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Sean Murray in the Sky with Diamonds

Avis sur No Man's Sky sur PC

Avatar Antigoomba
Test publié par le
Version PC

Avec 700 000 ventes en seulement quelques jours sur Steam, No Man’s Sky est bien l’histoire d’un vol spatial. Hyperpropulsé à la hype9 par des milliers de mineurs-journalistes, nul besoin de radar pour prédire sa chute.

Car le Sean Murray est une espèce d’alien dont le langage s’apprend au fil des interviews. Quand on croyait lire le mot « craft », c’était en fait celui pour « gestion ». « Survival » signifiait « soporifique », et « multijoueur » voulait dire « solo ». Si le but de No Man’s Sky était d’atteindre le centre de la galaxie, il a fini dans le trou noir supermassif. Oups. J’ai peut-être spoilé la fin.

Sortez de vos esprits les images grandioses du trailer des Video Game Awards : vous atterrirez comme tout le monde sur une planète terne, moche et rocailleuse. Elle sera habitée par des lamas-gastéropodes, titubant bêtement en rond sous un ciel vert approximatif. Vous sentirez alors le besoin d’assouvir vos pulsions de minage, qui se transforment rapidement en jeu de rythme à cause d'une surchauffe incessante. L'exploration sera ensuite refrénée par la lenteur abominable des déplacements, que même le trick du coup de crosse ne parvient jamais totalement à gommer.

Après un tutoriel lourdingue mal indiqué, mais le cœur débordant d’espoir, votre premier saut vous amènera vers un monde neuf et palpitant, bien loin des contraintes didacticielles de votre expérience préliminaire. Enfin c’est ce que vous croyez. Cette planète n’aura pas les mêmes couleurs. Pas le même point d’intérêt. Pas les mêmes animaux. Mais dans le fond, ce sera la même. Car No Man's Sky est un jeu de découverte de reliques, de balises et de comptoirs commerciaux sur des planètes censément jamais explorées. Tout le temps : il n'y a que ça.

Vous perdrez foi dans les probabilités vers la dixième. Vous repenserez alors à cette planète océanique désespérément vide sur laquelle, oui, certes, vous n’êtes peut-être resté que vingt secondes. Mais quel dépaysement ! C'était presque aussi bien qu'une partie de Proteus. Avant de rejoindre la meute de mondes continentaux uniformes, à la gravité identique et aux activités similaires. Quand Sean Murray parlait de 18 quintillions de planètes, il fallait comprendre 18 quintillions de fois la même boucle de gameplay. Land, farm, jump. À l’infini.

Parlons maintenant des défauts du titre. Car No Man’s Sky pourrait être un jeu de farm, qu’on lance en regardant une série médiocre. Une activité annexe, forme de stade d’acceptation du deuil de ses illusions brisées. Mais l'exploration est punie par le jeu, en faisant payer au joueur chaque pas, chaque décollage à la surface d'une planète. Le farm est puni par le jeu, avec un inventaire catastrophiquement trop limité pour faire quoique ce soit. L'amélioration de son personnage est punie par le jeu, puisque les modules prennent la place des ressources, rendant la progression d'une lenteur abominable. Lenteur doublée d’absurde devant l’abondance de ces modules aux différences minimes qu’on ne pourra jamais installer. Mais ne pensez pas à vous en débarrasser : ils resteront là pour vous pourrir l’affichage d’une UI Destiny-like, déjà à la ramasse.

No Man’s Sky est une sympathique adaptation d’Out There en 3D, reprenant les défauts de son modèle pour y ajouter les siens. Seulement, c’est une early access qui ne porte pas son nom. Et qui n’aboutira probablement jamais sur une version finale. C’est un doux rêve en semi-échec, une copie bancale de systèmes alambiqués dont le seul intérêt consistait à les mélanger correctement. Jeu vidéo faiblard par ses innombrables défauts d’interface, de contrôles et surtout d’intérêt, on admire son potentiel sans parvenir à en comprendre les erreurs. Pour se consoler, il ne reste plus qu’à explorer cette ambiance singulière et downgradée, en lisant de médiocres blocs narratifs à l’intégration douteuse, vers un objectif peu inspirant.

Et puis bien sûr à foutre 0/10 sur Metacritic, pour apprendre à Sean Murray le langage terrien au fil des reviews.

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60 apprécient · 4 n'apprécient pas

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