"End of the day, this is a revenge mission"

Avis sur Ghost Recon : Wildlands sur PC

Avatar Dark_Inquisitor
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Version PC

31/08/18 > Update avec la mission Rainbow Six (voir tout en bas).
15/12/17 > Update avec la mission "Predator"
04/07/17 > Update avec le DLC "Fallen Ghosts"
08/05/17 > Update avec le DLC "Narco Road".

..// OVERVIEW //..
Développé par Ubisoft Paris, avec l’aide de plusieurs autres studios (Annecy, Montpellier, Milan, Reflection,…).

Temps de jeu = 177 heures, pour 100% de complétion (toutes les missions principales, toutes les compétences, tous les fichiers Kingslayer, et le niveau max bien sûr) dont 19h pour le 100% sur Narco Road, dont 17h pour 96% sur Fallen Ghosts, et dont 12h en mode Tier.

Build joué = Ranger (100% Tactical + 70% Stealth) avec Mk17 en fusil d’assaut principal, MSR en fusil sniper principal et « Lady Killer » en pistolet. Rang Tier 42.

Autre = Difficulté Normale. Joué intégralement en anglais, au pad, et quasi sans aucun HUD.

PC utilisé = i5 possédant 8Go de RAM et une GTX1070. Setting graphique en « Ultra ».

..// PROS aka « BOOM ! Target down. » //..
La Bolivie, un superbe Open World à explorer librement, et ce dès le début. On va où l’on veut, on fait (presque) ce que l’on veut, dans l’ordre que l’on veut, car toute action tend à déstabiliser un peu plus le cartel de la Santa Blanca. On passe ainsi en quelques minutes des montagnes enneigées d’Inca Camina à la jungle luxuriante de Villa Verde, après avoir survolé le grand lac d’Agua Verde et évité plusieurs missiles SAM en chemin. Chaque province offre son lot de surprises et ses lieux uniques à visiter, parfois sous un soleil de plomb, parfois sous la pluie diluvienne d’un orage violent où les éclairs déchirent le ciel alentours. Les moments de contemplation sont nombreux et nous feraient presque oublier que nous sommes des soldats d’élite en mission, et que le sang coule à flot autour de nous.

Personnalisation & Weapon Gunsmith. Sans égaler les jeux les plus permissifs où l’on peut modifier la taille et les proportions de notre avatar, Wildlands offre un joli panel de visages H/F à choisir, des tatouages, et une garde-robes assez conséquente. A cela s’ajoute la possibilité de modifier la couleur d’un peu tout, et de sauvegarder plusieurs configurations, même si cela n’a pas d’impact sur le gameplay (mettre une tenue blanche n’augmente pas la discrétion une fois allongé dans la neige). Le « Gunsmith » de GRFS nous revient dans une version améliorée, et permet de personnaliser nos diverses armes en modifiant certaines parties comme la crosse, le canon, la lunette de visée, etc. Dommage que les armes uniques soient verrouillées, car elles en deviennent aussi jolies que dispensables. Dans mon cas, exception faite du « Lady Killer » qui est un pistolet silencieux par excellence, toutes ces armes que je débloquais étaient moins intéressantes que les versions standards que j’utilisais déjà.

Un shooter efficace, à quatre. Caractéristique clé de la licence Ghost Recon, on joue toujours une escouade de quatre Ghosts, dont trois sont contrôlés par des IA en mode solo. En coopératif, les IA disparaissent et laissent leur place à un, deux ou trois joueurs humains, qui pourront parcourir l’intégralité du jeu ensemble. S’il est regrettable de ne pouvoir personnaliser nos alliés IA, il faut avouer que la fonction de tirs synchronisés du solo est véritablement jouissive. Elle permet de nous défaire de quatre ennemis d’un coup, et parfois plus selon la ligne de tir et l’arme utilisée. Avantage du mode solo : les IA ne ratent jamais leur cible. Inconvénient : les IA sont incapables de viser les ennemis à l’intérieur des bâtiments, ou sous abris. Chaque camp étant pour moi une sorte de puzzle morbide à résoudre, à observer les positions et déplacements ennemis, et trouver le meilleur moment pour faire le ménage.

Grosse durée de vie et contenu conséquent. Si l’on peut déplorer à juste titre le côté inévitablement répétitif des missions, et le remplissage d’activités copiées-collées qui touche presque tous les Open World modernes, on ne pourra pas reprocher au jeu d’être avare en choses à faire. Comme toujours, cela dépend fortement de votre résistance à la répétitivité et votre capacité à vous imprégnez d’un univers et d’une ambiance, avec tout ce que cela peut impliquer en terme de cohérence puisqu’après tout, on ne joue qu’un soldat qui exécute des ordres. En l’état, Wildlands me convient tout à fait avec sa progression libre, articulée autour de l’élimination des boss du cartel de la Santa Blanca, ses très chouettes vidéos ponctuant les missions, et ses objets à collectionner donnant tout un tas d’info sur la Bolivie, sa culture et ses légendes. Ressentir de l’ennui ? Nope.

