♪ Tournent les vies, oh tournent les astres, oh tournent et s'en vont ♪

Avis sur Outer Wilds sur PlayStation 4

Avatar truculento_dantès
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Version PlayStation 4

(Annotation trop longue pour cette liste)

Alors ça c'est ce que j'appelle une Expérience avec un grand E, t'as vu.
Ça c'est du tour de magie qui fait tenir la route à un concept qui semble plus de l'ordre du fantasme casse-gueule que d'un truc vraiment applicable. Et pourtant, ça marche. Les game designers le détestent.
Ce simple fait, au demeurant plutôt fascinant, justifie de se laisser tourbillonner dans cet imbroglio de boucle temporelle, de micro système stellaire entièrement explorable et d'excavation de secrets millénaires.

Laissez-moi vous dire qu'on en vit des grands moments de jeu-vidéo là dedans.
À l'image de cette œuvre atypique, la plupart des planètes incarnent des idées d'une folie et d'une ingéniosité à travers le plafond. ET-ÇA-MARCHE tout le temps. Bien que je m'en voudrais de vous les divulgâcher, mon code de déontologie m'autorise néanmoins à vous assurer que vous tomberez plus d'une fois à la renverse. Attention à ne pas vous blesser, la gravité peut être piégeuse.
Mine de rien, le jeu fait pas mal de trucs qu'il fait bien. Les déplacements, suffisamment subtils pour que SensCritique parle de simulation, sont plaisants. L'exploration, cœur du jeu, atteint l'excellence, on devient de vrais petits archéologues de l'extrême qui recoupent tout un tas d'informations très bien articulées entre elles. Donc une bonne narration qui fonctionne à merveille dans le cadre d'un jeu-vidéo. Les délires quantiques apportent, de leur côté, des puzzles franchement malins.
L'union fait la force paraît-il, ainsi les trop rares fois où tous ces éléments sont utilisés au cours d'une seule et même run, on ressent le potentiel colossal de ce système de jeu à la profondeur qui passe pour insondable. Quoi que vous en pensiez, il est impossible de retirer à Outer Wilds son ambition démesurée. Peu de jeux osent afficher telle témérité, encore moins parviennent à sortir de leurs studios de développement dans un état satisfaisant. Souvenez-vous de No man's sky, souvenez-vous de Cyberpunk 2077. C'est bien beau de vouloir révolutionner le médium vidéoludique, encore faut-il savoir où placer ses ambitions.
Maintenant observez à quel point, dans le cas de la trouvaille d'Annapurna Interactive, le tout tient debout contre vents, marées et cyclones. Vous pouvez ouvrir les yeux et voilà, c'est en ça que ce jeu est extraordinaire.

Mais pourquoi un sept si frileux à la fin ?
Certes ça marche, mais pas constamment de la façon la plus fluide.
Fluide, le framerate ne l'est pas, tout du moins sur ps4 fat qui devrait faire tourner cette vague prouesse artistique, pas technique, les doigts dans le nez. Après j'en sais rien, si ça se trouve, modéliser toutes ces boules qui tournent et qui tournent est un tour de force en soi. Le fait est que ça se sédentarise tranquillement dans les 25 images par secondes, insuffisant.
Ainsi, ça ne marche pas de façon fluide. Ça titube, tombe dans le vide, passe au travers d'un (maudit) trou noir qui le trimballe à quelque milliers de kilomètres de là et de la plateforme visée.
C'est tout la faute à la boucle temporelle qui est introduite de façon très brute. Il n'y a pas de système de checkpoint dans l'espace et le temps qui aurait semblé évident pour éviter de nombreuses attentes et autres allers-retours superflus. Une fois de plus à poireauter que les tours sortent de la sablière-noire et je vous jure que je me jetais dans le soleil.
Quelque part c'est un choix qui peut se justifier, c'est bien, le concept est tenu jusqu'au bout, mais qui joue sans doute son rôle dans le fait que pour une run d'aventure et de découvertes inoubliables, on en a deux machinales, frustrantes et qui tirent en longueur.
Surtout que la boucle en elle-même est assez sous-exploitée lorsqu'il s'agit de lier espace et temps qui n'ont pourtant jamais été à ce point au centre d'un jeu. Il m'est arrivé à seulement deux reprises de devoir agir dans un coin du système stellaire à tel moment du cycle pour enclencher un évènement à l'autre bout de l'espace explorable qu'il faut exploiter avant que la supernova ne nous rattrape. Ce furent deux climax grisants qui semblent aller de soi dans une telle proposition. Or, en dehors de ces deux exceptions, il n'est jamais utile d'explorer plus d'un lieu au cours d'une même boucle. C'est vraiment marcher sur le râteau de si peu cultiver la meilleure pousse de ce que peut proposer ton petit potager.

Il faut être d'un sadisme sans borne pour taper de la sorte sur cette Expérience, avec un grand E je le rappelle, qui a l'intrépidité de tenter un coup pareil mais qui s'en sort malgré tout avec les honneurs.
Outer Wilds décolle vers de nouveaux horizons sauvages, y perd forcément quelques plumes mais c'est de ce genre d'initiative dont a besoin toute forme d'expression pour s'élever haut dans les cieux. Car aussi boiteux que peut paraître le jeu de Mobius Digital, c'est à n'en pas douter un satellite qui fera date dans la vaste galaxie du jeu-vidéo.
Hâte de voir son héritage qui, sous son œil bienveillant, j'en suis certain, ne manquera pas de proliférer dans les années à venir. Une civilisation n'oublie pas ce genre de travaux dantesque, elle prend note, reprend le flambeau et s'élève plus haut encore.

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