Far Cry : Zero Dawn. Rien de bien neuf à l'Horizon

Avis sur Horizon: Zero Dawn sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

J'aurai tardé à le faire ce jeu qui était pourtant une de mes plus grosses attentes de l'année 2017. Il faut dire que plus la sortie approchait, plus je sentais venir le jeu en open world à la sauce Ubi Soft. Chose qui s'est confirmée par le test de Gamekult, un des seuls à avoir eu le courage de véritablement pointer du doigt les réels défauts de ce jeu, étrangement (ou pas) passés sous silence par bon nombre d'autres tests professionnels. Car effectivement, si on est tout de même un cran au dessus des derniers Assassin's Creed, ce Horizon n'est pas la claque annoncée lors des premières bande annonces.

Ubisoft, sors de ce corps !

Car au départ, il ne faut pas oublier qu'on nous vendait un survival en monde ouvert, dans un contexte post-apocalyptique où la nature a repris ses droits aux côtés de mystérieux monstres mécaniques. La promesse était plus qu'alléchante, et les premières présentations dénuées d'interface laissaient présager un trip exploration/chasse de premier choix. Malheureusement, Guerrilla Games, c'est pas la Team Ico, et le principe de conception par soustraction, c'est pas leur truc. C'est même tout l'inverse. Ainsi, le jeu est en fait un monde ouvert complètement pompé sur Far Cry, avec sa carte à dévoiler, ses collectibles sans intérêt à ramasser pour les péquenauds du coin, ses carcasses d'animaux à récupérer pour crafter de l'équipement, ses pnj interchangeables qui proposent des quêtes souvent peu intéressantes, ses zones de chasses indiquées sur la map, ses missions défi à compléter, ses sous-quêtes (parfois quêtes principales) de guerres de tribus dont on n'a rien à carrer. Même le menu du jeu est une repompe intégrale du FPS d'Ubisoft, et ce jusque dans son sound design, c'est assez déconcertant. Au final, il n'y a que 2 choses qui distinguent Horizon de Far Cry : sa vue à la 3ème personne, et son système de combat, grand point fort du jeu.

Et mon arc, tu l'aimes mon arc ?

Car heureusement, si durant mes 38h de jeu je n'ai cessé de déplorer la pauvreté de l'open world en terme de conception (jamais pensé pour une exploration libre, hormis pour la jolie balade), ses phases d'action m'ont accroché du début à la fin, sans jamais ressentir une once de répétitivité (bien que le jeu le soit). Dans un jeu aussi passe partout en apparence, il est étonnant et réjouissant de voir à quel point Guerrilla n'a pas oublié de proposer un gameplay complet et exigeant. N'espérez pas vous débarrasser des ennemis en bourrinant ou en les criblant de flèches, vous ne leur feriez que très peu de dégâts, et ils auront tout le temps de vous réduire en charpie en quelques coups. Car oui, on meurt très facilement, et il va falloir gérer les esquives et les ressources de soin pour ne pas voir le game over s'afficher trop souvent. Et pour terrasser les ennemis, il faudra compter sur un grand nombre d'armes et de types de munitions, toutes utiles sans exception ! Il va falloir apprendre à tirer des flèches soniques pour délester les machines de leurs armures, ou parfois de leurs armes que l'on pourra ramasser pour les utiliser contre elles, à poser des pièges, à tirer des bombes glacées pour diminuer leurs défenses, à enflammer leurs bonbonnes de gaz pour provoquer une explosion dévastatrice, à retenir les plus véloces d'entre elles à l'aide du lance-câble, etc. Les possibilités sont très très nombreuses, et comme je le disais, toutes utiles de par la variété des ennemis. Du tout début jusqu'au boss de fin (qui n'est malheureusement qu'une version ++ d'une machine déjà affrontée plusieurs fois dans l'aventure), on s'éclate avec ces joutes. Ajoutez à cela la possibilité de jouer la carte de la discrétion et de pirater les machines pour qu'elles s'affrontent entre elles, vous obtenez un gameplay des plus complets. Sur ce point, Guerrilla n'a clairement pas chômé.

