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2.55 millions d'AL parcourues qui ne font pas masse d'effets.

Avis sur Mass Effect : Andromeda sur PC

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Test publié par le
Version PC

..// OVERVIEW //..
Développé par BioWare Montréal (fondé en 2009).

Le studio a collaboré avec BioWare Edmonton aux DLCs de la première trilogie Mass Effect avant de prendre les rênes de Mass Effect Andromeda (réalisé avec le Frosbite 3 Engine utilisé pour Dragon Age Inquisition), en tant que studio lead.

Temps de jeu : 81h pour 95% de complétion en difficulté normale (joué intégralement en anglais).

Build joué : “Falcon” Assault Rifles + “Black Widow” Sniper Rifles + Tactical Cloak (Tech) + Shockwave (Biotic) + Barricade (Tech).

Equipe finale : Tout le monde niveau 58.

Fan de la licence Mass Effect ? De moins en moins, mais encore un peu quand même, SF oblige. De 9 parties sur le premier épisode, histoire de tout tester, je suis passé à 3 parties sur le second (moins de RPG, plus de shooter), à 2 parties sur Mass Effect 3. Une seule partie d’Andromeda me suffit, ce qui n’est même pas un reproche, la licence ayant beaucoup perdu de sa superbe et n’évoluant pas dans le sens que j’espérais.

.. // PROS aka Une balade sympa en nomade dans un coin d’Andromède // ..
Le Pathfinder (Pionnier), cet être à tous faire. Oubliez les restrictions de la première trilogie, notre Pathfinder a d’emblée accès aux trois branches de compétences de tout bon explorateur estampillé « Mass Effect ». Que vous soyez plutôt Combat, Tech ou Biotique, c’est open bar. Même topo pour les armes qui ne sont plus soumises à malus du fait d’un choix de carrière trop typé. Notre Pathfinder peut donc tout faire et s’il n’a pas le charisme d’un Commandant Shepard, se trimbaler une IA illégale dans la tête fait de lui (ou elle), un adversaire sans égal.

Le Nomad, un véhicule aux performances parfois étonnantes. Véritable évolution du Mako, qui à défaut d’être d’une maniabilité exemplaire avait la bonne idée de permettre l’exploration de planètes ne faisant pas 10m², le Nomad est vraiment plaisant à conduire. Complètement évolué, il est relativement rapide avec des pointes à 160km/h, encaisse bien les chocs, génère un bouclier quand on en sort, et on peut même le repeindre. En « mode 6x6 », et avec l’aide du turbo, il tient plutôt bien des pentes de 85%, ce qui lui permet de passer presque partout.

La partie shooter toujours efficace, même si très imparfaite (voir dans les points négatifs). Bien que relativement basique, avec une orientation qui ignore toute notion de discrétion et d’infiltration, elle offre des affrontements efficaces et nerveux, à défaut d’être originaux. Les pouvoirs personnalisables apportent un véritable plus aux combats, permettant d’adapter plus ou moins ces derniers à notre style de jeu. De fait, le camouflage optique était mon ami dès le début du jeu, et ce jusqu’à la fin.

Les quêtes de loyauté bien senties, pouvant déboucher sur ces romances, si cher à Bioware et aux cœurs de joueurs qui apprécient toujours de voir deux corps nus s’enlacer (si si). C’est sans surprise que j’ai jeté mon dévolue sur PeeBee, l’Asari dont la curiosité et l’envie de tout savoir des Remnants fait écho à Liara T’Soni et son amour des Prothéens. Préférant les histoires sans lendemains, cette dernière a fini par voir en ma Ryder, l’humaine qui partagerait sa vie et lui remplirait les yeux de paillettes noires (pour ceux qui connaissent bien les Asari, cette métaphore sera aussi lumineuse que de l’Elément Zéro).

Riche en contenu. Si l’on ne parvient pas à éviter une grosse averse de quêtes Fedex qui nous trimballent parfois de manière abusive entre les systèmes solaires (avec tous les temps de chargements et vidéos de transition que ça implique), reconnaissons à MEA qu’il ne se montre pas avare en « choses à faire ». Plus ou moins scénarisées, faisant parfois le lien avec ce qui s’est passé dans la Voix Lactée, voir avec l’existence d’une certaine organisation Cerberus, le jeu souffle le chaud et le froid, et surcharge la mule de contenu sans trop se poser de questions.

