaires au tour par tour et sur un champ de bataille présenté sous la forme d’un damier. Ces combats sont régulièrement entrecoupés de retours au quartier général, succession de menus imbriqués permettant de tailler le bout de gras et de tisser des liens d’amitié (et plus si affinités) avec notre escadron tout en effectuant un ravitaillement crucial dans la mesure où les armes s’usent et finissent par se briser. Réputée pour son exigence, la licence a longtemps imposé un système de mort permanente, voyant les personnages tombés au champ d’honneur disparaître définitivement de la partie. Mais cette loi auparavant immuable aura finalement subi un amendement à l’aune de notre époque, bien plus paisible, pour n’être désormais plus qu’optionnelle. Pour ce qui est de la partie baston, Three Houses se la joue plutôt sage, en se contentant surtout d’opérer un bon gros ravalement de façade visuel (au revoir les sprites 2D pixélisés, bonjour les modèles 3D) et de raboter un peu de gras à gauche et à droite en effectuant quelques ajustements à la formule habituelle. Les habitués de la série retrouveront donc rapidement leurs marques à quelques nuances près, notamment au niveau de l’équilibrage de certains types d’unités, de la disparition du Triangle des Armes coutumier de la série (qui prend ici une autre forme), de l’ajout d’escouades à affecter aux membres de notre bataillon, leur conférant divers bonus de statistiques et autres aptitudes spéciales ou de l’intégration de créatures bien plus volumineuses et coriaces que les ennemis habituels.

Poudlard Tactics : Persona Edition
Si côté combats, la donne ne vient pas bouleverser les fondations de la série, faisant plus office de patchnote de luxe, il en va toutefois bien différemment pour la partie gestion. N’y allons pas par quatre chemins, ce nouveau contexte scolaire est la nouveauté de plus grande envergure de ce nouvel opus. Loin de se contenter d’une simple transposition des traditionnels codes à ce cadre estudiantin, Three Houses a l’intelligence d’en tirer parti de façon ingénieuse, impactant considérablement le déroulement du jeu. Le changement le plus remarquable est sans aucun doute le découpage temporel des activités. Un peu à la manière d’un Persona, nous sommes ainsi désormais soumis à la contrainte de l’écoulement du temps, symbolisé par le calendrier scolaire. Globalement, l’aventure est divisée en chapitres d’une durée d’un mois, à l’issue duquel une grande bataille surviendra dans tous les cas. Il convient donc de tirer parti des quelques semaine précédant la date fatidique afin de se préparer au mieux. Les activités hebdomadaires sont ainsi divisées en plusieurs parties. Les cinq premiers jours jours sont consacrés à l’enseignement militaire et à l’établissement des objectifs et des corvées de chacun. D’une souplesse exemplaire, ces cours magistraux permettent d’orienter l’évolution des compétences de chacun des membres de notre troupe de manière très libre, sans jamais réellement fermer de portes. On récolte ensuite le fruit de son travail hebdomadaire le samedi, tandis que le dimanche fait office de plage de temps libre où l’on aura le choix entre l’organisation d’un séminaire d’enseignement, partir au combat en bons gratteurs d’expérience, se reposer pour booster le moral des troupes ou encore prendre un quartier libre. Durant ces phases libres, Byleth peut vagabonder dans l’enceinte de Garreg Mach, à l’instar d’un Echoes et de ses phases d’exploration, et s’adonner à plusieurs activités annexes. Entre autres, pêche, jardinage, repas avec les élèves et le reste du corps enseignant ou encore tournois à thèmes sont au menu des réjouissances. Ces moments de relâche sont aussi l’occasion de resserrer les liens qui unissent tout ce joli petit monde, que ce soit en leur offrant des cadeaux ou en prenant le thé en leur compagnie. Là encore, le temps est compté, puisque la plupart des occupations coûtent des points d’activité, limitant drastiquement nos ardeurs. Au départ, en tout cas, puisqu’il est également possible d’augmenter le rang d’enseignant de Byleth, permettant d’accéder à divers bonus tout en venant gonfler notre capital en précieux points.

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