Narco Road. Le premier DLC qui ajoute des véhicules bien sympa comme le Monster Truck et une moto custom bien plus maniable que celles du jeu principal. Le ton décalé est plutôt plaisant avec des missions assez travaillées qui réutilisent les 3/4 de la carte, tout en mettant l'accent sur les véhicules. Autant dire que si vous détestez les véhicules dans le jeu, ce qui n'est pas mon cas, vous ne devriez pas trop aimer ce DLC.

Fallen Ghosts. Le second DLC ajoute une faction qui donne une saveur toute particulière au jeu. Le combo Jammer + Camo est particulièrement piquant car le premier désactive tous nos gadgets et le second n'est en gros visible qu'en vision thermique... qui est désactivée du coup. Les missions sont travaillées mais restent dans la lignée de celles du jeu principal. Bien que ce DLC n'utilise que le quart Nord-Est de la carte, avec une météo bien plus capricieuse, on a de quoi faire.

La mission gratuite du Predator. S'intégrant mine de rien assez bien dans l'univers du jeu, ce délire qui vous propose d'affronter un Predator est vraiment plaisant à jouer. Sans entrer dans les détails de la mission et de son déroulé, je ne saurais trop vous conseiller de la faire en COOP, les AI se révélant un peu trop lentes à la détente et donc peu efficaces dans ce combat où la paranoïa est omniprésente. Manque juste "La Cracheuse" ...

..// CONS aka « Allô Bowman ? Je viens d’éradiquer trois boss du cartel en roulant dessus sans faire gaffe. Classe non ? » //..
Aucune véritable surprise. Pour faire simple, ce que l’on vit dès les premières minutes, on le vivra jusqu’au bout du jeu, avec plus ou moins d’ennemis, des agencements de bases/camps/villages différents, et un équipement de plus en plus performant. Aucun nouvel ennemi ne viendra jamais nous surprendre puisque dès le début, on peut s’attaquer à la plus grosse base du jeu et massacrer tout le monde. Aucun boss fou, aucun véhicule inattendu, rien de surprenant jusqu’à la fin. Seules les situations et les lieux changent. Véritable point faible de la licence Ghost Recon, et des Tom Clancy’s en général, on reste en terrain militaire connu, le plus conventionnel possible. Il s’entend que cela semble convenir aux fans irréductibles de la licence qui crieraient sans doute au scandale à trop lorgner du côté d’un Metal Gear Solid (ils hurlent déjà sur le premier DLC « Narco Road »). Je ne suis pas de ces fans (et j’apprécie « Narco Road »).

Système de Game Over trop old school. Mais c’est un reproche que je fais de plus en plus à tous les jeux qui se veulent plus ouverts. Le « meilleur » Game Over dans un jeu, c’est la mort. Dark Souls l’a compris, les Open World pas encore. Avec leurs missions scriptées aux objectifs non modulables, si l’on sort un peu trop des clous, on subit de vilains Game Over, parfois de manière inattendue et assez injuste. La première province du jeu donne le ton puisque le convoi d’une mission pouvant passer à proximité du garage d’une autre mission, où l’on doit récupérer une voiture, il nous offrira un magnifique « Game Over » quand il sera trop loin… alors qu’en fait, on en avait juste rien à foutre de ce convoi puisqu’on voulait voler la voiture de notre mission en cours. Il revient aux jeux de s’adapter et d’offrir des alternatives, plutôt que de rester enfermés dans un modèle « objectif non réussi = Game Over ».

Helico & Moto. Contrairement à beaucoup de joueurs qui s’en plaignent, je n’ai pas de véritable problème avec la conduite des véhicules étant donné que je me suis adapté au fait que la Bolivie offre un terrain de jeu qui n’est pas aussi permissif et accessible que d’autres jeux. Je ne cherche pas à rouler partout à fond, je choisis mes routes et chemins, et j’utilise beaucoup les hélicoptères. Néanmoins, les motos restent une véritable déception qui en plus peuvent nous infliger, là aussi, des Game Over un peu trop radicaux pour être honnêtes. Les hélicoptères quant à eux souffrent d’un comportement qui rend presque impossible leur utilisation en combat puisque l’on ne peut tout simplement pas se déplacer latéralement et viser avec. Il faut également lutter avec eux pour passer en vitesse de croisière optimale, après s’être balancé quelques instants d’avant en arrière. Mais pourquoi ?

