Le plaisir sans filets

Avis sur NBA 2K16 sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Peu contraint par un adversaire malade et mal en point, NBA 2K16 a le champ libre de la créativité. Au delà d’un gameplay éprouvé, c’est autour du terrain que 2K cherche à faire se soulever les foules. Parfois à raison, parfois à tort. Souvent à raison, toutefois.

Il avait impressionné en 2013 lors de la sortie des consoles next-gen, en devenant à la surprise générale le jeu exploitant le mieux les nouvelles possibilités techniques des machines de salon. Il avait profité l’année dernière de la guerre entre FIFA et PES pour se démarquer aisément en tant que meilleur jeu sportif du marché. NBA 2K entame la saison 2015/16 avec un titre de champion toutes catégories, et de la confiance à revendre.

Deux éléments qui font sa force, en plus d’un gameplay ultra-rodé qui satisfont les experts et d’un savoir-faire quasi-parfait côté bande son. On se dit que NBA 2K16 a le champ libre pour toutes les folies. Ça tombe bien : le jeu en fait une. Il invite Spike Lee pour narrer un mode carrière qui n’a jamais semblé aussi attrayant, du coup. Attention, piège : Spike Lee n’a plus rien écrit d’intéressant depuis 10 ans.

UN TOUT PETIT SPIKE LEE

Une fois le jeu lancé, difficile de faire autrement : le mode Carrière est beaucoup trop clinquant pour passer à côté. Là est le particularisme de NBA 2K, où nombre de joueurs passent des centaines d’heures sur le jeu sans jamais passer par la case match amical. Passées les mises à jour et la création de joueur à son image, qui peut prendre par ailleurs plusieurs dizaines de minutes vu l’algorithme tout relatif de reconnaissance facial, on est partis pour se laisser prendre par la main du mythique Spike Lee.

Nous voilà propulsé au sein d’une famille Noire-Américaine de Harlem, avec nos parents forcément sceptiques sur notre carrière de basketteur pro, un meilleur pote aussi encombrant que lourdeau (Vic) et une soeur-jumelle moralisatrice (Cee-Cee). Tant pis si vous êtes plutôt caucasien, asiatique ou autre : il faudra faire avec. Un premier frein à ronger. Des dizaines d’autres suivent. Alors que la renommée du mode carrière de NBA 2K puise dans sa capacité à être exhaustive, sur et en dehors du terrain, nous voilà bradés à travers trois premiers temps. Celui du lycée et ses matchs pour du beurre où se forgent la légende de « Freq », alias « Frequency Vibrations », le petit surnom de notre alter-ego. Celui de l’université, ses doutes balayés par des poncifs insipides et une signature, enfin, vers une grande équipe.

Sauf que la première saison régulière est tronquée. Seulement 8 petits matchs à jouer, contre des équipes certes huppées des conférences. Difficile de se faire une idée de la profondeur de jeu du mode carrière. Surtout qu’une grande partie des fonctionnalités additionnelles manquent. Parmi ces absents de première heure, les connexions, qui consistent en la capacité de gestion de fans et de joueurs/amis pour obtenir des éléments de personnalisation vestimentaires et quelques crédits en plus. De même, on déplore également l’absence de la gestion des contrats de publicité et les stats, tout simplement, de notre équipe. A la place, de très longues cinématiques à l’écriture douteuse simulant les difficultés morales et familiales d’une telle carrière sportive alourdissent constamment chaque interlude de rencontre, avant un dénouement morbide dont le joueur n’a finalement que faire. La carte Spike Lee tombe à l’eau, et fait un grand splash. Heureusement, cette affreuse fausse note sera la dernière d’une parfaite partition.

UN GAMEPLAY PARFAIT, MAIS EXPERT

Dès la deuxième saison, toutefois, comme délivrée de sa poussive narration, le mode Carrière fait valoir tous les atouts bridés, cités ci-dessus. Le monstre dévoreur de temps se réveille, et c’est parti pour voir son pro gravir un à un les échelons du succès. Une ascension aidée par un gameplay toujours plus précis, toujours plus punitif, difficilement attaquable aux premiers abords, mais tellement jouissif une fois maîtrisé. Les tirs requièrent un timing quasi parfait pour être sereinement pris, et les multiples tactiques à la disposition des joueurs permettent de réaliser les placements et combinaisons souhaitées à l’envie. A l’inverse, les contres semblent un peu plus simples à placer, et toujours aussi violents.

C’est aussi quasi-parfait dans la mise en scène des matchs, avec des replays et des cams comme si vous y étiez. Il va sans dire que, profitant de l’expérience next-gen des deux dernières années, la réalisation graphique est absolument superbe. Les modélisations sont encore cette année extraordinaire, les animations réalistes sans être trop lourdes, les lumières plus vraies que jamais. A ce niveau, NBA 2K16 atteint des sommets jamais atteints pour une simulation de sport. La référence, point. Ce gameplay est donc décliné dans le mode Carrière, mais également à travers les modes qui ont successivement fait leur place dans tout NBA 2K qui se respecte. Le mode « MyPark » est de retour, avec son street basket online aussi frais que disproportionné lorsque vous tombez sur des mastodontes de 2m30 avec un shoot extérieur parfait. C’est que chaque joueur joue avec son avatar, aussi étrange soit-il. Une bonne occasion de parler de la monnaie virtuelle, les VC, cette fois unifiés à travers le jeu. C’est via cette monnaie qu’il faudra faire toutes les transactions, des personnalisations aux points de compétences qui améliorent votre joueur. Malins, l’éditeur a pensé à « tricher » en déboursant une certaine somme de vrai argent, cette fois, pour acquérir instantanément les précieuses pièces.

On passe toutefois moins de temps sur les modes « Pro-AM » et « Mon équipe ». La première permet de créer sa propre équipe, avec maillot et écussons personnalisés. Une bonne idée malheureusement trop suspendue à la synchronisation des joueurs de l’équipe. En un mot : il faut pratiquer, souvent, et ensemble, pour voir les mérites de ce mode. Pour le second,d ésormais valeur sûre de tout jeu de sport, cet ersatz d’Ultimate Team et MyClub ne possède que peu d’intérêt, non pas par sa mécanique propre, mais plutôt par la richesse comparée de ses modes de jeu concurrents. Oui, NBA 2K16 se permet des plaintes de riche.

Profond, complexe, peut être un peu trop pour ceux qui ne suivent pas forcément le basket mais forcément jouissif pour tous les amoureux, NBA 2K16 pêche là où on pensait que sa force viendrait : du côté de la narration de Spike Lee, largement en deçà des capacités et des standards de la série. Chronophage comme jamais avec ses multiples modes de jeu, 2K16 est de ces simulations sportives dont on ne lance presque jamais de matchs amicaux, tant bouder le plaisir offert par les choix de gameplay semble être une hérésie. Comme un joueur de caractère, NBA 2K16 se prend une technique, mais transforme son agressivité en une machine à marquer des points. Encore une fois, un must-have.

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