Un niveau technique globalement élevé. Quand la machine ne déraille pas, elle offre de bons moments, avec quelques panoramas très agréables, et une modélisation des personnages en général réussie, surtout du côté des aliens. On se demande du coup pourquoi les humains ont globalement pris cher, à moins que cela ne soit dû aux 600 ans de voyage cryogénique. Le jeu reste néanmoins très propre et constamment fluide (sur mon PC).

.. // CONS aka Quand les Ketts se sentent l’envie de tout moissonner //..
Pas d’exploration spatiale. Tout Pathfinder que l’on soit, on n’explore pas vraiment la galaxie d’Andromède. Ou disons plutôt que l’on n’est pas maître de grande chose. On ne pilote pas notre vaisseau, le Tempête. Les systèmes solaires se débloquent automatiquement en fonction de notre avancée, et la plupart tiennent plus du Wikipédia illustré qu’autre chose, puisque l’on ne se pose que sur une très maigre sélection d’entre eux, et que l’on subit une nouvelle fois le soporifique scanner. Des combats de vaisseaux ? Tout doux mon ami, tout doux. Seuls les vilains méchants ont pensé à équiper leurs vaisseaux d’armes, alors évitons ce sujet épineux si vous le voulez bien.

Les planètes visitables. Si la surface que couvrent les plus grandes ne peut rivaliser avec les planètes intégralement visitables d’un No Man’s Sky, les 256km² d’Eos ou de Voeld (estimation personnelle) auraient pu nous offrir des paysages inattendus et majestueux. A la place, on se retrouve avec tous les clichés possibles et imaginables en matière de topologie SF. Planète de sable, planète enneigée, planète végétale où le Nomad ne peut même pas aller (pfffff), etc. Rien de fou à quelques exceptions près. Inutile de parler de cycle solaire, tout est figé, avec une heure fixe, une météo fixe, des activités fixes, et tout qui reste fixé à jamais. Vilain Kragle.

Les nouvelles races aliens. Encore loin de la richesse et de l’originalité de la première trilogie, Andromeda accouche en toute paresse de, ô rage ô désespoir, deux races bipèdes avec des méchants qui ont une tronche et une attitude de méchants (ça aide), et des gentils qui ne resteront pas dans les mémoires tant ils manquent d’un peu tout quand on les places en face des Asari, des Krogans, ou des Turiens. Un manque d’imagination qui déteint également sur la faune des planètes, qui est toujours la même d’un système à l’autre.

Le scénario et ses enjeux. Pour rappel, Andromeda se déroule en 2819, après un voyage cryogénisé d’environ 600 ans vers la galaxie d’Andromède. Shepard ayant découvert l’existence des Moissonneurs en 2183 (Mass Effect 1), la mise en route de l’Initiative Andromeda est précipitée avec l’envoi d’une citadelle (Nexus ici) et quatre arches (Humaine, Asari, Turienne et Krogan) en 2185 (Mass Effect 2), avant que les Moissonneurs n’entre en action … en 2186 (Mass Effect 3). L’arche Quarienne posant quelques problèmes techniques, elle part en décalé, mais c’est une autre histoire.

Après une arrivée « peut mieux faire » dans la galaxie d’Andromède, les priorités semblent claires… ou presque. Comme le Nexus est arrivé en fait 14 mois avant notre arche (l’Hyperion), on déboule en plein marasme où certains trouvent que ça n’avance pas assez vite, où les méchants ont déjà foutu un beau bordel, et où la nouvelle race alliée reste logiquement un peu méfiante, bien qu’un paquet de ses ressortissants aient déjà fait copain-copain avec tous les indésirables et boulets de notre Voix Lactée. Et nous dans tout ça ? Ben on est là pour réparer un peu tout en fait, en scannant à tout va ce qui peut être scanné. Placer des colonies après une phase d’assainissement. Défendre la veuve et l’orphelin. Taper les méchants qui ont bien entendu un plan caché. La routine quoi.

