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Dans l'ombre de Batman.

Avis sur Marvel’s Spider-Man sur PlayStation 4

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Test publié par le
Version PlayStation 4

Je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment avec Spider Man. Au contraire, même, le jeu est plutôt fun. Mais quel manque d'idées. Insomniac s'est appliqué dans un projet soigné, mais n'a que trop rarement fait preuve de créativité. Quand il ne repique pas chez les Batman Arkham, il reprend la formule open world d'Ubisoft comme ce dernier n'ose plus le faire tellement elle est éculée.

Mais le jeu a quand même quelques réussites qu'il ne doit qu'à lui-même. Dans son système de déplacement déjà, un vrai pilier de gameplay, tellement cool que je suis allé récolter une bonne partie des merdouilles que les devs ont placé à Manhattan. Et de la merdouille, il y en a: des tours radio pour dévoiler la map, des saques à dos à récupérer ou des photos de monuments à prendre, le jeu ressort au plus grand des calmes des poncifs qui passent plus depuis 4 ans. Mais on le fait, parce que la voltige, c'est stylé, même si ça n'atténue pas le fait que cet open world est largement dépassé dans sa structure. Le jeu propose aussi en plus des missions principales et secondaires des crimes à stopper jusqu'à saturation, plus d'une dizaine par quartier à la fin du jeu, et qui se résolvent tous plus ou moins de la même manière, c'est à dire par des coups de latte. Moarf.

Si le jeu reprend le système d'Arkham dans ses combats, il parvient à en faire quelque chose d'assez sympa. Déjà il prend en compte les distances (contrairement à Batman qui glisse d'un bout à l'autre de la map) et y a pas de contre, rendant les rixes un peu plus difficiles, mais le tout reste moins fluide. Cependant, Spidey a pléthore de gadgets en plus de ses lance toiles, et font tout l'intérêt des combats. Parce qu'entoiler 4 mecs avec une bombe collante avant de tous les envoyer contre un mur pour les coller, c'est rigolo. Les gadgets apportent de la profondeur et de la diversité, et sont nécessaires contre les ennemis les plus costauds, ils rendent donc les joutes franchement sympa, et comblent ce manque de fluidité évoqué plus haut. Dommage qu'on doive passer par un menu radial qui coupe l'action, et qu'on se batte un peu trop souvent pendant les dizaines d'heures du jeu pour ne pas sentir venir un sentiment de répétitivité: les situations et les ennemis ne varient pas assez.

Mais attachés à leur pastiche des titres de l'Homme chauve-souris, les développeurs ont cru bons de diversifier le gameplay avec des séquences d'infiltration assez nombreuses. Ce qui était la force du gameplay des Batman Arkham se transforme ici en séquences un peu chiantes, peu variées avec des ennemis aussi malins qu'un caillou, où l'on appuie sans cesse sur triangle si on est Spidey, sur R1 pour faire diversion si on incarne perso sans pouvoir, dans des missions avec de l'instant fail en cas de détection (mais ça pose pas trop problème). L'infiltration n'est vraiment pas convaincante et malheureusement assez présente, bien que marginale par rapport aux bastons (ça, vous en avez tout le temps). Vous aurez aussi des mini-jeux pour varier les plaisirs, assez fréquemment, et c'est un peu pourri (bon c'est pas très grave).

Les dialogues sont plutôt bien écrits (les doublages français sont vraiment chouettes), et on s'attache assez rapidement aux personnages. L'Histoire commence bien mais se perd un peu en longueur, et quand les choses commencent vraiment à chauffer, deux trois baffes et c'est fini. Au moins, la fin est en elle-même plutôt réussie. Le jeu a par contre cette manie de singer Batman Arkham sur des morceaux de missions principales, voir même de certaines quêtes secondaires entières. On a par exemple droit au méchant qui parle au gentil dans une séquence de plate-forme hallucinée où il nous demande de le rejoindre avant de nous taper dessus en envoyant des clones, une quête secondaire où l'on doit trouver des ̶c̶a̶b̶i̶n̶e̶s̶ ̶t̶é̶l̶é̶p̶h̶o̶n̶i̶q̶u̶e̶s̶ QR codes pour sauver un otage, ou le moment où l'on doit traverser la ville en hauteur car les rues sont recouvertes d'une substance toxique après avoir été empoisonné. Prises indépendamment ces séquences ne posent pas problème, mais ça fait un peu trop de similitudes pour ne pas avoir une sale impression de copier-coller.

Au final, Spider Man me donne l'impression d'être un titre sans ambition. Spectaculaire, mais sans ambition. Il reprend l'étalon en la matière sans la volonté de s'en démarquer ou de le dépasser (ce qu'il ne fait jamais), juste de l'adapter au monde du tisseur. Même son système de déplacement existait déjà, en moins bien foutu, dans d'autres jeux Spider-Man. Après, le jeu est toujours sympa à jouer, et est un trésor de fan-service pour ceux qui aime l'homme-araignée, avec les dialogues, les vilains, les références et les costumes alternatifs (que je trouve pour la plupart assez moche) que propose un jeu qui respecte vraiment son matériau de base. Mais il ne reste qu'un titre soigné mais qui n'excelle jamais, sans audace ni grande idée. Et étant sans doute l'instigateur d'autres jeux marvel, cela me fait un peu peur. Ça serait raccord avec le MCU cela dit.

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