Katana que l'amour

Avis sur Katana ZERO sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Dernière sensation indépendante sortie du giron des sales gosses de Devolver Digital, Katana Zero pourrait être l'enfant illégitime de Hotline Miami et Metal Gear Solid.

Du titre de Dennaton Games, le rejeton aura pris un goût immodéré pour l'homicide volontaire avec préméditation et l'ADN fake 80's néon, tant dans sa bande son que sa direction artistique. Une esthétique tape à l’œil et pixelisée, beaucoup plus propre que celle de son ascendant, enveloppe le titre pour une composition artistique cohérente et paradoxalement facilement identifiable, en dépit du nombre de productions quelconques surfant sur cette vague nostalgique que je ne désespère pas de voir un jour au bout du rouleau.
Du second parent, Katana Zero aurait chipé un discours à tiroirs s'effeuillant progressivement, une éclaboussure d'hémoglobine après l'autre. Naviguant à vue entre théories du complot, expérimentations contraires à l'éthique, retombées politiques et une mémoire recouvrée pas-à-pas, le jeu jalonne la progression du joueur de plot-twists, alternant entre révélations frappantes et une poignée de bosses bavards à trucider.

Oui, le voyage hallucinatoire d'Askiisoft vaut la peine d'être mené à son terme, ne serait-ce que pour embrasser le climax final et arracher le fin mot de l'histoire à la carcasse du dernier ennemi.
Mais pour y parvenir, moins de quatre heure après avoir mis un orteil dans la vie compliquée du ronin en robe de chambre, il faudra se frotter au gameplay du soft.
Les premières minutes sont agréables : le personnage répond au doigt et à l’œil, virevolte en scrolling horizontal, remuant sa lame d'acier dans les tripes d'un cheptel d'hommes de main à l'abattoir, exécute des ralentis classieux ou des rewinds façon Prince of Persia. Puis par manque de véritable renouvellement du core gameplay, on adopte un rythme de progression soutenu, rarement contrarié par la difficulté très abordable de l'ensemble, ou par un level design souvent en pilote automatique. Les situations s'enchaînent et se ressemblent malheureusement, la faute à un bestiaire limité et un enrichissement de la boucle de gameplay presque inexistant. Certes le jeu aménage quelques rares petits sursauts comme les grenades fumigènes, les explosifs, les ennemis à bouclier ou une composante d'infiltration anecdotique, mais sur le peu de temps passé à actionner stick et boutons, difficile de ne pas se réjouir que l'aventure soit pliée si vite.

Katana Zero demeure en l'état un chouette petit jeu dont il me semble aisé de s'amouracher.
Je reste persuadé que quelques aménagements de gameplay supplémentaires tels le système de masques d'Hotline Miami et un arsenal plus varié m'auraient permis de passer outre une petite déception côté level design. Tout dépendra donc de votre affinité avec la direction artistique du jeu et la proposition scénaristique.

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