Manque de finition qui affecte un peu tout. Bug persistant sur l’utilisation des jumelles avec un saut de caméra en sortie, navigation pas toujours propre avec une nature générée en procédurale qui peut nous bloquer complètement (entre deux rochers en général) ou nous empêcher de grimper un peu partout, IA parfois à la ramasse, coéquipiers avec deux de tensions quand il s’agit de monter dans un véhicule, missions vite expédiées (et une grosse déception du côté de celles des Boss), ou véhicule à livrer qui nous tombe dessus et nous tue, quand il ne s’agit pas d’un hélico coincé sous les arbres, le rendant inutilisable. Sans être aussi catastrophique qu’un Mass Effect Andromeda, le jeu ne répond pas aux standards de qualité que l’on est en droit d’attendre de nos jours, sur des titres aussi ambitieux.

Narco Road. Trop orienté action à mon goût. Mes belles statistiques "Tactical & Stealth" gamer ont pris un sérieux coup dans l'aile, et j'en suis fort triste. La disparition des trois coéquipiers IA jouent également dans la balance car il est nettement plus difficile de nettoyer les camps discrètement, les ennemis étant toujours plus ou moins en paquet dans leurs coins. Dommage également qu'il faille se coltiner toutes les activités et micro-activités, pas toujours excitantes, pour prétendre au 100%.

..// CONCLUSION //..
Certains vous diront qu’il est impossible d’apprécier Ghost Recon Wildlands sans avoir trois ami(e)s avec qui partager de longues fusillades sanglantes, de belles séquences d’infiltration à nettoyer un camp dans le silence le plus absolu, ou juste une balade en hélico au clair de lune à parler de tout et de rien. Ils vous diront aussi que la conduite est une véritable catastrophe, au point de ne prendre aucun plaisir à voir défiler les kilomètres sur la route ou dans les champs, ni dans les airs non plus d’ailleurs. Ils vous diront enfin que le jeu est relativement vide d’intérêt, ne pouvant plaire qu’aux militaires les plus décérébrés en manque de génocide vidéoludique, faisant de cet Open World l’un des pires existant, malgré son très bel enrobage bolivien. Peut-être.

Je vous répondrai tout l’inverse puisque je n’ai pas passé une seule minute à jouer en coopératif et que j’ai glissé avec plaisir sur toute la campagne, uniquement accompagné par mes trois IA qui avaient au moins ce bon goût de m’informer de ce qui passait alentours. Je ne saurais trop vous recommander de mettre côté vos « réflexes GTA » pour réellement profiter de la conduite des véhicules de Wildlands, aussi imparfaite soit-elle, en acceptant par exemple qu’à l’instar de la vraie vie, on ne roule pas à 200kms/h sur les pentes rocailleuses d’une montagne, ni dans une forêt où la végétation très dense nous empêche de voir le sol. Enfin, j’ai non seulement trouvé la Bolivie superbement mise en valeur dans ce jeu, mais je n’ai surtout éprouvé aucune lassitude à jouer au petit soldat, tout comme je ne suis pas outré par le côté décalé du premier DLC « Narco Road ». Comme quoi…

..// UPDATE RAINBOW SIX //..
Replonger dans la moiteur bolivienne m'a fait réaliser une chose : aucun autre Open World à ce jour n'a su remplacer GRW dans mon coeur (seul Cyberpunk 2077 pourrait peut-être le faire), et il n'a eu de cesse de se bonifier au fil des mois tant du coté Campagne, que dans le PvP. Ayant changé de PC entre temps, le jeu brille plus que jamais et a vu naître des améliorations que j'aurais assurément aimé avoir dès le départ. Ne serait-ce que pouvoir personnaliser enfin mes 3 sœurs d'armes. Car oui, on a ENFIN accès à des femmes customisables entièrement, avec un doublage intégrale de tous leurs dialogues.

Côté missions, pour être honnête, même si j'étais content de croiser Sam Fisher, sa mission ne m'a pas emballée du fait de son introduction complètement inadaptée aux Ghosts qui, bien que jouant de discrétion, ont autre chose à faire que de l'infiltration sans victimes (enfin me concernant). Trop de frustration et aucune envie de jouer d'une telle manière imposée. Et même si à l'inverse la mission Rainbow Six m'a nettement plus intéressé (non, pas uniquement pour ses trois belles représentantes), elle avait une orientation un poil trop action pour ma Ranger.

Mais avec toutes les améliorations apportées, les nouveaux modes hardcore, les corrections de bugs continues, les nouvelles options de personnalisation de son squad, et les nouvelles missions rajoutées et à venir, sans même parler du PvP puisque je n'y joue pas, je ne peux que remonter la note d'un point. GRW était mon jeu phare de 2017 et dans un sens, il reste indétrônable et plus que jamais à faire si vous aviez fait l'impasse dessus. Vous ne comprenez pas ? Cherchez sur Youtube le "Flying over Bolivia" d'un Inquisiteur. Vous ne comprenez toujours pas ? C'est pas grave ^^.

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