Souffrir l'enfer... Pour un peu d'air pur.

Avis sur Hades sur PC

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Version PC

Trois moires, trois surprises

J'ai fait partie des premiers acheteurs d'Hadès.
C'était écrit par les Moires ; Un jeu de SupergiantGames (studio dont les créations sont toujours artistiquement au top), basé sur mon kink de la mythologie grecque, à la sauce Rogue Like ? Forcément, j'étais iencli. Si ils avaient fait une étude de marché pour cibler le public, je pense que j'étais en plein dedans. Et pourtant, Hadès ne m'a pas seulement plu, il m'a profondément surpris.

Un voyage avec les devs

Déjà, parce que le jeu est arrivé en early access.
Or pour moi, c'est souvent le signe d'un studio qui n'a pas su gérer son planning, qui t'impose un truc à peine fini avec des maj au petit bonheur la chance ; en somme, une grosse déception à venir.
Cependant, pour Hadès, SupergiantGames a été d'une propreté exemplaire ; La base du jeu était déjà là dés le début, et le rythme des ajouts a été à la fois très régulier et très bien pensé ; Chaque update ajoutait beaucoup d'éléments (niveaux, boss, armes) mais aussi se concentrait sur un personnage : Les devs en profitaient alors pour révéler son vrai design, démasquant la silhouette obscure qui occupait auparavant le devant de la scène, et dévoilant en même temps une partie de l'histoire.
De cette manière, le joueur ne vivait pas simplement chaque update sous l'angle du pur gameplay mais aussi de l'univers du jeu qui s'étoffait, et faisait enfler la part de mystères contenus dans l'Hadès.

Les mystères des Enfers

La seconde surprise, ce fut justement cette histoire.
J'avoue avoir acheté Hadès pour sa DA et la promesse d'un jeu nerveux, mais jamais je n'aurai cru que la trame du jeu fut autre chose qu'un prétexte à faire et refaire des tentatives d'évasions au profit de ce pauvre Zagreus. En réalité, rien n'est plus éloigné de la vérité : L'histoire est vite devenue à mes yeux un moteur de motivation, non seulement pour jouer au jeu, mais surtout pour m'acharner à essayer de le finir.
J'assume d'être un public assez difficile quand les oeuvres parlent de mythes, et surtout de mythes grecs, que notre époque a tendance à massacrer. Mais Hadès fait quasi un sans faute pour l'instant (je pense être pas très loin de la fin) ; Les personnages sont attachants, l'intrigue se dévoile lentement et les enjeux s'éclaircissent avec le temps, et chaque petite référence à la culture antique est très bien sentie. La cerise sur le gâteau c'est que le tout est très actuel, et on se sent très facilement investis dans cette histoire, aidés par des dialogues et un doublage au poil. Mais bon, tout ça c'est l'enrobage, qu'en est il du gâteau proprement dit ?

Dash, dash, cast, dash, attaque...

La troisième surprise, ce fut le gameplay.
Je m'attendais à quelque chose de nerveux, mais pas d'aussi nerveux, et surtout pas d'aussi précis. Hadès, c'est un jeu qui vous impose un petit temps pour complètement le prendre en main ; Pas tant parce qu'il aurait choisi (comme d'autres Rogue Like) d'imposer un gameplay restrictif et frustrant à dessein. C'est totalement l'inverse : Il s'agit d'un jeu sur lequel vous aurez besoin de temps pour saisir l'éventail de ses possibilités.
Pourtant, dans l'idée, c'est simple comme bonjour : Trois types d'attaques, un dash, un pouvoir ultime. Mais c'est dans le rythme qu'Hadès tire son épingle du jeu : Un dash, trois attaques, dash, spécial, dash, dash, cast... Mais outre la montagne de pouvoirs divins et d'armes (avec variantes) qui diversifient énormément les runs et vous donnent d'énormes possibilités de building pour votre personnages, toute la subtilité -l'Essence même !- du gameplay d'Hadès tient dans la micro-seconde où vous allez réagir à la situation. Là où Isaac, Spelunki, FTL, Darkest Dungeon et bien d'autres reposent sur l'anticipation et le fait d'avoir un bon plan de jeu, Hadès, lui, repose énormément sur votre capacité à garder la tête froide, à prendre la bonne décision au bon moment, à sentir l'adversaire juste avant son attaque, et à toujours avoir un coup d'avance.

En somme, c'est une danse où vous gagnez si vous allez juste un peu plus vite que l'adversaire, et où chaque erreur se paye au prix fort. Mais qu'importe les coups, il est des forces de l'univers qu'aucune barrière ne saurait arrêter. Et tel une âme sombre ou un loup solitaire japonais, Zagreus jaillira à nouveau de la rivière des morts pour pouvoir, l'espace d'un instant, goûter à la lumière du soleil.

Attends...

... C'est Sekiro en fait ?

Bah ouais, c'est un peu Sekiro en 2D, et en Rogue Like, et différent... N'empêche que les sensations en jeu me semblent vachement similaires, surtout contre les bos... Et mon problème avec cela c'est que, comme Sekiro qui m'a ruiné les jeux d'action, Hadès est un peu en train de me ruiner les rogue like lents et imprécis (déso Undermine, t'es arrivé trop tard dans ma vie).
Mais c'est le fardeau des grands jeux.

Au final, Hadès est une vraie réussite d'un studio indé qui mérite chacun de ses succès alors si vous sentez que ça peut être votre cam, hésitez pas. Surtout que le contenu est gargantuesque, si vous accrochez, vous en aurez pour votre argent. Très franchement, si les devs continuent à donner du contenu au jeu, ça sera une référence du genre pour des années.

Ah, et comme attendu, l'OST est une TUERIE.

Edit : Note maximale accordée après avoir passé les crédits du jeu et tâté du vrai post game.

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