Kainé Lust

Avis sur NieR Replicant ver.1.22474487139... sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Nier Replicant remastered est un jeu action-RPG de Yoko Taro sur lequel je lorgne depuis des années. En effet, je n’ai jamais eu l’occasion de mettre mes pattes sur le nier « gestalt » sorti sur PS3 et 360 à l’époque, et ça fait des années que j’entend énormément de bien de la part de ce jeu. J’avais pu faire Nier Automata, que j’avais bien aimé, au début, puis qui avait commencé à me casser les pieds sur la fin, j’avais lâché le jeu à la fin C.

Autant être franc, je me suis arrêté à la fin A de Nier Replicant. J’ai voulu commencer le Run pour la fin B, et j’ai abandonné purement et simplement au bout d’une demie heure. Je vais donc essayer d’expliquer pourquoi je n’ai pas accroché au « chef d’œuvre » de Yoko Taro, j’en montrerais les bons cotés, car il y en a, et j’aborderai les choses qui ont fait que je ne souhaite pas poursuivre mon expérience dessus ( alors que l’intérêt du titre réside dans sa rejouabilité pourtant !).

A) Un ovni vidéoludique

Nier est le genre de jeu que vous allez croiser peu de fois dans votre vie de joueur. Particulier, difficile d’accès, voir même philosophique à tendances méta. En effet, Yoko Taro s’est servi de Nier pour littéralement troller le jeu vidéo japonais des quarante dernières années.

Et en passant troller le joueur, pour le meilleur comme pour le pire... Nier vous fait incarner un jeune homme qui essaie de protéger sa soeur Yonah dans un monde post apocalyptique des ombres, créatures étranges. Cette dernière est infectée par la nécrose runique, une maladie qui la tue à petit feu, et qui va pousser le héros à trouver un remède. En chemin il croisera le grimoire Weiss, un bouquin qui parle ( oui oui ) impertinent, Kainé une « jeune femme » vulgaire se promenant à moitié nue et Émile, un adolescent frappé d’une malédiction. Les jumelles Devola et Popola, les dirigeantes de son village, l’aiguilleront dans sa quête d’un remède ( qui passe par la recherche de la magie du grimoire Weiss).

Car oui, le jeu est littélament dans sa première partie, une énorme blague. Une énorme blague à la fois voulue par Yoko Taro, et imposée par la structure du jeu sorti en 2010. Le créateur chie littéralement sur le mythe et les conventions du JRPG, sur les genres vidéoludiques, qu’il combine à merveille et sur le sens du jeu. Ainsi le jeu va vous faire enchainer des quêtes insignifiantes, complètement stupides et vous forcer à faire des aller retour à pied pendant très très longtemps.

Le jeu brise souvent le quatrième mur, à travers Weiss qui se demande pourquoi on fait des aller retour pour des quêtes sans intérêt, qui dit qu’il existe un sort de téléportation mais que non en fait, tu vas marcher ou encore Weiss qui dit que le protagoniste est niais, et qu’il accepte des quêtes nullissimes pour aider des PNJ qu’il ne connait même pas ( la fameuse longue quête du couple aux sacs rouges).

Vous vous rappelez les sangliers, le genre d’adversaires que vous affrontez généralement au début des RPG ou MMO, qui rapporte 2-3 XP maximum, et que vous devez farmer pour grinder votre niveau ? Ici c’est le premier objectif annexe que vous avez, et vous vous faites défoncer. Minimum être level 10 pour l’affronter, tenez le pour dit.

J’ai trouvé cette première partie de jeu terriblement ennuyante. Ça ne décolle presque jamais, j’avais l’impression de me faire constamment troller par Yoko Taro, notamment le passage dans le temple du désert. En fait, le créateur essaie de déconstruire le genre vidéoludique de manière constante. Se foutre de Ocarina of Time, lorsque le roi de façade récupère son masque ? Check. Se foutre de la tronche de Resident Evil, lorsqu’on explore son manoir, avec les angles de caméra et les plans fixes identiques parfois à ceux du survival-horror culte ? Check. Faire des passages de visual novel sans visuel ? Check.

Et puis soudain, il se passe quelque chose. La fin de la première partie m’a vraiment surpris, car j’ai senti une envolée du jeu. Enfin j’avais l’impression que Yoko Taro arrêtait de me prendre pour un idiot, et qu’il laissait enfin son jeu avancer. On arrive alors sur le début de la partie 2, qui est régit par un timeskip de 5 ans. Le héros est un jeune adulte, Émile va... changer physiquement disons, et Kainé va revenir dans l’équipe.

Enfin le jeu te donne une possibilité, certes limitée, de te téléporter via un bateau. Enfin je me suis dit, ça va décoller, le gameplay évolue en dynamisme, avec l’ajout des lances et des épées à 2 mains.L’équipe est au complet, on a le héros qui a grandi, il a l’air moins niais, Kainé et Weiss qui font que s’insulter mutuellement, Émile qui commence à s’affirmer.

Et puis à nouveau le jeu tombe dans le parodique. Côté Zelda à nouveau, en me demandant d’aller chercher des emblèmes pour défier le maître des ombres, le grand vilain de la Run A. Et on enchaine des saynètes qui m’ont vraiment cassé les pieds, la plupart du temps.

