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Avis sur Persona 5: Strikers sur PC

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Version PC

Débutée sur la première Playstation en 1996, la licence qui n’était à l’époque qu’un dérivé de Shin Megami Tensei a parcouru bien du chemin. Englobant une vingtaine de titres, remakes, spin-offs et portages inclus, Persona est aujourd’hui une série avec laquelle il faut compter. La récente sortie d’un sixième opus principal (Persona 2 comptant double), dont la version augmentée, Royal, est finalement parvenue localisée sous nos latitudes, a par ailleurs définitivement assis son statut en Europe. C’est donc tout naturellement que les Voleurs Fantômes nous reviennent aujourd’hui, avec Omega Force aux manettes, pour la suite de leurs aventures mais avec un twist. Exit le tour par tour, il faudra désormais composer avec des combats en temps réel, dans la plus pure des traditions du studio japonais. Mais pour autant, ne faut-il voir en Strikers qu’un Musou Persona-lisé, ou bien est-il plutôt un Persona à la Musou-ce ?

Last Surprise
Six mois après les événements narrés dans Persona 5, Joker, dont le nom a été blanchi, a pu reprendre sa tranquille vie provinciale, accompagné de Morgana. Leur mission accomplie, les Voleurs fantôme sont désormais dissous, mais les amitiés ont perduré. Les examens sont maintenant derrière eux, les vacances d’été leur tendent les bras, l’occasion est trop belle pour ne pas profiter de cette première vraie période de repos et réunir la troupe. Un plan camping met tout le monde d’accord, les adolescents s'attèlent alors à leurs préparatifs à l’aide d’EMMA, une application proposant les services d’une assistante personnelle ultra-sophistiquée. Mais malheureusement pour nos cambrioleurs, le destin a bien d’autres projets pour eux et va mettre sur leur chemin une jeune styliste, idol à ses heures perdues, en tournée promotionnelle au centre commercial. Une rencontre à l’issue de laquelle une sensation bien trop familière se manifeste : un nouveau Palais fait son apparition. Ou en tout cas, quelque chose qui y ressemble à s’y méprendre. Pas de repos pour les braves, l’heure d’enfiler à nouveau le costume a sonné, pour une ultime mission qui mènera nos héros à travers tout le Japon.

Life will (not) change
Petit cours de rattrapage : Persona 5 Strikers est la suite directe du jeu originel et non de sa version complémentaire sous-titrée Royal. Certains personnages, exclusifs à cette dernière ou qui y ont vu leur destinée sensiblement modifiée, ne figurent donc pas dans ce nouveau chapitre des aventures des voleurs de cœurs. Car oui, il s’agit bien d’une véritable suite à part entière et non d’un de ces épisodes alternatifs, fanservice ou filler dont Omega Force a pu nous gratifier de nombreuses fois au fil des emprunts de licences. La première chose qui frappe quand on lance le jeu est d’ailleurs son respect maniaque envers la série d’Atlus. Que ça soit au travers de sa direction artistique inimitable, son flow musical (attention, remixes de l’amour et petites nouvelles qui comptent bien se faire remarquer) ou ses longs dialogues, le titre transpire littéralement Persona 5 par tous les pores. Tout est là, jusqu’au moindre petit bip d’une interface toujours aussi stylée. Mais cette adhésion aux codes de la franchise n’est pas que cosmétique, puisque la structure du jeu original est également de la partie. Ainsi, de son auguste aîné, Strikers conserve le découpage narratif par journées, la quasi intégralité des mécaniques de gestion du groupe, et surtout la dualité entre monde réel et exploration de la psyché des opposants par le biais de donjons, désormais appelés des Prisons et soumis à des règles légèrement différentes.

