Ou l'I.A. qui tue

Avis sur Ghost Recon Wildlands sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Attention : je ne mets pas « Tom Clancy’s » avant les titres des jeux parce que… ben faut pas déconner, tout le monde connaît Splinter Cell et tout le monde se fout du Tom Clancy’s qui se pose avant sur les boîtes du jeu. Alors merde, hein !

Depuis le passage à l’action/arcade, Ghost Recon a toujours su souffler le chaud et le froid. Malgré des GR Advanced Warrior 1 et 2 minables à la croisée de Call of Duty et d’un Gears of War très fatigué, GR Future soldier avait pourtant su proposer une variation de gameplay dans « l’univers » Tom Clancy, mélange d’infiltration à la Splinter Cell et d’action à la Rainbow Six, et c’était une sacrée bonne surprise. Sauf que les ventes n’ont pas été suffisantes et une suite paraissait peu probable. Mais en 2017, Ubisoft m’a fait fermer ma bouche et les trailers m’ont super donné envie de retourner tuer des salauds.

Alors quid de GR Wildlands dans cet imbroglio de styles de jeu au cœur des licences estampillées Tom Clancy ? TPS action ? The Division. FPS action ? Rainbow 6 Siege. TPS infiltration ? Splinter Cell. Alors ? Ben, c’est pas toujours très clair, notamment à cause de cette foutue I.A. C’est bien simple : ce que proposait le trailer avec les différentes approches et possibilités étaient une promesse que les développeurs ont plus ou moins réussi à tenir. Discrétion, action, infiltration, assaut, les missions peuvent être résolues, en théorie, différemment. « En théorie », seulement. En théorie, le jeu somme « Tom Clancy » !

Une proposition qui bien entendu ne pouvait pas forcément se tenir aussi facilement que ce qu’on en espérait. Car jouer en coop’, à deux, sans bot pour vous accompagner, et ce sont de longues soirées à vous angoisser pour chaque décision à prendre. Bien que la discrétion fonctionne toujours, il s’agit avant tout de ne pas se rater, parce qu’en l’occurrence, la situation risque de tourner très vite en votre défaveur, l’improvisation devenant vite une source de discorde entre ce que le joueur peut avoir en tête et ce que le jeu vous accorde. Tout ceci étant dû à un équilibrage bancal. Un tir manqué sur un type à 50 mètres de tout autre garde, et bim toute la caserne est au courant en un instant, sait où chaque Ghost se cache et est capable de vous trouver alors que vous êtes dans la jungle en tenue de sniper. La police méchante et corrompue vous voit allongé sur le bord de la route et la jeep s’arrête, vous canarde, fait appel à deux autres véhicules blindés et armés jusqu’aux dents, vous obligent à fuir, s’ils ne vous tuent pas avant ou vous font rater la mission. Les ennemis vous repèrent et c’est un festival de pruneaux parvenant à vous cibler avec précision malgré l’origine des tirs : au jugé, à 40 mètres, avec une mitrailleuse lourde ou deux pistolets mitrailleurs et akimbo, en courant dans votre direction.

Et alors ? Ben c’est le stress, l’appréhension, la tension. Certaines missions sont extraordinaires, certains environnements sont géniaux, les phases d’infiltration peuvent s’avérer gratifiantes si elles sont menées avec efficacité, l’action pétaradante a des airs de duels à midi par moment, et une grosse partie du jeu est une incroyable quantité de plaisir.

Mais arrive le troisième tiers du jeu… et là, ben c’est la galère, l’angoisse, la rage, l’interrogation et encore une fois, la stupéfaction de se dire que le jeu n’a pas été pensé pour ce genre de configuration. Et que peu ont dû s’en apercevoir. Une I.A. aussi mal équilibrée, aussi vieille, ça rappelle pourquoi on est dans la licence « Tom Clancy » : la même chose se produisait en 2007 sur Rainbow Six Vegas 2 où les terroristes/braqueurs étaient biclassés sniper/ninja dès lors que les joueurs étaient repérés. Et surtout les personnes en charge de la gestion de l’univers ne s’est pas dit « Oh bah, comme dans Far Cry 3, on va peut être supprimer les patrouilles intempestives dans les zones libérées » ou « Bon, après la mission dans laquelle le chef de la police est obligé de collaborer, ce serait bien que la Unidad soit moins virulente dans certaines zones »… Je sais pas moi, hein j’ai joué à quelques jeux et j’ai trouvé que ça marchait plutôt bien, alors bon.

Sinon, tout le reste tient la route : c’est du gun porn, il doit y avoir 100 flingues modifiables de la crosse à la bouche, une centaine de plus déjà modifiés et peinturlurés, déblocables dans le jeu ou avec de la vraie monnaie de la vraie vie, des tenues à gogo, des insignes, et d’autres trucs que les fans d’armes trouveront sans doute passionnants. La conduite est rigolote, la carte est classique mais sympa et c’est joli mais pas plus que ça.

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