Ramassage de cailloux simulator

Avis sur No Man's Sky sur PlayStation 4

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Test publié par le
Version PlayStation 4

J’ai essayé…

Je vous jure…

J’ai tout essayé pour aimer ce jeu.
Je ne voulais pas croire les réactions assassines d’internet.

Je ne voulais pas croire que les développeurs aient pu mentir à ce point pour un jeu attendu depuis sept années. Je ne voulais pas croire ceux qui comparaient ce titre à un Minecraft solo dans l’espace.
Je voulais poser mes mains non pas sur un jeu vidéo, mais sur un voyage numérique qui m’offrirait des heures et des heures d’évasion vers différents systèmes colorés et oniriques. À l’image de cette jaquette, preuve ultime qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture.

Car tout est vrai.

Voici ma mise en garde, toi qui risques de générer la même naïve erreur que moi ; toi qui es animé d’un esprit contemplatif et adore fuir le temps ; toi qui espères et ne te heurterais qu’à une galaxie de déceptions.

No Man’s Sky est à des années-lumière du chef-d’œuvre tant attendu dans l’industrie du jeu vidéo. Le jeu ultime de l’open world n’est en fait qu’un générateur de farm infini.

Les planètes se ressemblent toutes. Vous n’apercevrez qu’un changement de code couleur sur des terrains aléatoires. La faune et la flore restent bien peu étendues dans 90 % des mondes. Vous placez des versions améliorées des créatures de Spore de temps en temps, vous éparpillez scrupuleusement tous les 50 m des stations spatiales (sur des planètes qui sont censées être inexplorées ??), et hop, vous avez votre aventure. YoUPiii.

Et ces monolithes. Les concepteurs se sont peut-être dit que les fans de SF aiment tellement creuser un univers qu’apprendre les mots de plusieurs langages extraterrestres suffiraient à rendre un jeu passionnant. Non. Non. Non. NON. Les gars, il faut d’abord placer un scénario, un contexte, des personnages, une intrigue, n’importe quoi, AVANT d’inciter le joueur à creuser le cadre et l’ambiance. Pour bien vous faire comprendre l’intérêt de ces recherches de mots, imaginez un jeu Elder Scrolls où la seule activité proposée, en plus de ramasser des fleurs, consisteraient à lire les bouquins éparpillés dans l’immense carte.

Les PNJ sont aussi animés qu’un automate dans une attraction pour enfants attardés. Il n’y a aucun intérêt à communiquer avec eux. Aucun semblant de quête ne vous sera proposée. À la place, un mauvais role play totalement foiré et d’un ennui intersidéral remplace le véritable dialogue. Et les gens se sont plaints de l’interface des conversations dans Fallout 4. Haha. Pour couronner le tout, les animations de ces étrons sur pattes sont toujours totalement à côté de la plaque, n’ont jamais rien à voir avec les textes proposés. Bien joué les gars.
L’autre jour un alien me fait un salut courtois, et le texte me sort qu’il brandit une arme. GG. Immersion 2.0.

Vous aimez ramasser des cailloux ? ÇA TOMBE BIEN VOUS N’AUREZ QUE ÇA À FAIRE.
La source principale de ma frustration pour ce jeu vient de ce système choisi par des résidus d’inceste toujours en gestation dans un cendrier sale. Qui est l’idiot qui a pensé que ce serait amusant de passer 95 % du jeu à devoir recharger le moindre outil de la combinaison ?

Déçu par le contenu proposé vous auriez aimé pouvoir simplement vous balader dans cet univers sans la moindre contrainte ? Moi aussi. Mais toutes les cinq putain de minutes un indicateur insupportable vous rappelle qu’il faut ramasser un certain caillou pour pouvoir recharger un certain équipement de votre combinaison, ou de votre vaisseau. Vous serez obligé de recharger le carburant de votre engin après quatre petits décollages. Cela n’aurait pas été aussi contraignant si l’inventaire n’était pas aussi ridicule. Il n’y a presque aucun emplacement de disponible. Vous vous promenez vingt minutes sur une planète et c’est fini, plus de place, hop on remballe tout. T’es alors obligé de faire des allers-retours entre les stations commerciales pour vendre tes cailloux et autres loots ramassés 1564 fois. Car en plus, ils se payent le luxe de proposer un contenu d’items à ramasser minuscule. Dès que ça se génère pas à l’infini, y’a que dalle.
Les combats spatiaux auraient pu être sympas, mais ils sont là encore gâchés par ce système de rechargement par cailloux. En plein combats, si votre bouclier est déchargé, vous devez ouvrir l’inventaire et réapprovisionner le bousin en cailloux. Histoire de bien casser le rythme, déjà pas folichon.
Il n’y a également pas de véritable sentiment de progression dans ce jeu. La seule chose que vous pouvez améliorer est l’espace dans votre inventaire. Votre personnage et vos objets n’ont pas de stats à proprement parler. Elles ne sont modifiables qu’en incorporant une amélioration directement dans l’inventaire. Ce qui diminue les emplacements libres bien sûr, faudrait pas que vous vous amusiez trop.

Ainsi le jeu se développe selon ce schéma : Arrivée sur une planète => on rentre dans le même immeuble pour la 54e fois => on active un extraterrestre pour la 42e fois, il nous apprend un mot dans sa langue (youpi) => on recharge la combi => on décolle pour se poser 8 m plus loin => on recharge le vaisseau, après avoir ramassé des cailloux => on se fait emmerder par la police de l’espace parce qu’on a ramassé des cailloux => on meurt parce qu’il en arrive à l’infini.

No Man's Sky restera dans l’histoire du jeu vidéo comme le plus gros enfumage jamais établi. Je vous le garanti.

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