Les Prisons du coeur
En tant que titre co-développé par Omega Force et Atlus, on aurait tendance à cataloguer Persona 5 Strikers comme un Persona Warriors avant même d’avoir posé les mains sur le titre. Les trailers eux-mêmes n’ont d’ailleurs jamais vraiment démenti cette éventualité, sans la confirmer pour autant. Nombreux sont donc les joueurs qui s’attendent à des Prisons reprenant la formule Musou, avec ses vastes champs de batailles interchangeables et saturés de points stratégiques adverses à capturer et d’ennemis à occire en spammant inlassablement les combos les plus efficaces de notre personnage. Autant jouer carte sur table, les amateurs de bourre-pifs risquent d’être déçus. En effet, Strikers s’éloigne drastiquement du modèle habituel afin de coller toujours plus à la patte Atlus. Les Prisons sont loin de n’être que des couloirs surchargés d’opposants. En lieu et place, on retrouve des donjons similaires aux Palais, à l’esthétique inspirée par la psyché de leur Monarque et proposant quelques gimmicks ponctuels. Les ennemis s’y déplacent toujours selon des routes prédéfinies et le système de couverture et d’embuscade reste d’actualité, permettant au joueur furtif de débuter une escarmouche avec un énorme avantage. La grosse différence, c’est que désormais, entrer au contact d’un ennemi n’enclenche plus un combat au tour par tour, mais enferme le joueur et son groupe dans des arènes à la taille réduite, le mettant aux prises avec ses ennemis en temps réel.

Bourre l’arène
En combat, le constat est encore plus flagrant. Si les bases du gameplay de Persona 5 Strikers sont bien celles d’un Musou, avec ses combos constitués d’une succession de coups faibles s’achevant sur une attaque puissante et sa jauge de coups spéciaux, pour tout le reste, c’est bien Persona qui s’exprime. Ainsi, les armes à feu font leur retour et les personae de nos héros font bien évidemment partie de la fête. Ces dernières s’utilisent de deux façons différentes : l’une passive, une persona intervenant automatiquement en complément des frappes normales du joueur, et l’autre active. D’une pression de gâchette, l’action se fige alors et un menu s’ouvre, permettant de sélectionner l’une des compétences de son alter-ego et d’en visualiser la zone d’effet. Les faiblesses et résistances sont également toujours d’actualité : une petite boule de feu bien placée sur un tas de Jack Frost et en avant les All-Out Attacks. Mais c’est surtout au niveau de la densité des packs ennemis que Strikers se distingue du modèle Warriors, de prime abord. Les arènes sont, la grande majorité du temps, bien moins peuplées qu’à l’accoutumée pour un titre signé Omega Force. Les affrontements d’envergure, ceux où le joueur se métamorphose en armée d’un seul homme, font ici plutôt figure d’exceptions, le jeu préférant généralement lui opposer quelques poignées d’ennemis quand ce n’est pas carrément un unique belligérant extrêmement coriace.

Certains l’aiment chaud
Toutefois, un nombre moins élevé d’opposants ne signifie pas nécessairement une intensité moindre. Les Musou ont pour habitude de privilégier quantité à qualité, en vomissant au visage du joueur une horde d’ennemis jamais très futés, rarement agressifs, faisant plus office de chair à canon entre deux boss. Encore une fois, Persona 5 Strikers cultive sa différence en n’empruntant pas les sentiers balisés par des dizaines de jeux avant lui. Persona oblige, les ennemis sont des démons recrutables par Joker, ce qui sous-entend qu’ils disposent également des mêmes compétences que lorsque le joueur les utilise. Les démons qui peuplent les Prisons sont donc très agressifs, frappent souvent très fort, spamment éhontément leurs attaques spéciales couvrant souvent de longues distances avec des zones d’effet parfois phénoménales et profitent également du système de faiblesses à double tranchant. Qu’on se le dise, la difficulté de Strikers s’avère plutôt relevée, et ce dès le premier donjon, comme si Atlus avait pris peur à l’idée de participer à la création d’un Persona dans lequel le joueur ne verrait jamais l’écran de Game Over. Pari réussi, donc, tant les affrontements ne sont jamais gagnés d’avance et exigent bien plus de vigilance qu’habituellement, sous peine de voir un membre de l’équipe au tapis après seulement quelques coups.

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