Gristique poétique

Avis sur GRIS sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Avant de commencer cette critique je tiens à préciser qu'elle évoque divers points de l'oeuvre, y compris certains se trouvant à la fin de cette dernière, et à remercier Lucas Borja pour le titre.

Pastel et coton. Douceur et tranquillité.
Tout se brise, tout se rompt. Tout n’est plus que chute. Abandon. Laisser tomber. Tomber.
Et atterrir.
Ainsi commence le jeu que j’ai le plus aimé jusqu’à présent, moi qui ne suis pas une grande joueuse. Tout commence donc par un drame. A chacun de choisir lequel.

Blanc. Noir. Silence.
Ni nuances ni vibrations.
La neige a recouvert un monde. Qu’en reste-t-il ?
Tranchant.
On s’efforce de marcher. On s’effondre à s’efforcer. On marche pour mieux s’effondrer peut-être. Jusqu’à… Jusqu’où ? Allons voir plus loin. Chercher. Vite. Trouver. Retrouver ce qu’on a perdu.
Brisé.

Ainsi naît la colère. Rouge. Dans laquelle on s’oublie. Affrontant les impétueuses tempêtes de nos intérieurs. Ou se faisant emporter, renverser par la violence des éléments. S’affrontant nous-même. Se cachant dans nos retranchements. Jusqu’à trouver la force de l’affronter. De s’affronter. Et de pénétrer l’antre de nos sentiments. Pour tomber au plus profond de soi-même.
Vide.
Peur.
Le plus noir. Sombre. Sentiment.
Remonter à une haine. Être vivant au moins. Et tout détruire. Se défouler. Se détruire. Qu’importe les conséquences. Les refuser. Tout refuser.

Ainsi naît le déni. Vert. Dans lequel on se complaît. S’amusant avec ses habitants. Les apprivoisant. Les nourrissant toujours des fruits de notre imagination. Réapprendre à voler.
Fuir.
Vers là d’où on vient.
Fuir.
Là-haut.
Retrouver la peur. La peur de ne rien retrouver. Jusqu’à ce que sonne le Glas de la vérité.
Rien.
Rien.
La peur avait raison. Le succès du pire. Le succès. Non, l’échec. Les yeux qui s’ouvrent. Les larmes qui coulent.

Ainsi naît la dépression. Bleu. Dans laquelle on s’enfonce. Marchant sous la pluie. Marchant sous la terre. Marchant jusqu’au fond. Nageant jusqu’aux tréfonds.
Les sens qui s’effondrent.
Le toucher engourdit. Froid. Gel. Gelé. Mort ?
Le son qui s’étouffe. Loin. Lointain. Seul. Mort ?
Eviter les reflets. Eviter son reflet. Non. S’éviter. S’éviter soi.
Haine. Haine paisible. Haine de soi, du monde, de tout. S’éloigner encore, plonger doucement. Dans les ténèbres. A la seule lumière de la haine et du rejet.
PEUR.
De la mort ? De la solitude ?
Fuite.
Vite.
Plus vite.
Elle est déjà là.
Fin.
Non.
La colère. Colère ? Rage ? Rage de vivre. Remonter. Rage. Merci.
Retrouver le calme. Rejeter la dépression. Refuser le déni. Calmer la colère.

Ainsi naît le renouveau. Jaune. Dans laquelle on apprend. Qui éclaire le chemin. Où les émotions fleurissent, entre harmonie et équilibre. Où les oiseaux ouvrent leurs ailes, pour l’avenir. Où les lucioles nous guident, vers là-bas.
Réapprendre à communiquer. Réapprendre à parler. Réapprendre à chanter.
Retrouver le naturel perdu.
Voix.
Vagabonder dans son château de cristal.
Et lorsqu’enfin, on est prêt. Revenir.
L’affronter.
Laisser la peur nous dévorer. Pour mieux en émerger. Pour mieux la détruire. Pour mieux se reconstruire.
Enfin.

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