Et ma plastique, tu l'aimes ma plastique ?

Et s'il y a bien un autre point sur lequel ils se sont défoncés, c'est sur la patte artistique. Je vais pas y aller par 4 chemins : Horizon : Zero Dawn est le plus beau jeu du monde. Voilà, c'est dit. Plus qu'Uncharted 4 ? Oui messieurs dames. Car si le AAA de Naughty Dog offrait quelques paysages peut-être un peu plus renversants encore, il ne s'agissait pas d'un monde ouvert. Là, c'est le cas, et graphiquement, on est au niveau des chapitres à Madagascar dans U4, mais tout en monde ouvert, avec cycle jour/nuit et conditions météo aléatoires. Jamais de ma vie de joueur je n'avais vu un monde ouvert aussi beau, et surtout aussi bien optimisé. Car Horizon n'est pas juste beau à pleurer, il est également une bombe technique. Le jeu tient son 30 fps constant, sans jamais faillir, quelque soit la situation. Et on va pas se mentir, si les graphismes ne font pas un jeu, ils contribuent tout de même à l'immersion et au plaisir de la balade. Car oui, cette claque technique et artistique parvient, par moments, à faire oublier les défauts de conception de cet open world. On se surprend parfois à juste errer pour le plaisir d'en prendre plein la vue, et de faire de jolies captures d'écran via un mode photo plus que bienvenu.

Cette claque technique s'obtient toutefois par une concession qui devient vite assez flagrante : la quasi absence de moteur physique. Si les feuilles et la végétation bougent bien (c'est scripté), on ne peut interagir avec presque rien, tout reste tristement figé, et on rejoint là les problèmes de conception de l'open world évoqués plus haut. Ce monde est avant tout un décor, et non un terrain de jeu. Et c'est réellement frustrant de ne pas pouvoir s'amuser avec l'environnement, de ne pas pouvoir le parcourir comme on le souhaite, de ne jamais ressentir ce souffle de l'aventure à la simple idée de pouvoir aller à tel ou tel endroit. S'il est imbattable sur sa qualité graphique, Horizon se prend une gigantesque fessée par Zelda BotC pour son moteur physique et pour sa façon de concevoir un monde ludique.

Histoire de finir

On se laisse toutefois porter par l'aventure, et par son histoire qui se révèle suffisamment intrigante pour avoir envie d'en découdre, et ce en dépit d'une narration assez loupée, entre égarements multiples dans des sous-intrigues de rivalités tribales et phases sur-explicatives, toujours plutôt deux fois qu'une. Toute la fin du jeu, aussi intéressante soit-elle, se perd ainsi dans un tunnel de dialogues et autres audiologs nous expliquant tout, en long, en large, en travers. Dommage, car l'univers post-apocalyptique du jeu est réellement intéressant, et il y avait moyen de faire quelque chose de bien plus palpitant pour l’exploiter.

Au final, Horizon est une aventure parsemée de défauts, qui ne mérite clairement pas le tunnel de louanges que l'on a pu voir. Mais il parvient tout de même à accrocher grâce à son gameplay riche et sa patte graphique fabuleuse et particulièrement immersive. Et puis, n'oublions pas d'évoquer Aloy, véritable héroïne dotée d'un fort caractère. Un beau personnage féminin comme on aimerait en voir plus souvent.

Les +

  • Direction artistique magnifique
  • Techniquement à tomber, et parfaitement optimisé
  • Les combats contre les machines, grisants
  • Univers intéressant, background très riche
  • Aloy, beau personnage
  • Le mode photo

Les -

  • Un open world mal conçu, pensé avant tout pour en mettre plein la vue
  • La narration foireuse
  • Allô, le moteur physique ?
  • Beaucoup de sous-quêtes pénibles
  • Les combats contre les humains
  • La sensation de jouer à Far Cry à la 3ème personne...
7/10

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