Chaud, Kholat, chaud ! (désolé)

Avis sur Kholat sur PC

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Version PC

Je viens de terminer "Pekin Express Simulator : A Russian Adventure" en mode "le bruit du vent m'angoisse".

Et je peux dire qu'il y avait bien longtemps que je n'avais pas eu autant envie de lâcher un jeu en cours avant de l'envoyer voler par la fenêtre (sauf que je l'ai en démat' et que j'aurais dû balancer l'ordi avec, ce qui n'aurait pas forcément arrangé à mes affaires).

Pendant les deux premières heures, on se perd, on essaie de comprendre ce qu'on doit faire, on se perd, on essaie de comprendre où on doit aller, on se perd, on essaie de ne pas se perdre, on se perd quand même et finalement, on essaie laborieusement de revenir à notre point de départ pour tout reprendre à zéro. ET ON SE PERD.

Ha, et de temps en temps, pour pimenter, on tombe dans un ravin et c'est le game over. Ou on tombe sur un monstre invisible invulnérable qui nous one-shotise la face et c'est le game over. Ou on passe à travers le sol à cause d'un bug et c'est le game over.

Alors c'est sûr, c'est beau, mais enfin, faut quand même aimer la neige et les cailloux parce que question diversité, le grand frisson, c'est quand on tombe sur un lac gelé ou sur une grotte. ça fait quand même pas lourd du tour operator. D'autant que tout se passe de nuit. DE NUIT, BON SANG. EN PLEINE TEMPÊTE DE NEIGE. MAIS C'EST QUOI, LE PROBLEME DU PERSO PRINCIPAL ?

Pendant les deux heures suivantes, j'avoue, on en a tellement bavé qu'on se sent fort en arrivant à déchiffrer (un peu) la carte et à se perdre, mais moins (magnifique carte sur laquelle notre progression n'est pas indiquée, non plus que l'endroit où l'on se trouve. Ce serait trop facile, dans un monde ouvert qui se résume à des montagnes enneigées où rien ne ressemble plus à un caillou qu'un autre caillou, où on se bouffe du blizzard toutes les deux secondes et où en plus des chemins, on peut couper à travers à peu près tout ce qui peut se traverser à pied. Oh, et ai-je mentionné qu'il faisait nuit ? C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup). On se surprend à aimer se la jouer boyscout de l'extrême et à mémoriser peu à peu la totalité de la carte jusqu'à connaître l'environnement par coeur. On a un vrai sentiment d'aventure et on se dit "enfin !".

Tant pis si le scénar' est un peu convenu et recycle à peu près tout ce qu'il y a à recycler dans le domaine du survival horror, ou si de temps en temps on a Sean Bean qui nous crie des trucs inutiles et cryptiques dans les oreilles. On se promène, et c'est sympa.

Puis viennent les deux dernières heures où on s'efforce laborieusement de réunir les dernières notes manquantes (la plupart étant superfétatoires, car n'apportant rien au récit), ce qui revient à chercher une aiguille dans une meule de neige avec un détecteur à métaux en papier crépon. Rebelote : on avance, on se perd, on recule, on se perd, on prend à droite, on se perd, et hop là, on passe à travers le sol : game over.

Une dernière ligne pas du tout droite aussi fastidieuse que les premières heures de jeu, qui finit de vous dégoûter de ce qui aurait pourtant pu représenter une belle alternative aux walking simulators "classiques", mais qui est gâché par un challenge mal pensé, une progression mal encadrée et un level-design généreux, mais (trop) impitoyable.

Ho, et sinon, la fin est une blague.

Ho, et sinon, la vraie fin est une blague aussi.

Heureusement qu'il y a Elizabeth McGlynn pour chanter le sublime générique de clôture, sans quoi le dénouement (ridicule) aurait fleuré bon l'escroquerie.

Dommage, vraiment dommage.

Maintenant, je rêve d'un mod' PC pour remplacer les lignes de dialogues par les répliques des Bronzés font du Ski.

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