Le Dieu du beat'em'all.

Avis sur God of War sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

God Of War n'a plus sa réputation à faire. Riche d'une saga de trois épisodes sur consoles de salon et de quelques heures sup' sur PSP, il est le beat'em'all de référence depuis ce premier ébat. Né des espoirs les plus fous du studio de développement Santa Monica, il est l'oeuvre d'orfèvre d'un groupe soudé autour de l'idée de réaliser le meilleur jeu d'action/aventure.
Partis de l'idée de représenter la Grèce antique le plus fidèlement possible, les développeurs ont progressivement glissés vers une débauche de stéréotypes « carte postale » pour aboutir à cette épopée sanglante jonchée des cadavres autant semés sur le chemin de Kratos que dans son esprit. Hanté par la perte de sa femme et de son bébé, il erre avec un seul but : détruire Arès ; le Dieu qui l'a asservi alors qu'il tentait de sauver sa peau.
Ce premier God Of War tient à lui tout seul la dragée haute puisqu'il se suffit à lui-même. Il est évident que le titre n'a d'emblée pas été conçu comme une trilogie puisque l'intrigue initiale est résolue dès la « délivrance » de Kratos. Seulement, ce sont les nombreux points d'ombre sur sa personnalité torturée qui vont constituer le terreau (mais surtout le prétexte à) des suites.
Mais là n'est pas la question, puisque God Of War, au-delà d'une bande-son incroyable, brille par sa mise en scène aisément qualifiable de cinématographique tant le sentiment de puissance entre nos mains est accru par le gigantisme des décors ; la plupart du temps mis en valeur par des contre-plongées méchamment bien senties. Et ne parlons pas des musiques ! Loin d'être au rabais, les orchestrations sont à couper le souffle et font penser à ce qu'a pu réaliser l'orchestre responsable de la bande sonore des Seigneur des Anneaux. Epique en diable !
Ainsi le ton comme l'ambiance reposent sur des stratagèmes éhontés mais qui font immanquablement mouche. On cherche avant tout à flatter le joueur dans son égo de mâle. Kratos est effrayant, méchant, démoniaque, redoutable et destructeur. Il incarne le fantasme sado-maso de l'athlète bodybuildé ne jurant que par le pugilat et les femmes de petite vertu (et l'alcool alors ?). En effet, il faut noter les nombreuses allusions plus (les QTE au lit avec les naïades) ou moins (les mouvements pour le moins évocateurs...) explicitées selon les situations à la sexualité débridée d'un spartiate du rang (de quasi demi-dieu) dont jouit Kratos.
Et bien évidemment, pour faire sentir tout cela au joueur, un Gameplay à tout épreuve appuie les nerfs d'acier du chauve colérique. Armé de muscles en béton (armé), il use d'un équipement à la disposition originale (deux lames enchainées à chacun de ses bras) comme varié. Flexible, le joueur s'adapte facilement grâce aux nombreux combos mis à sa disposition, mais également par ses pouvoirs « magiques », au nombre de quatre. Offerts par les dieux au fil de l'aventure, ils facilitent l'abattage de masse et les contre-attaque pour venir à bout des ennemis. Globalement classique mais efficace, ils sont suffisamment complémentaires pour qu'on n'ait pas à sentir de carence.
Et c'est avant tout parce que God Of War ne laisse aucune place au vide que le manque d'actions ne se fait pas sentir. Le seul manque que l'on pourra éprouver sera celui de devoir laisser Kratos affronter seul ses démons – intérieurs, cette fois-ci.

Seul défaut majeur : les angles de caméra vadrouilleurs qui font détester les phases de plate-forme.

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