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Avis sur Heavy Rain sur PlayStation 3

Avatar JulieFtis
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Version PlayStation 3

J'ai acheté une PS3 pour 2 choses : les exclus et les blue-ray.
Et qui dit exclu PS3 dit Heavy Rain. ...Moi perso ce qui m'a titillé à son sujet ce n'est pas tant le battage autour de ce jeu atypique que les abyssales divergences d'opinion le concernant. Après tout mon avis est pas pire qu'un autre et j'ai décidé que j'avais très souvent raison. Donc taihiot !

Petite précision pour commencer : je joue habituellement sur 360 depuis des années, essentiellement des RPGs et de l'action third person... et je viens JUSTE d'acheter la PS3 (seconde génération, le design de la 3e est dégueulasse). Alors pour moi, faire bouger sa manette en jouant est aussi naturel que d'aller conduire du mauvais côté de la route en Grande-Bretagne.
Quelle ne fut donc pas ma surprise quand j'ai dù gesticuler sur mon canapé pour qu'Ethan fasse l'avion avec son gosse dans le jardin. Je déteste le motion gaming, sérieux... Et j'ai facilement foiré la moitié des actions critiques à cause de ce manque d'aisance alakon.

Ha oui, une autre chose que je maîtrise pas du tout : les QTE. Assez mauvais souvenir récent à cause des timing foirés sur le dernier Tomb Raider sans oublier que, je le rappelle, je suis habituée au pad de Microsoft moi.
Bon on se calme, j'ai une autre bonne excuse : ces QTE sont un peu nazes. Car si on exclu ma réactivité de limace, y'a ici un gros problème de lisibilité ! Combien de fois j'ai recommencé la phase de slalom entre les pilones électriques simplement parce que la TOUTE DERNIERE touche à appuyer pour passer sous le TOUT DERNIER fil devait être "tapotée" et non pas "maintenue enfoncée" ?? Ca m'a faite rager de devoir mater une soluce sur youtube pour ca mais j'en avais vraiment ras-le-bulbe.
Et idem pour les choix de textes quand le perso pense ou bien s'apprête à parler. Ok mon LCD est pas gigantesque, mais c'est juste TROP PETIT. Je vois pas à quelle touche correspond telle phrase ! Rageant de devoir relancer sa sauvegarde pour chaque décision malheureuse...
Enfin, gageons que cette rigidité de déplacement est digne d'un Resident Evil. Mais bizarrement moi j'aime bien. Sauf quand je tourne autour d'un objet interactif parce que mon perso est pas foutu de s'arrêter devant.
Par contre ça aurait été plutôt pas mal que les persos enlèvent le balai qu'ils ont dans le fondement lors des cinématiques (surtout que ça la fout mal après ce making-of ultra-suffisant sur la magie de la Motion-Capture). Certes, les textures et les visages sont chouettes et bien fignolés, mais l'animation c'est pas trop ça. Et en découle le baiser numérique le moins naturel de l'histoire du jeu vidéo (sérieux les gars, si vous maîtrisez pas faut pas zoomer comme ça...).

Voilà pour la partie chiante du gameplay, la partie beurk.
Pour un point de vue plus subjectif, je dois dire que dans les jeux j'ai tendance à être assez maniaque. Alors si une licence me donne la possibilité de mettre la table ou de pouvoir me laver les mains après avoir fait pipi, je dis banco. En cela, la première phase de jeu est un excellent tutoriel et compense l'aspect non-immersif d'un jeu à la 3e personne en vous plongeant de manière réaliste dans le train-train quotidien de monsieur tout-le-monde (oui oui, moi aussi j'aimerais bien avoir sa baraque).
Et je ne peux tourner la page sans dire que les phases d'action m'ont quand même prise à la gorge. Tantôt parce que chaque manière d'effectuer cette action semble savamment étudiée pour suggérer l'effort réel du geste, tantôt parce que la scène était tout simplement super immersive (Madison+tronçonneuse+chirurgien fou BRRR).

J'ai aimé ...sans aimer... l'ambiance morose du jeu. Personne n'aime quand la météo est aussi pourrite. Mais la pluie est ici un acteur à part entière. Elle reigne sur le temps et sur la vie en sursis. Elle trahit les émotions, appose sa marque, donne son identité au titre de Quantic Dream. On est comme en flottement dans tout ce "blur", les yeux humides et le nez froid. Tout est flou et pâle, comme dans un demi-rêve. Difficile alors, pour le joueur comme pour son avatar, de distinguer la réalité de l'imagination. Heavy Rain en devient alors presque mystique. Oui je suis poètesse.

Passons à l'histoire. Et cachez vos prudes mirettes si vous ne l'avez pas fini.
Dans l'ensemble, plutôt bien fait. Chacun de vos 4 personnages progresse dans l'intrigue de manière synchronisée, chacun à sa manière, avec ses armes. Cela apporte un Plus scénaristique à un schéma somme toute très classique (prenez Saw, prenez Seven, mélangez et servez chaud).
Vos protagonistes ont tous leurs failles et celles-ci se dévoilent davantage si vous prenez le temps de lire régulièrement leurs pensées. Après gageons qu'ils n'ont pas tous le même potentiel à susciter l'empathie (ou le désir, hein petits coquinous vous vous êtes tous bien rincé l'oeil avec Madison à oualp sous la douche, avouez !). Dans mon cas, j'admets que la malchance chronique d'Ethan, couplée avec son côté papa-courage et son regard de cocker implorant un gratouilli entre les oreilles, m'ont davantage touchée que la brillante carrière d'un enquêteur du FBI accro aux drogues dures. (Petite parenthèse : Ethan, ta copine est super bien roulée mais toi tu devrais faire un peu de muscu. M'énerve ce schéma dans les couples, regardez à la télé dans les pubs c'est toujours comme ça. Voilà c'était totalement sans intérêt.)
En ce qui concerne la fin, je précise que je n'ai fait le jeu qu'une fois pour l'instant et que j'ai apparemment obtenu la Bisounours. Youpi tout va bien ! Je suis une fausse rebelle.Et une maniaque.Si c'est pas parfait, alors quel intérêt ? ...ok je recommencerai par curiosité, dans un an ou deux seulement car je ne pige pas où est le plaisir de se retaper tous ces QTE cauchemardesques de suite. Tout cela pour dire que je suis incapable de relever les incohérences décriées ça et là dans les critiques des autres joueurs.
Lors de la révélation finale, j'ai juste mis un peu de temps à piper que Scott ne souffrait pas d'un dédoublement de la personnalité, mais qu'il enquêtait bel et bien sur un meurtre. Meurtre perpétré par un copycat qui imitait grossièrement son propre mode opératoire. Et du coup, sa bienveillance envers la mère de la victime prenant tout son sens. Quoique. Oui, je me parle à moi-même dans ce dernier paragraphe. Je suis encore en train de comprendre des trucs. Ou pas. BREF au moins dans cette partie du jeu on est pas pris pour des teubés à qui il faut tout expliquer, ça change.

Donc au final, je mets 7/10 sans être sure de ma note. Mais je pense que cette rémanence qui constitue l'impression positive laissée par ce jeu découle surtout de sa singularité. Fallait oser, que cela soit bien fait ou non. Si vous lisez les critiques du jeu de bout-en-bout, soit vous l'avez déjà fini soit vous êtes hermétique aux spoilers ; dans les deux cas votre opinion est déjà faite. ...Ou pas. Peut-être que, comme moi, vous avez encore du mal à savoir ce que vous en pensez. ;)

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