You know nothing of suffering…

Avis sur Kena: Bridge of Spirits sur PlayStation 4

Avatar CChris8
Test publié par le
Version PlayStation 4

NARRATION
Histoire : * * *
En quête d’un sanctuaire sacré au sommet d’une montagne, la jeune Kena découvre les ruines d’un village en son pied, seulement habité par les fantômes de ses anciens résidents et dévasté par une corruption maléfique. Mais notre héroïne est une Guide des esprits, dont la vocation est de faciliter le passage des âmes vers l’au-delà ; elle sera donc amenée à rassembler les souvenirs d’esprits égarés pour les accompagner dans le deuil de leur vie passée, et ce tout en restaurant la beauté de la nature environnante.

L’histoire de Kena: Bridge of Spirits est certes minimaliste, mais elle s’intègre très bien à une expérience qui se veut globalement épurée. En plus d’être portée par de magnifiques cutscenes dignes des meilleurs films d’animation, la narration se permet d’aborder (effleurer ?) avec pudeur des thématiques touchantes, comme la mort ou les regrets... Rien de bien transcendant non plus, mais le jeu a le mérite de mettre en scène quelques jolis moments, principalement lors de ses cinématiques post-boss principaux.

Personnages : * * *
A l’image de son histoire, les personnages de Kena sont très peu développés, mais leur design et leur réalisation participent à les rendre attachants : que ce soit les Rots, ces petits êtres de la nature adorables, Kena elle-même ou les personnages secondaires, l’ensemble du casting bénéficie grandement de l’expérience d’Ember Lab dans le cinéma d’animation. On aurait toutefois aimé en savoir un peu plus sur son héroïne, même si quelques indices distillés çà et là suggèrent avec subtilité les motivations de son pèlerinage vers la montagne sacrée.

Lore : * * *
Kena: Bridge of Spirits propose un bel univers, dont les influences provenant de l’hindouisme balinais et du shintoïsme japonais se font ressentir. Bien que trop avare en détails – ce qui aurait pu rendre le tout plus profond et plus intéressant – le passé de ce village détruit par un cataclysme soudain, tel un Pompéi mystique, intrigue ; on pourra d’ailleurs s’amuser à visiter ses anciens lieux de vie (sa forge, son onsen, son port…) maintenant aux mains de la végétation. Notons aussi comme référence évidente Princesse Mononoké, que ce soit dans sa forêt enchantée, le parallèle Rots/Kodamas ou bien sa destruction totale par une nature corrompue…

JEU
Game Design : * * *
Classique. C’est le terme évident à accoler au game design de Kena: Bridge of Spirits : nous sommes en effet face à un zelda-like alternant des phases de plateformes, d’énigmes et de combats n’inventant rien dans leurs principes, empruntant même quelques idées par-ci par-là (coucou Okami et Dark Souls). Mais l’expérience n’en est pas désagréable pour autant, loin de là quand on apprécie un tant soit peu le genre…

Gameplay : * * * * *
S’il y a bien un point où l’aventure surprend, c’est sur l'excellence et l’exigence de son gameplay. Sous ses airs de gentil jeu familial, Kena cache en effet une expérience plus challengeante qu’on pourrait croire. Portées par des animations de grande qualité, les phases de plateformes, mais surtout celles de combats, recèlent une profondeur inattendue : les nombreux boss sont très bien pensés, à l’image du bestiaire général, et demanderont une bonne connaissance ainsi qu’une certaine maîtrise. Rien de bien insurmontable, puisqu’une dizaine d’essais devrait suffire pour défaire les principaux (en normal), mais le défi proposé est suffisamment varié et plaisant pour être salué !

Level Design : * * * *
Le jeu est constitué d’un monde semi-ouvert divisé en trois zones principales (le village, la forêt, les champs), ainsi que d’autres "donjons" plus secondaires, parsemés de sympathiques énigmes environnementales. Le tout reste cohérent et plutôt bien construit, proposant de nombreuses zones annexes qu’on ne pourra atteindre qu’une fois de nouvelles capacités débloquées.

PERSONNALITÉ
Direction artistique : * * * * *
D’un point de vue visuel, difficile de croire que Kena est le premier jeu d’un studio indépendant au budget restreint ; le jeu brille en effet par la réalisation de ses personnages et de ses décors, dépeignant des environnements enchanteurs et bucoliques qu’il est toujours un plaisir de parcourir : forêt mystique, village à l’abandon, grottes phosphorescentes, montagne enneigée… Une superbe direction artistique de bout en bout !

Ambiance : * * * *
L’atmosphère du jeu passe principalement par ses musiques d’ambiance aux sonorités asiatiques et méditatives. L’immersion globale est ainsi très réussie, se permettant parfois quelques moments de grâce, comme l’arrivée sous l’orage devant l’Arbre de Taro, avec ses majestueux effets de lumière qui percent à travers les branches, ou encore la progression finale vers le Cœur du Village, et ses chœurs entêtants et mystiques.

Musiques : * * * * *
Une bande son magnifique. Les divers morceaux composés par Jason Gallaty mettent à profit plusieurs instruments typiques de Bali et excellent tout aussi bien dans les musiques d’ambiance (Trapped Spirits, Ascending the Mountain…) que de combats (Kappa, Tree Guardian…). Pour l’instant, la meilleure bande originale de 2021 !

CONCLUSION
Au vu de ses dernières campagnes de communication, Kena: Bridge of Spirits semblait tout droit se diriger dans la catégorie des petits jeux indés, mignons et puis c’est tout. Mais quelle agréable surprise de découvrir une expérience complète et maîtrisée de bout en bout (compter une dizaine d’heures pour finir l’aventure), qui ne marquera pas par l’originalité de ses idées, mais plutôt grâce à sa patte visuelle et sonore, et par un gameplay plus étoffé qu’à première vue. Sans compter que le résultat est auto-édité par un jeune studio dont c’est le premier jeu : pour un coup d’essai, c’est en tout cas une très belle réussite !

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 188 fois
2 apprécient

Autres actions de CChris8 Kena: Bridge of Spirits