Le Fossile et le Marteau

Avis sur Monster Hunter World sur PC

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Version PC

Sur une mer tumultueuse vogue un galion rempli à rabord d’aventuriers et de leurs compagnons félins. Cent visages, cent accoutrements plus ou moins bigarrés, mille histoires à raconter et mille raisons d’être à bord. Mais pour tous, c’est une nouvelle vie, dans un nouveau monde, qui commence. Et alors qu’un dragon colossal crève les flots, soulevant le galion, les aventuriers comprennent ce qui les attend à loin derrière l’horizon : une lutte sans répit contre une nature déchaînée.

C’est également une nouvelle aventure pour la saga Monster Hunter, jusqu’à présent confinée aux à Nintendo et aux consoles portables de Sony, et qui s’invite pour la première fois sur Playstation, Xbox et PC. Avec ces nouveaux supports, Monster Hunter World allait nécessairement s’ouvrir à un nouveau public, dont votre serviteur fait partie, et des efforts considérables (mais insuffisants à certains égards, nous le verrons plus loin) ont été consentis pour accueillir les novices. Notamment par la mise au point d’une campagne solo, inédite dans l’histoire de la série, qui introduit habilement le joueur à l’univers et l’accompagne pendant la plus grande partie du jeu. Les missions scénarisées présentent l’écosystème du nouveau Monde et servent également à mettre en valeur par de belles cinématiques les monstres qui vont nous préoccuper tout au long de l’aventure.

Car il s’agira avant tout de traquer, combattre et dépecer du reptile (principalement). Pour cela, le chasseur a une douzaine d’armes à sa disposition, chacune exigeant un style de jeu différent, qu’il faudra apprendre, au cours de longues heures de chasse, à connaître sur le bout des doigts. Qui dit proie, dit aussi terrain de chasse. En l’occurrence, des environnements semi-ouverts avec une topographie complexe découpés en plusieurs zones dans lesquelles les monstres se rendent successivement. Ces environnements sont truffés de zones spéciales dans lesquelles il est possible d’attirer et de piéger le monstre, de reliefs qui permettront de surprendre la créature par une attaque sautée qui, avec un peu de chance, permettra au chasseur de s’accrocher à elle. Pourquoi par ailleurs se priver d’appâter la proie sur le territoire d’un de ses prédateurs qui rôde dans les parages ?

Maîtriser les armes, maîtriser les accessoires, maîtriser le terrain de chasse, voilà ce fait le sel de MHW. La satisfaction d’assister à ses propres progrès dans la connaissance de tous ces systèmes imbriqués est une grande partie de ce qui te scotche à l’écran. Un dernier paramètre à prendre en compte : les monstres, leurs attaques, leurs faiblesses et leurs résistances. Toutes ces connaissance combinées permettront au chasseur de survivre à un rencart avec un dinosaure vénère crachant de la roche en fusion. Car le jeu est impitoyable. Si les premières proies sont plutôt sympathiques, les mauvaises décisions se payent très cher face à un dragon ancien. Tout ce cœur de jeu basé sur des systèmes imbriqués fonctionne merveilleusement bien. On pourra néanmoins regretter le manque de pédagogie du jeu, qui peine à faire comprendre toutes les nuances de ces systèmes. Il faudra bien souvent aller chercher ailleurs les informations manquantes et ceci même à propos de la panoplie de combos réalisables avec chaque type d’arme !

Impossible ensuite de faire l’impasse sur les aspects visuels de MHW, qui est sacrément plus agréable à l’œil que les Monster Hunter précédents. D’abord, et c’était le plus important, les monstres sont magnifiques et splendidement animés. Un même niveau de détail et de souplesse des animations se retrouve au niveau des chasseurs et est conjugué avec des hitboxes généralement très précises et lisibles. Tout ceci, avec un sound design remarquable, donne une crédibilité aux monstres et aux affrontements qui m’a littéralement soufflée. Les impacts des coups sur les monstres donnent de très belles sensations manette en main. Il n’y a pas grand-chose de plus jouissif que de parvenir à expédier un marteau de 60 kilos directement dans le crâne d’un gros lézard. Un tel niveau de finition c’est du grand art.

La progression dans le jeu est en revanche beaucoup moins enthousiasmante. Il s’agit finalement de récupérer des parties de monstre afin d’améliorer l’équipement de notre chasseur. Ce qui peut vite tourner à la session de farming à cause de l’aléatoire dans les drops. Une fois passé le défi d’abattre un nouveau monstre pour la première fois, enchaîner ce même monstre pour obtenir un bout de corne casse le caractère épique de l’affrontement, le réduisant à une opération routinière. De ce point de vue, la trame narrative des missions principale rend de grands services au jeu en valorisant les actions du joueur par l’exposition des enjeux.

Rien de suffisant pour éclipser les qualités de Monster Hunter World, très belle entrée en matière pour la série qui promet des centaines d’heures de plaisir. D’autant plus avec la nouvelle expansion en approche.

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