La partie shooter convenue et très perfectible. Inutile de chercher la moindre surprise de ce côté-là, on joue à domicile avec un shooter bourrin qui fonctionne. Hélas, nos cibles sont loin de briller et de faire preuve d’un instinct de survie un minimum développé. Quand elles ne sont pas suicidaires à se jeter sur nous, elles se cachent derrière des obstacles qui ne protègent en rien de mon fusil sniper (qui permet de voir à travers les obstacles en plus), ou des pouvoirs biotiques. Parfois, elles ne réagissent même pas quand on les aligne à grande distance, restant totalement immobiles dans notre viseur. Triste spectacle.

A cela s’ajoute l’incompréhensible limite à trois pouvoirs accessibles en combat, alors que l’on peut en débloquer une bonne trentaine. Les versions consoles ne sont en rien une excuse car il existe diverses options pour rajouter des raccourcis quand on joue avec une manette. Garder appuyée une touche, faire une double pression rapide, rajouter des combos de touches, avec un bouton de menu alternatif, passer par un menu qui ralenti le temps, etc. Bref… trois misérables pouvoirs accessibles. Trois.

L’ergonomie des menus. Remercions celui qui a eu la bonne idée de verrouiller certaines options à notre vaisseau, comme pouvoir consulter ses emails ou assigner des tâches à notre Strike Team. Sauf que retourner dans le vaisseau implique de repartir dans l’espace (OMG), et donc se taper la cinématique de décollage à chaque fois. J’ai bien une explication aussi merdique que ce design, basé sur la différence d’échelle entre le Tempête au sol, vu de l’extérieur et sa taille réelle vu de l’intérieur (+ trop de textures à charger peut-être), mais ça n’excuse en rien l’aberration que représente ce design. Même chose pour le menu de fabrication qui est l’un des pires imaginé ces dernières années, d’une lourdeur incroyable.

Manque de finition flagrant. Voulant sans doute rivaliser avec Bethesda quant au titre du jeu le plus buggé à sa sortie, Andromeda m’a offert un triste spectacle avec un nombre assez élevé de bugs cosmétiques. Passons sur les animations trop souvent ridicules des personnages pour parler de PeeBee qui combat à côté de son cadavre, des personnages qui nous tournent le dos en parlant, des ennemis qui ressuscitent ou sont inactifs, de nos alliés qui tombent du ciel en sortant du Nomad, des passages d’obstacles douteux, de Ryder qui fait des 180° avec sa tête, de la planète en arrière-plan qui disparait d’un coup sur Eladeen, des armes de nos personnages qui changent en permanence dans les cinématiques, et j’en passe. Rien de bloquant, mais ça la fout mal après une première trilogie et un Dragon Age Inquisition relativement propres.

..// CONCLUSION //..
En soit, Mass Effect Andromeda n’est pas désagréable à jouer. Bien que simpliste, la partie shooter reste efficace et offre un véritable défouloir, où la subtilité n’a pas matière à s’exprimer, et où l’on a très peu de contrôle sur nos alliés. A défaut d’être souvent passionnantes et épiques, les quêtes sont nombreuses et occuperont de longues heures durant les fans de longues balades en Nomad, sur une poignée de planètes relativement vides et sans grande originalité. La trame principale quant à elle ne surprend jamais réellement, tout en laissant bien entendu la porte ouverte à une suite.

Si comme moi vous espériez pouvoir enfin piloter votre vaisseau, explorer ce bout de la galaxie d’Andromède librement, voir même participer à de vrais combats dans l’espace plutôt qu’en spectateur de cinématiques, c’est foutu. Loin d’être un mauvais jeu malgré la pléthore de bugs qui ternissent son tableau et des animations qui resteront dans les annales du « exemple à ne PAS reproduire dans un jeu vidéo », plein de bonnes intentions, et gagnant clairement en puissance et en intérêt au fil des heures, Mass Effect Andromeda divisera les fans de la licence sans forcément les fâcher à jamais avec Bioware. Je vais quand même rester très prudent pour le prochain épisode.

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