Hard boiled detective in L.A.

Avis sur L.A. Noire sur Xbox 360

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Version Xbox 360

J'aime résoudre des enquêtes. Voilà un passe-temps que je ne pourrai jamais faire dans la vraie vie, vu que je n’ai jamais trouvé par où commencer mes études de détectives privés. Fort heureusement, je peux compter sur les jeux vidéos pour me permettre de réaliser ce fantasme. Et dans le jeu de rôle à énigme, le titre L.A. Noire reste encore aujourd’hui l'un de mes favoris.

L.A. Noire est un jeu à monde ouvert dans la droite lignée de Grand Theft Auto. Dotée d'une carte d'une superficie de 21 km2, la carte de L.A. Noire est plus grande que celle de GTA IV mais aussi beaucoup plus réaliste. Car si celle de GTA IV propose un New York fantasmé appelé Liberty City, celle de L.A. Noire propose une parfaite reproduction du Los Angeles post-seconde guerre mondiale. Pour la réaliser, l’équipe de Team Bondi a étudié les photos aériennes prise par le photographe Robert Spence durant cette époque.

L’autre spécificité du jeu est la suivante : toutes les enquêtes que vous allez mener sont inspirées de véritables faits divers s’étant déroulés à Los Angeles en 1947, soit l’année la plus criminelle de la cité des anges. Et pour trouver suffisamment de matière à leurs intrigues, les développeurs de Team Bondi ont à nouveau effectué un travail de fourmis et épluché la presse de cette année-là.

Un exemple parmi tant d’autres : l’enquête criminelle The Red Lipstick Murder (ou L’Enquête Rouge Sang en VF) s’inspire du meurtre de Jeanne French, 45 ans, retrouvée nue sur les hauteurs de L.A. Sur le corps de la jeune femme, l’assassin avait écrit au rouge à lèvre “Fuck You B.D.” (soit “Va te faire voir, B.D.”). Au moment des faits -- tout comme dans le jeu d’ailleurs -- l’affaire avait été mise en parallèle avec un autre meurtre qui avait eu lieu quelques semaines auparavant : celui du Dahlia Noir (en anglais “Black Dahlia”, donc B.D). S’agissait-il du même tueur, ou d’un imitateur ? Dans la vraie vie, l’enquête est restée une cold case, une affaire non-résolue. Mais dans le jeu, vous devrez arrêter plusieurs suspects, les interroger, déterminer s’ils disent la vérité et inculper l’un d’entre eux… quitte à vous tromper. Mieux encore ! Vous serez amenés à clorel’affaire du Dahlia Noir de manière officieuse. Petit rappel historique : l’affaire du Dahlia noir fait référence au meurtre d'Elizabeth Short, actrice en devenir de 22 ans retrouvée dans un terrain vague de Los Angeles le 15 janvier 1947, coupée en deux, vidée de son sang et le visage atrocement mutilé. Le crime ne fut jamais élucidé, même si aujourd’hui au moins deux théories s’affrontent sur l’identité du tueur.
C’est là que la fiction reprend ses droits, en extrapolant des théories stimulant nos méninges et notre besoin de percer les mystères insolubles. Dès lors, ces histoires réelles deviennent une forme de matière vivante que le joueur peut modeler à sa guise afin d’en tirer une expérience de jeu satisfaisante.

Pour rappel, un auteur avait lui aussi, en 1986, joué avec cette matière vivante pour livrer sa propre résolution de l’affaire du Dahlia Noir. Il s’agit de James Ellroy. Et autant vous dire que L.A. Noire rend énormément hommage aux travaux du romancier. Même rigueur historique, même fascination pour le Los Angeles à la fois glamour et poisseux de l’après-guerre, mais aussi même libertés artistiques. On retrouve la narration à la première personne nonchalante du Dahlia Noir, la multiplication des points de vus du Grand Nulle Part et les personnages gangrenés par des secrets du passé de L.A. Confidential. Ajoutez à cela une partition musicale très crime jazz, et vous obtenez ni plus ni moins que le meilleur film noir vidéoludique jamais sorti. Bref, vous voyez le tableau ? En Technicolor ! L.A. Noire est un récit ambitieux de plus de 2000 pages qui saura vous séduire, au point que vous réclamerez désespérément une suite… qui n’est toujours pas annoncée !

Si cet univers vous plaît, n’hésitez pas à enchaîner avec la lecture du L.A. Quartet, tétralogie littéraire de James Ellroy composé des romans Le Dahlia Noir, Le Grand nulle part, L.A. Confidential et White Jazz. Après cela, nul doute que vous vous demanderez : Est-ce le cinéma qui a fantasmé L.A. ou est-ce L.A. qui a diffusé son aura sur le cinéma ?

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