Oui les phases sont parfois un peu variée, je pense à la phase du bateau échoué ou le mariage de Façade, mais honnêtement, la plupart du temps, on se retape des donjons 2 à trois fois, et ça m’a vraiment frustré. Combien de fois on se tape la montagne des robots ? Combien de fois le temple oublié ? C’est quoi ce recyclage éhonté ? Sérieux ? Et je dois faire 5 run pour voir la vraie fin ? Si c’est pas une blague, je vois pas ce que c’est !

Le grand final arrive dans le chateau du maitre des ombres, et là c’est le twist ( dont j’étais déjà au courant, ça fait DES années que je suis le jeu). On va rapidement passer en mode spoil pour ceux qui n’auraient pas fait le titre.

Grosso modo, l’humanité est morte depuis longtemps dans le monde de Nier. Le projet Gestalt a été mis en place qui vise à séparer l’âme du corps et de créer des réceptacles, les Replicant. Ce dispositif a été mis en place pour sauver l’humanité d’un virus mortel. Cependant 1300 ans après, les âmes humaines corrompues sont devenues des « ombres » et ont commencé à attaquer les Replicant, des coquilles vides qui ont commencé à développer elles-mêmes une forme de personnalité et d’âme. Le joueur constate donc avec horreur qu’il a massacré les vestiges de l’humanité, que Devola et Popola sont des androïdes chargées de veiller sur les Replicant, qu’elles trahissent le joueur et qu’il est donc obligé de les tuer. Émile meurt en se sacrifiant. L’âme Gestalt dans le corps de Yonah ( que l’on voit dans le supermarché au début ) se suicide pour laisser « l’âme Replicant » de Yonah vivre, et le héros Replicant tue le vestige de l’âme Gestalt, dont il est issu, c’est à dire le héros qu’on incarne au début du jeu dans le supermarché. Kainé part vivre sa vie, le héros retrouve sa soeur. Fin du jeu Run A.

Dans la Run B ( j’ai joué légèrement au début de cette run) on recommence la seconde partie avec des inserts visual novel sans visuel, où on apprend que Kainé a un passé ultra triste, qu’elle n’est pas réellement née fille ( elle est hermaphrodite), qu’elle a été harcelée pour ça, et que l’ombre gestalt d’un psychopathe est présente dans son corps suite à l’attaque qui a tué sa grand mère et l’a laissée pour morte. Cette ombre Tyrann, sera l’antagoniste de la run D.

Bref fin de la partie spoil, le monde de Nier est un monde terriblement mélancolique et triste, sans mentir, le jeu est vraiment ultra triste, peut-être l’un des jeux les moins optimistes auquel j’ai joué de ma vie, avec the last of us 2 ( dont la doubleuse de Abby est ici présente en doublant Kainé).

Il y a une volonté de mixer les genres, et je respecte cela, malheureusement le fait de devoir me taper des lignes de dialogues à outrance sur le passé de Kainé, plus me retaper les cinématiques que j’ai déjà vu, plus me retaper les boss, ça m’enchantait guère. Et puis j’ai lancé sans savoir un DLC avec le Nier de la version PS3 360 ( father Nier) qui doit enchainer les combats sur de la musique remix, pour débloquer un petit texte qui expliquer le pourquoi du comment sur le projet Gestalt. On gagne pas d’Xp, ça dure 45 minutes, à cogner sur des ennemis, j’ai définitivement décidé à ce moment là d’abandonner ma partie. Je me cantonnerai à la fin A de Nier, et je regarderai les autres en vidéo.

B) Gameplay, OST et direction artistique: une meilleure version ?

Pour revenir sur le gameplay, n’ayant pas fait la version originale en 2010, j’ai regardé des vidéos pour voir les différences. Elles sont flagrantes. Le jeu a été passé en 60 FPS, ils ont retravaillé les textures, les filtres graphiques et les temps de chargement.

Résultat, Nier Replicant remastered est la version ultime du jeu sorti sur PS3 360. Alors bien sur, ça n’enlève absolument le coté jeu de 2010. La plaine est relativement vide, il y a peu de zones à explorer, et la caméra est parfois, vraiment dégueulasse.

N’empêche que ça fonctionne bien sur sa partie Action. C’est dynamique, et fun à jouer... Au début car rapidement, à partir du moment ou les ombres portent des armures, ça m’à cassé les pieds. Les armes font quasiment aucun dégât, il faut les projeter à terrer avec un sort et les finir au sol. Et comptez pas sur Kainé ou Émile pour vous aider, l’IA est vraiment débile à souhait.

Niveau de la magie, certains sorts sont utiles, je pense à la lance, les tirs de boules runiques ou encore la voracité runique. Certaines comme le bouclier servent à rien durant toute l’aventure, littéralement. Quand on tue des ennemis, on récupère des « mots » qui vont vous permettre d’améliorer votre magie, votre attaque physique et votre garde/esquive. C’est très redondant d’aller dans le menu pour changer ça.

