Outrepasser le statut de clone.

Avis sur Heretic sur PC

Avatar MagnusRathoriel
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Version PC

Raven Software était un développeur particulièrement intéressant durant les années 90 jusqu'à la fin des années 2000, où il ne fût plus qu'un studio de seconde zone assistant seulement la production minable de la série Call of Duty.

L'une des particularités du studio qui retient l'attention, c'est de faire usage de la technologie id Software et de repousser les limites de celle-ci, tout en créant son propre univers.
Heretic et la courte série de jeux qui s'ensuivit en est le plus brillant exemple.

Tournant sur le Doom Engine, Heretic propose un univers médiévale fantastique partiuclièrement sombre, impitoyable. Et contrairement à Doom, le scénario est plus fouillé, sans être non plus un véritable chef d'œuvre.
Vous incarnez Corvus, un mage elfe en quête de vengeance contre D'Sparil, chevaucheur de serpent et cadet d'une fraterie de trois puissants démons ayant fait usage de leur puissante magie afin de posséder septs roi de Parthoris, devenus alors de vulgaires marionettes.
Les Sidhe, race elfe dont Corvus fait partie, sont alors forcés après avoir résité de faire usage de tout leur pouvoir possible, quitte à s'affablir, afin de repousser la magie des Chevaucheurs de Serpents.
Ces derniers alors profitent d'un avantage afin d'éliminer les ancients Sidhe, forçant les elfes à la retraite.
Corvus se lance ensuite dans un long voyage périlleux où l'attendent démons, créatures maléfiques et morts vivants afin de porter un coup dur aux Chevaucheurs de Serpents.

Au premier abord, Heretic semble être un clone de Doom dans un univers médiéval. Cependant, la création de Raven Software propose une approche très différente de ce qu'on peux trouver chez le titre de id Software.
Le jeu bénéficie d'un système d'inventaire encore inédit à l'époque, où le joueur pourra sotcker dix types d'artéfacts qui l'aideront dans son périple.
Une torche, la Sphère des Ombres (pour devenir partiellement invisible et invulnérable au attaques non magiques), le Tome de Puissance (qui permet d'utiliser des attaques alternatives très forte pendant un court instant), l'Anneau d'Invulnérabilité, les Ailes de la Colère (permettant au joueur de voler), l'Emblème du Chaos (qui téléporte le joueur au point de départ du niveau), la Flasque de Quartz (pour se soigner), la Bombe à Retardement des Anciens, l'Urne Mystique (qui recharge intégralement la barre de vie), et enfin la Morph Ovum (qui transforme plusieurs ennemis en poulet... oui oui je ne raconte pas des craques...).
Le seule bémol à émettre, c'est la pénibilité de navigation de l'inventaire, puisqu'il faut laborieusement appuyer sur la touche d'objet suivant/précédent jusqu'à l'objet désiré. En plein combat c'est un poil tendu...

Mais qu'en est-il des armes?
Le joueur commence avec un bâton pour le combat de mêlée, qui n'est pas utile pour un clou. Mais il a aussi droit à un bâton elfique tirant des projectiles magiques à une cadence raisonnable. Ceux-ci, avec l'utilisation du Tome de Puissance, pourront infliger d'avantage de dégâts, mais surtout, le bâton elfique tirera trois projectiles en même temps.
Puis, au fur et à mesure, Corvus trouvera les Gantelets du Necromancien, que je nomme affectueusement les "Guilis de la Mort", redoutablement efficaces en mêlée surtout avec le Tome activé, offrant un vol de vie par dessus le marché.
Une Arbalèthe Éthérée, tirant un projectile explosif et deux autres plus petits en même temps, doublés avec le Tome.
La Serre de Dragon, au tir rapide et aux dégâts non négligeables de base, qui seront encore plus ridicules avec le Tome, générant à chaque impact une volée de projectiles.
Le Bâton de l'Enfer, qui est aussi classe que son nom. Encore plus fort que la Serre mais qui lorsque utilisé avec le Tome, génère une pluie rouge sur la zone d'impact, faisant agoniser l'ennemi à petit feu... littérallement.
La Canne du Phénix, lançant des projectiles explosifs surpuissants, et faisant office de lance-flammes avec le Tome.
Et enfin la Masse de Feu, générant des boules de métal causant des dégâts raisonnables, la dixième faisant le triple. Avec le Tome de Puissance, cette arme est dévastatrice, générant des boules de métal encore plus grandes capables d'éliminer la plupart des ennemis d'un coup.

Vous l'aurez compri, cet arsenal réserve un joli lot de surprises et il est difficile de revenir en arrière après avoir goûté au plaisir de dézinguer du démon avec des armes aussi redoutables.

Le bestiaire est varié et inventif, gargouilles, golems, spectres, liches... Heretic propose une palanquée de bestioles dangereuses, requierant au joueur de faire preuve de ruse et de vigilence afin qu'il puisse les battres. Il n'est guère question de bourrinage cette fois, mais bien d'attaquer au moment propice et de faire bon usage des outils mis à sa disposition.
Chaque créature bénéficie d'un visuel soigné qui les démarques l'une de l'autre, sans paraître hors sujet.
Et la plupart possède plusieures attaques, que ce soit une de mêlée et une à distance, ou trois types de sorts. Raven Software a fait preuve d'inventivité pour son bestiaire et s'en sort avec brio.

Et tant qu'on est dans le visuel, les environnements repoussent les limites du Doom Engine. variés, le joueur traversa des catacombes, un port, des citadelles, des dômes de cristal sous marins, un immense volcan...
Le tout est préparé aux petits oignons pour un jeu de cette époque.

Mais bien que l'opus de Raven Software bénéficie grandement d'une identité très marquée qui lui permet largement de sortir du lot, Heretic possède une tare qui lui est aujourd'hui devenue légendaire.
Outre le côté labyrintique de certains niveaux, le jeu fait souvent appel à l'activation d'interrupteurs dont le joueur n'a pas toujours la moindre foutue idée de ce à quoi il est relié.
Et encore, cela ne se voit guère dans les premiers chapitres...
Mais c'est à partir du quatrième chapitre que ça se gâte...

Il semblerait que les développeurs aient même carrément pété un plomb, puisque outre le fait que le chemin à suivre n'est pas bien clair, voire même vicieusement caché, la difficulté décolle vers la stratosphère et le joueueur n'aura plus le droit à l'erreur sous peine de mort particulièrement douloureuse.
Il faudra même par moments se résumer à appuyer sur le champignon sans prendre la peine de tout déblayer sur son passage, faute de ressources nécessaires.
Pour être honnête, le quatrième chapitre est un véritable parcour du combattant qui testera la patience du joueur.

Il est aussi dommage que Heretic n'ai pas eu droit à une bande originale digne de ce nom, puisque la musique semble être un peu hors de propos la plupart du temps, n'évoquant guère l'exploration d'un monde infesté de créatures magiques.

Heretic est un FPS digne d'être hissé au panthéon de ce qu'il s'est fait de mieux à l'époque de l'explosion du genre avec l'apparition de Doom.
Et quoi de plus fort pour Raven Software que de surpasser ce défit en créant l'opus suivant qui deviendra une référence du genre?

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