MEA ou l'histoire d'une déception

Avis sur Mass Effect: Andromeda sur PC

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Version PC

Comme beaucoup, ME est pour moi une grande série de jeux, dans mon top 3 des jeux. Bon scénario, des rebondissements, de l'amour, de l'épique, un héros héroïque, décidé, fort, avec ses faiblesses et surtout, sa fin (la retraite, il faut aussi savoir la prendre parfois...).

J'ai donc mis la main sur MEA (PC) avec une certaine fébrilité. La trilogie étant terminée, je n'attendais pas non plus LE jeu de l'année. Et pourtant, Bioware a réussi à me décevoir. J'ai quand même tenu 50h

Imagina...quoi ?
Rappelez vous, vous êtes dans une nouvelle galaxie. Ecrivez le d'ailleurs sur un post-it à côté de votre écran. Sinon vous l'oublierez vite.
Ici, les autres civilisations sont humanoïdes, parlent immédiatement votre langue sans dispositif de traduction, utilisent les mêmes armes que vous, respirent le même air, vivent dans les mêmes conditions, construisent des villes identiques. Leur société est basée sur le même schéma hiérarchique, peut être un peu plus spirituelle, l'environnement, les ancêtres, tout ça.
Je...c'est nul.
MEA n'est pas moche. Il fait aussi bien qu'un The Witcher 3 sorti il y a 1 an. Les effets (biotiques notamment) sont plutôt réussis. Les environnements sont détaillés, la végétation chouette (la planète Havarl est ma préférée). Mais... tout est mort. Pas de météo, pas de vent, pas de mouvement, tout est... là et vous attend. Les NPC ont tous les mêmes mouvements, n'ont pas de lit, ne dorment pas, pas de nuit, rien.

Gameplay Krogan
C'est LE point fort. Je joue un vanguard (en anglais) depuis ME2. Le gameplay n'a pas bougé depuis ME3. Si, je suis mauvaise langue, il est maintenant possible de déclencher des combo avec des pouvoirs "déclencheurs". C'est plutôt bien trouvé. La suppression de la pause active en combat est discutable mais les rend plus nerveux.
En revanche, sachez que les compagnons disparaissent. Ils sont certes toujours là et vous parlent (même s'ils sont à terre et à moitié morts) mais impossible de leur commander une attitude (défensif, agressif, tenir la position) ou même de leur ordonner d'utiliser leurs pouvoirs. Face à un combat un peu tendu (je joue en niveau maximal), impossible de compter sur eux. Ils meurent rapidement puisqu'ils ne savent rien éviter, priorisent mal, ne servent à rien.
Sur le level design, il date de plusieurs années en arrière. Vous parcourez du chemin inutilement, revenez sur vos pas à la fin d'un "donjon", ne pouvez pas sauvegarder lors des missions prioritaires. Les sauvegardes auto sont mal placées, vous obligeant à vous retaper plusieurs minutes de jeu parfois avant le combat d'un boss. La navigation sur la map spatiale est pénible, les animations deviennent vite lassantes et fastidieuses.
Amis du corps à corps, sachez le, ce sera difficile face aux boss ! Prenez quand même de quoi tirer, sait on jamais...

Kraft maga
Bioware nous propose ici un nouveau système de craft mêlant des plans à looter, des matériaux à aller trouver, des mods à ajouter au développement pour modifier l'arme, booster quelques statistiques, etc... C'est réussi. On se prend au jeu, on cherche les matériaux, on réfléchit à comment composer son personnage.
Je passerai sur l'interface console à vomir, mal pensée, peu pratique, pénible.
Par contre, une fois l'équipement de vos rêves fait, que reste t il ? Ben... à passer de la version I à la II, puis III, puis IV... puis vous arrêterez le jeu. Aucun changement de design, juste des stats qui augmentent. Les PV ennemis augmentant parallèlement à votre équipement, une fois vos 3 pouvoirs maxés (oui, c'est limité à 3 sinon le héros ne s'y retrouve plus), vous garderez les mêmes sensations jusqu'à la fin. Youhou.

