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Avis sur Kingdom Come: Deliverance sur PC

Avatar Steve Zissou
Test publié par le
Version PC

*Si il y a bien un jeu dont je n'attendais pas grand chose, c'est bien Kingdom Come. Acheté presque 6 mois après sa sortie officielle le temps que les patch fassent leur effet car son optimisation au ras des pâquerettes faisait parler d'elle, je vais vous résumer mon périple sur ce jeu, et sachez avant tout qu'elle fût très positive.*

Enrichissement culturel

Kingdom Come se veut historiquement très fidèle (cf la vidéo de NotaBene sur ce sujet) et je dois avouer que ne connaissant absolument rien à la Bohème médiévale, j'ai trouvé l'univers absolument passionnant. Que ce soit du simple paysan aux seigneurs locaux, en passant par les nobles et les marchands, la vie est représentée avec un soin à couper le souffle. Attention, je parle du "visuel", des activités, des dialogues, et non pas des bugs de texture et autres problèmes de collision qui font retomber le réalisme 6 pieds sous terre.

Réalisme mal calibré

Pour enchaîner sur le réalisme, j'ai souvent entendu à tord les joueurs et les devs se vanter du réalisme de leur jeu. Je ne suis pas d'accord. Kingdom Come est sans aucun doute un jeu historiquement très proche de la réalité, mais il n'est pas réaliste. De nombreuses facettes en témoignent :

  • les purges de prison, où l'on regarde une roue tourner (wtf)
  • les potions pour sauvegarder (?), ou encore l'alchimie pour se buffer (??)
  • Henry qui bouffe chez tout le monde la même pâtée rouge chelou
  • les batailles de grande ampleur où le gameplay tourne au ridicule
  • ou encore quand les gens qui te frôlent hurlent de stupeur

Tout cela pour dire, réalisme ne veut pas dire "wow vous devez gérer votre faim et votre fatigue !!", sinon n'importe quel jeu pourrait crier au réalisme. Wait...

Gameplay à double tranchant

Si il y a bien un truc qu'on ne peut reprocher à Kingdom Come, c'est que ses devs sont couillus. Couillus de faire un gameplay aussi lent et contemplatif dans une ère d'open world à la chaîne et aux libertés infinies. Pas très original comme gameplay me dira-t on, mais tout de même très couillu en 2018. Et... je dois avouer que ça marche. Les duels sont d'une jouissance extrême, si bien qu'on s'y croirait vraiment (encore plus lorsque ton perso baisse la visière de son casque !) mais tourne rapidement au ridicule lorsqu'il y a plus de 4-5 ennemis, comme précisé dans la liste en dessus. Tout simplement car le gameplay est pensé surtout pour du duel : verrouillage unique sur son adversaire et très encombrant, coups à cible unique, un déplacement frontal, tout cela fait que lorsqu'il y a un peu trop d'adversaires, soit tu te fais poutrer sans même voir d'où, soit ils attendent sagement leur tour en se déplaçant autour de toi, l'arme levée et en hurlant des trucs en commun-.. tchèque. fiou

Hardcore Henry de Skallice

Redouté pour son côté RPG hardcore qui repousse le joueur moyen de 14 ans, Kingdom Come n'est en fait cruel que sur le papier, et donne le champ libre à vous, les fils de forgeron.
"Utilisez votre cerveau au lieu de râler" aurait du être inscris en gros dans la description du jeu, afin d'éviter que certains malins crient au refund dès qu'ils meurent de faim et d'un coup de savatte derrière la nuque.

D'un point de vue subjectif, la courbe de difficultée est très bien gérée. Le côtésoft survival du début de jeu est vite pris en main, jusqu'à passer très secondaire passé les 2/3 du jeu; les paysans armés de fourches qui vous défonce au début du jeu sont remplacés par de farouches Coumans passé le milieu du jeu; l'archerie, la chasse, les contrats restent un challenge tout au long de votre aventure; en somme : un game design qui nous tient en haleine tout au long de notre expérience, aussi longue soit-elle.

Bohemian Rhapsody

Rapide point sur un aspect majeur de n'importe quel RPG qui se respecte : le scénario.
Sur ce point là, et toujours sans spoiler, j'ai été sous le charme de la qualité de l'écriture de KIngdom Come. Trame principale ou quêtes secondaires, Kingdom Come marche dans les traces du grand The Witcher 3 au niveau de l'écriture et de la mise en scène, et ce n'est pas rien !
Bon.. il est vrai que je me serais bien passé d'activités "d'après midi avec ta maman simulator", comme ramasser du linge et cueillir 10 coquelicots.

Une orgie visuelle

Si le jeu accuse de faiblesses techniques comparé à ses grands frères triple A à très gros budget, la direction artistique et le soucis du détail relèvent grandement le niveau. Les châteaux, les hameaux, les paysages, et sans parler des forêts ! Je crois que c'est la première fois que je me sens vraiment dans une forêt dans un RPG open world. L'ambiance sonore et visuelle, la végétation, la vie, les campements, tout est millimétré et retranscris parfaitement l’emprise de la nature sur l'Homme il y a 600 ans.

Optimisation Moyenâgeuse

LE sujet sensible. C'est simple : tout ce que vous avez entendu est vrai. Son optimisation est au niveau de Crysis 2. J'ai une excellente config de PC, et j'ai dû baisser beaucoup de paramètres pour avoir un 60 fps constant. Et encore, Rattay, la ville la plus imposante du jeu, succ les ressources de mon pc au point de ne jamais dépasser les 40 fps.

Au niveau des bugs, je n'en ai eu aucun qui a impacté mon expérience de jeu. Les seuls que j'ai eu étaient plutôt drôle, du genre des T pose, des objets collés aux mains, ou des pnj qui tapent des sprint de manière random.

Audentes Fortuna Iuvat !

Malgré le nombre de défauts, j'ai adoré ce que j'ai pu expérimenter. J'ai vraiment hâte de voir la suite, car oui, c'est une trilogie (sans compter les nombreux DLC !). L'ambiance moyenâgeuse est parfaite, et la soundtrack est une perle rare.
Un RPG que je recommande chaudement à n'importe quel joueur à la recherche d'un jeu de rôle atypique et moderne.

Sur ce, je retourne chasser du Couman et festoyer avec les donzelles des bains. Adieu !

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