Rust in peace, Metal Gear

Avis sur Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sur PC

Avatar Nirshad Chowthee
Test publié par le
Version PC

Après un prologue à la réalisation époustouflante, le chef-d'oeuvre de Kojima à arrière-goût d'inachevé.
5 longues années et 80 millions de dollars. Il est rare de disposer d'autant de temps et de moyens mais Kojima, dépassé par ses ambitions, a perdu la confiance de Konami qui lui imposa une deadline qui fut fatale.

Venons en au fait, que vaut Metal Gear solid V The Phantom Pain ?

Points forts

- Maniement, animation de Snake : Un énorme travail a été fait sur la maniabilité de Snake qui commençait à être rigide et vieillissant dans Metal Gear Solid 4. On pourra facilement passer d'une position couché à une position débout et inversement. La dégaine de l'arme se fait de manière fluide dans toutes les positions. Le jeu se veut exigeant pour les missions EXTREME et le gameplay a été parfaitement pensé pour offrir au joueur tous les outils pour y parvenir.

- Réalisation : L'utilisation des plans-séquences est un coup de génie et du jamais-vu dans le jeu vidéo. Chaque plans a été étudié et pensé pour ne rien laisser au hasard. Notamment les scènes avec Quiet, Skullface et Huey Emmerich.

- Graphismes : Le Fox Engine assure en offrant des paysages photo-réalistes et une gestion de la lumière et de la météo (pluie, tempête de sable, brouillard,...) très convaincante. Un plus pour la version PC qui a été très bien optimisée et tourne à 60fps constant sans ralentissements.

- Gameplay : Le fait de pouvoir choisir et de customiser un grand nombre d'armes, compagnons et la fameuse prothèse bionique offre une grande liberté d'action en harmonie avec l'open world. Le gameplay s'adapte au joueur et pas l'inverse.

- Rejouabilité : Pour les maniaques comme moi, les missions EXTREME et les diverses tâches de missions vous offriront une bonne rejouabilité. Les invasions des bases d'autres joueurs en ligne offriront toujours un nouveau challenge.

- Bande-son : L'OST de qualité comme d'habitude avec Ludvig Forssell. Des titres puissants comme V has come to, Sins of the Father ou encore Quiet's Theme.
Le seul bémol est que le reste des pistes sont trop discrètes et on peinera à s'en souvenir.

Points Faibles

- Scénario en dent de scie : Le scénario est incomplet et inégale et les tentatives de remplissage sont plus que flagrantes. Certaines missions PRINCIPALES ne font pas avancer le scénario tandis que d'autres sont bien fournies. Le rythme est très mal ficelé et malgré quelques moments forts et un twist final cohérent, l'ensemble fonctionne très mal. Beaucoup de non-dits et de subtilités rendront compliqué la compréhension totale de The Phantom Pain et feront fuir les nouveaux adeptes de la saga.

- Bestiaire : Plus de la moitié du bestiaire n'a pas été modélisé et se présentera essentiellement sous forme d'une liste. Vous ne trouverez en Afrique même pas 1/4 de la liste du bestiaire. On est bien loin de Snake eater ou vous pouviez lancer un serpent sur un garde pour l'effrayer et le faire fuir ou encore l'empoisonner en lui glissant un petit scorpion dans les pattes.
Vous pourrez en effet capturer des animaux pour les transférer sur votre Mother Base mais il n'y aucun intérêt à le faire, vous n'y gagnerez rien sauf pour certains animaux rares et si vous visez le 100% completion.

- Mother Base : La gestion de la mother base est une version légèrement amélioré de Peace Walker mais elle reste extrêmement limité... mis à part le déblocage des armes et objets divers, elle offre très peu d'avantage sur le terrain et l'équipe de reconnaissance devient quasi-inutile avec l'utilisation de D-Dog, où l'on est à la limite du wallhack.

- Manque de maps : The Phantom Pain dispose de deux maps uniquement : une dans les montagnes rocheuses d'Afghanistan et l'autre dans une zone frontalière assez boisée en Afrique. Metal gear solid 4 proposait plusieurs environnements (Moyen Orient, Amerique du Sud, Europe de l'Est, etc...). Même si cela reste limité, on ne peut qu'être déçu par ce manque de diversité et ce manque de finition.
De plus, on soulignera le peu d'infrastructures intéressantes, notamment en Afrique ce qui donne des maps assez vides et diminuera les envies d'exploration.

- Trop de cassettes : Plus de 100 cassettes à écouter pour combler le manque de dialogue dans le jeu. Malheuresement, les cassettes ne sont pas du tout mis en avant alors qu'elles sont indispensables pour étoffer la vision et la compréhension du jeu et le format de narration en rebutera plus d'un.

Where are you, Boss ? : Big Boss dans cet opus est incroyablement muet et vous devrez donc vous munir des cassettes pour vous faire une image plus précise de ce personnage. Sans cela, on a l'impression d'être le larbin de service de Kaz, qui lui au contraire, est très bien réussi.

Where are they, Boss ? :
Le personnage de Skull Face et sa mise à mort sont complètement ridicule. On en attendait beaucoup plus de ce personnage qui se retrouve aussi vide que Psycho Mantis ou The Man on Fire. Le nombre de boss se fait au nombre incroyable de deux dont un qui consiste à du bourinage et l'autre à une pâle copie du combat de The End.

« Les faits n'existent pas, il n'y a que des interprétations. » -

Le but de Metal Gear Solid V The Phantom Pain était de retourner à une base telle Sons of Liberty où Venom Snake serait l'avatar du joueur. Où le but serait de jouer sur nos perceptions et de nous mener en bateau, nous faire accepter inconsciemment une chose pour réel et ensuite nous faire comprendre que l'on s'est trompé depuis le début. Le réel existe-t-il ou n'est il que des déformations par nos interprétations ?

« Nous avons aboli le monde vrai : quel monde restait-il ? Peut-être celui de l'apparence ?... Mais non ! En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le monde des apparences ! » Nietzsche

Conclusion

Metal Gear Solid V The Phantom Pain malgré ses nombreux défauts et le fait qu'il ne soit pas terminé reste l'ultime expérience pour le joueur de par sa complexité, ses réflexions et dans le message qu'a voulu transmettre Kojima au joueur.

La meilleure façon de parler d'une oeuvre est de la laisser parler, seule.

A Hideo Kojima game.

Rust in peace, Metal Gear.

BONUS : 100 LITTLE DETAILS IN METAL GEAR SOLID 5 THAT WILL BLOW YOUR MIND

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