Mystérieuse boule de gomme

Avis sur Kirby's Dream Land sur Game Boy

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Version Game Boy

Lorsque la vérité me fut enfin révélée, ce fut un choc : Kirby n’était pas une sorte de simili-spectre en basket classieux, mais plutôt un reste de chewing gum saveur fraise resté trop longtemps collé sous un banc public ; il n’était donc pas d’un blanc immaculé (comme le laisse supposer l’image imprimée sur la cartouche game boy) mais arborait une horrible teinte rose bonbon, qui faisait drastiquement chuter son niveau de charisme… Bien sûr, ça ne m’a pas empêché de garder en haute estime ce tout premier épisode, mais quand même…

Pour ceux qui penseraient que je rejette Kirby sur sa couleur car "rose = fille", sachez que jusqu’à il n’y a pas très longtemps (moins de 300 ans), c’étaient le bleu et ses dérivés, la "couleur de la pureté" (correspondant au blanc aujourd’hui) qui étaient désignés de fait comme la couleur des femmes (la bonne blague), de même que le Clergé (bonne blague bis), tandis que le rouge (le sang, le feu…) et ses dérivés comme le pourpre et le rose, symbolisaient l’honneur, la puissance, le pouvoir, la robustesse (le danger…) et étaient réservés aux hommes. Puis une certaine Madame de Pompadour a foutu son grain de sel, a super kiffé le pourpre, et son influence et le bouche-à-oreilles ont fait le reste…

Non, si Kirby a presque fini par me taper sur les nerfs, c’est parce que la série est devenue simpliste et infantilisante au possible… Pas étonnant de voir que les plus jeunes joueurs abandonnent parfois à la moindre difficulté rencontrée dans un jeu qui ne nous prend pas par la main s’ils ont fait leurs armes sur Kirby, notamment les plus récents ! C’est dommage car généralement, la franchise n’est pas avare en idées de gameplay, comme pouvoir copier les capacités ennemies ou pouvoir se transformer en trucs divers et variés…

Cependant, point de tout ça ici, Kirby’s Dream Land étant l’épisode fondateur, il "manque logiquement plein de possibilités". Dans ce premier opus, Kirby peut principalement aspirer les ennemis pour les recracher sur d’autres ennemis. S’il avale de l’air, il se met à gonfler et peut voler, air qu’il peut finir par expirer, provoquant là encore l’élimination d’un hypothétique ennemi croisant le chemin du divin molard… Sinon, il peut courir et gagner des power-ups très proches de la franchise plombière, comme une invincibilité temporaire (la sucette) ou des boules de feu (le plateau-repas)…

Le fait de pouvoir à tout instant voler produit un certain "effet pervers" : il ne permet pas de profiter du level design qui est pourtant très bon. C’est un peu comme si on traversait tous les mondes de Super Mario Bros. 3 sous l’effet d’une Wing P… Il faudra donc s’auto-restreindre, même si céder à la facilité est parfois si tentant ! Surtout que le jeu est très loin d’être ardu : les ennemis sont rarement dangereux, tandis que Kirby n’a pas moins de six points de vie ! Du coup, cela se ressent pas mal sur la durée de vie…de 5 niveaux. Ou plus exactement 4 niveaux + un Wily’s Castle-like. Finir le jeu permet de débloquer l’extra mode, dans lequel les opposants sont un peu plus nombreux et font deux fois plus de dégâts ; bref, un mode qu’on aurait bien aimé avoir dès le départ…

Graphiquement parlant, on trouve dans Kirby’s Dream Land un équilibre parfait entre décors détaillés et lisibilité, avec des environnements diversifiés et une fluidité exemplaire, et des animations parfaitement décomposées. Il peut arriver de sentir quelques rares et légères saccades, mais rien de vraiment scandaleux. Niveau musical, c’est du tout bon : les thèmes proposent une certaine variété et sont assez entraînants, avec pour ma part une nette préférence pour les niveaux Bubbley Clouds et Float Islands. Ce n’est donc pas Kondo Koji qui est aux commandes…

Bref, Kirby’s Dream Land est un bon jeu, avec un énorme capital sympathie, même s’il est trop court et trop facile. Malheureusement, comme l’autre fameuse franchise platformique nintendienne (celle qui associe châtellerie et plomberie), la série des Kirby passera d’un univers enfantin à infantile (à la différence d’un Klonoa par exemple), proposant de très bonnes idées de gameplay gâchées par un challenge au ras des pâquerettes. Mais faut pas le dire trop fort car, selon un certain consensus, "NINTENDO, C’EST L’ÉCOLE DU GAMEPLAY"…

EN BONUS, VOICI QUELQUES CHEAT CODES :

Extra Mode : à l'écran principal, maintenir Haut + B + Select

Invincibilité : à l'écran principal, maintenir A + B + Start

Bonus Game : à l'écran principal, maintenir Haut + A + Select

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