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Avis sur Mafia: Definitive Edition sur PC

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Alors oui, Mafia Definitive Edition s’avère très fidèle à son original, pourtant, un des deux est un grand jeu et l'autre reste une expérience tout à fait anecdotique.

Comment ça se fait ? En un mot : l'évolution.

Il faut recontextualiser : en 2002 (1 an après la sortie de GTA III), le phénomène open-world ne faisait qu’éclore. Mafia avait deux forces que son (seul) concurrent de l’époque, estampillé Rockstar n’avait pas mis en avant, son ambiance et son histoire.

Je crois qu’aucun jeu n’avait encore réussi à autant impliquer le joueur dans une storyline tout en lui offrant la possibilité de se sillonner un monde ouvert à sa guise.

Et si Hangar 13 a effectivement soigné l’atmosphère 30’s et les cinématiques de son remake, 18 années vidéoludiques sont passées depuis Mafia. Une simple refonte graphique semble être un moindre mal pour faire honneur à ce chef-d’œuvre (n’ayons pas peur des mots) du jeu vidéo.

Mais voilà, je pense qu’on pouvait en demander un peu plus.

Là où en 2002, le sentiment de liberté quand on se promenait dans Lost Heaven était omniprésent, ici on n'évolue que dans un joli décor factice.
Notre regard et nos exigences ont naturellement évolués. Certes, la formule Ubisoft nous a depuis fatigué, mais quelques éléments annexes auraient été les bienvenus pour donner de la cohérence et de l’épaisseur à ce monde.
Pouvoir entrer dans un bar à notre guise, aller chercher le pizzo chez les petits commerçants comme bon nous semble, voler des camions remplis de gnôle sur la map…

Mafia 3 avait mis en place ces contenus optionnels, mais d’une façon superficielle au possible. Toutes les missions secondaires se ressemblaient et sentaient le mauvais remplissage.

Alors oui, peut-être qu’il vaut mieux un jeu qui se concentre sur sa narration plutôt que sur du contenu superflu. Mais des petites missions ça et là, intelligemment élaborées auraient apporté une profondeur bienvenue et moderne à cette épopée mafieuse.
Prenons les exemples des quêtes annexes de Red Dead II et Breath of the Wild, qui nous font apprécier la déambulation et la cohérence de l’open-world.

Le sentiment d’être ici face à la ville sous-exploitée de L.A Noire refait surface et c’est un des points qui met en exergue l’âge du premier Mafia, alors qu’on veut justement lui donner un coup de jeune.

La possibilité de passer tous les trajets d’une touche durant les missions reste le meilleur témoin de cet aveu «d’échec ». On sait qu’il ne se passera rien au cours les itinéraires en question, si ce n’est une éventuelle brève course poursuite fortuite avec les forces de l’ordre.

Je sais pas comment le remake a été reçu par les joueurs qui n’ont jamais touché au premier, mais j’ai le sentiment qu’ils n’intéressent même pas Hangar 13. Cette édition se déguste comme une madeleine de Proust.
C’est un objet de nostalgie, comme notre époque les affectionne tant.

Tout ça mis à part, Mafia Définitive Édition reste agréable à parcourir. Il nous rappelle à quel point chacune des missions de l’original demeurent cultes et épousent parfaitement une histoire, des plus classiques certes, mais qui fait s’investir le joueur et a travers laquelle les protagonistes existent.

Les gunfights se placent dans la lignée du troisième opus : efficaces sans être incroyables.
Mention spéciale pour le GPS intégré à travers des panneaux de signalisation dans les rues de la ville, une excellente idée pour ne pas avoir les yeux rivés sur la mini-map et briser l’immersion (n’est-ce pas Mr. Cyberpunk 2077 ?).

La séquence de la course est une plaie comme en 2002 (en difficile), et reste le passage le plus hard… les développeurs ont-ils poussé la fidélité un brin trop loin ?

Quant à la performance capture, on a ici la prise de risque bienvenue de la définitive édition, on ne va pas se plaindre de ne plus avoir les voix originales si c’est pour avoir un actoring plus fouillé et plus profond.
J’ai bien aimé ce nouveau Tommy, même s’il souffle du nez entre chaque phrase pour bien que tu comprennes que c’est un nerveux..!

Bon par contre, j’ai pas entendu les classiques de Django Reinhardt avec lesquels je traversais Lost Heaven il y a 18 ans… et ça, ça mérite bien une vendetta sans pitié !

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