Même la collecte d’armes m’a déçu, il y a un marchand d’armes qui vous permet d’améliorer vos armes... Sauf qu’il n’est pas présent dans votre village. Vous ne pouvez pas vous téléporter à la boutique des frères, donc il faut marcher et parfois ils seront là, et parfois non. Et puis quand tu vois les quantités de matériaux à farmer pour améliorer les armes... Mouais j’ai vu bien mieux, FF 8 faisait moins pire dans le genre.

Parlons musique, et là rien à dire, l’OST est excellente. Ça n’est pas mon OST préférée de toute les temps, mais oui, il y a quelques thèmes vraiment magnifiques que je vais vous partager maintenant. En voici 5 que j’ai apprécié:

  • Kainé salvation: le meilleur morceau du jeu. Émotion à l’état brut.
  • Snow Summer: Une solide introduction à l’univers de Nier, triste à souhait.
  • Blu-bird: Peut-être le thème de combat que j’ai le plus apprécié. Pas assez présent malheureusement.
  • City of commerce: le meilleur thème pour une ville dans le jeu.
  • Emil sacrifice: thème tragique pour personnage tragique. Ça fait sens.

Et pour aborder la direction artistique et le level design, il est quand même pas trop mal foutu, la ville de Façade et Littoral ont leur cachet, j’ai particulièrement apprécié certains décors, notamment lors du dernier tiers du run A, dans le château des ombres.

Character design au top, je pense à Devola et Popola, je suis moins fan du character design de Kainé et Émile, mais d’une manière générale, c’est très réussi. Il est tant de livrer mon verdict sur le jeu.

Conclusion

Je suis passé à côté du jeu de Yoko Taro. J’aurai voulu l’apprécier à sa juste valeur, j’aurai voulu me prendre la fameuse gifle vidéoludique que l’on m’a tant vanté depuis des années. C’est pas le cas.

Le grand problème de Nier Replicant, c’est que pour moi, il n’est pas vraiment un jeu pensé pour s’amuser. C’est un de ces fameux jeux d’auteur, comme les jeux de Hideo Kojima, et soit ça passe, soit ça casse. Pour moi, un Run a largement suffit. Je ne m’éclate pas sur le jeu, et quelque part, je ne pense pas que Nier a été pensé pour s’amuser.

Nier a été pensé comme un moyen de déconstruire la base vidéoludique des jeux vidéos japonais ( JRPG, Zelda, Resident Evil entre autres), la mélanger à plein d’autres genres ( shoot em up notamment) et surtout, raconter une histoire triste à souhait, sous plein d’angles différents. Je veux dire, la fin D de Nier vous force littéralement à « effacer » votre sauvegarde de jeu pour être raccord à l’histoire. Quel jeu fait ça ? Il n’y a probablement que Nier.

C’est une oeuvre d’art, une oeuvre poétique, une oeuvre philosophique et aussi quelque part , une bonne grosse blague de Yoko Taro, faut pas oublier que l’univers de Nier découle d’une fin troll de Drakengard, la fameuse fin E. Je suis content d’avoir pu au moins finir l’histoire A de Nier, et définitivement, je pense que la vision de Yoko Taro du média vidéoludique ne correspond pas à la mienne.

Je ne me suis pas amusé sur le jeu, ou peu, parce que l’objectif de Nier n’est pas là. Je me rend compte que plus les années passent, et plus j’ai tendance à me ranger du coté de la team game is for fun. Les jeux vidéos sont là pour être amusants, pour être divertissants. Or Yoko Taro choisit délibérément de saborder le fun de son jeu, pour livrer son contenu aux joueurs les plus tenaces, qui feront toutes les quêtes pourries du titre, qui feront toutes les fins, quitte à sacrifier leur sauvegarde, pour voir toutes les fins.

Je ne fais pas partie de ces joueurs. Je ne joue pas pour me faire troller la moitié du temps. Et malgré que, oui ce jeu est magnifique par moments, y a quelques scènes vraiment poétiques, j’ai adoré la direction artistique, le twist ending est fabuleux, l’OST est phénoménale, et que le remaster a quand même rendu le jeu meilleur qu’à l’époque, je n’ai pas eu la claque promise. Je sais qu’en ne faisant pas toutes les fins, je me prive du principal intérêt du titre, mais je ne peux pas nier, sans mauvais jeu de mots, je ne peux pas nier l’ennui que l’idée de me retaper 4 fois le jeu m’évoque, alors que le premier run en 18h30, m’a parfois bien cassé les pieds.

Je suis bon joueur, je met un 6 à Nier parce que définitivement, ça n’est pas un mauvais jeu, et je vous incite vivement à regarder des critiques de personnes qui considèrent que le jeu est un chef d’œuvre. Il y a une très bonne vidéo Deeper blue du youtubeur Olbius qui explique très bien en quoi Nier a quand même apporté sa touche au monde du jeu vidéo.

Mais pour ma part, je préfère largement retoucher à FF 7 remake ( alors que j’ai une opinion très partagée sur le soft) que de retoucher à Nier Replicant. J’ai pas l’envie, comme on dirait dans le monde de Nier, ich habe... Kainé Lust ?

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