Ryder la vague
Notre héros s'appelle Ryder. Il a 3 poils au menton, 16 ans, n'est pas sûr de lui, sa mère est morte mais de toute façon les animations faciales et les dialogues étant ce qu'ils sont, ne vous inquiétez pas, vous ne pleurerez pas. Lui non plus d'ailleurs, il semble s'en taper un peu.

Son père meurt dans le prologue histoire d'enfoncer un clou dans le cliché dramatique. Je ne pense pas avoir déjà vu aussi peu de réaction dans un jeu vidéo à la mort d'un personnage clef. Ici, globalement, tout le monde s'en fout, vous y compris. "Aller, aller, il est mort, vite, passons à la suite, vous prenez la relève, voilà, félicitations" tape dans le dos

Ce n'est pas un héros. Il n'est pas charismatique, pas respecté par son équipage, fait de l'humour mal placé, parle d'aventures comme un gamin dit qu'il veut devenir astronaute plus tard alors qu'il a le destin des colons humains entre les mains.
Son équipage est un ramassis de personnages fades, caricaturaux qui semblent être tout droit sortis des bancs de l'école : questions simplistes sur leur vie, réflexions pseudo philosophique sur la signification de tout ça, états d'âmes barbants, peu sérieux, peu convaincant.

Plus c'est gros plus c'est bon
Je n'ai jamais réussi à m'immerger dans le jeu, à croire à cette histoire, une fouletitude de détails plus ou moins gros vous rappellent que le jeu est mal ficelé.
Le Normandy. Oh pardon, le Tempest, votre vaisseau est... grand. Trop grand. On est assez loin d'un vaisseau spatial efficace, militaire où l'optimisation est importante. Ici, vous avez un appartement en guise de cabine, grand et vide par exemple.
SAM, l'IA-qui-résout-tout du jeu vous rappelle que vous devez "débloquer des fragments de mémoire" en vous rendant sur... des planètes que jamais personne n'a exploré. Vous y trouverez un gros point brillant à prendre et là, paf, vous retrouver un bout de mémoire. Sérieusement ?
L'expédition entière de colonisation d'une autre galaxie repose sur... un seul bonhomme, le Pathfinder. Sans lui, tout le monde est perdu. Pas de plan B, personne n'est autonome, personne ne sait rien faire, l'univers tourne uniquement autour de vous, d'ailleurs, vous prendrez toutes les décisions concernant le futur de l'Humanité. Pas de pression, peu de conséquences dans le scénario de toute manière.

Hollywood et Marvel écrivent le scénario
Manichéen, simpliste, triste. Alors il y a un gros méchant mais vraiment méchant. Puis des gentils vraiment gentils. Et vous, en bon américain, vous faites assez vite le tri et irez taper sur le méchant. Voilà.
De l'épique ? Je cherche encore à 50% d'avancement du jeu.
Pour rendre une planète vivable, rien de plus simple, une civilisation avancée disparue (les prothéens vous dites ?) a tout prévu et vous a fourni le manuel et la machine à tout faire. Vous résolvez 3 puzzles, appuyez sur le bouton et hop. Et ce sur chaque planète, dans cet ordre, dans des structures ridicules. Ces fameux aliens avancés avaient le sens de l'humour : ils avaient prévu des puzzles jumping et des petits casse-têtes dans leurs super machines-à-réparer-une-planète ! Peu crédible, mal amenés, c'est ridicule. A aucun moment vous n'avez l'impression d'être dans une machine alien pensée autrement que pour amuser un joueur de jeu vidéo. On vous le rappellera régulièrement.

Mass déception
Alors, est ce bon jeu ? Non, vous l'aurez compris. Le gameplay et le craft vous occuperont quelques heures mais le scénario ne vous emballera pas. Les personnages non plus, les quêtes insipides ne rattraperont rien.
Au final, vous irez peut être vous aussi regarder quelques compilations Youtube des meilleurs moments de la précédente trilogie en vous demandant si l'équipe de développement a joué à ses propres jeux.

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