The only moment a lawyer can cry is when it's all over.

Avis sur Phoenix Wright : Ace Attorney - Trials and... sur Nintendo DS

Avatar Tezuka
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Version Nintendo DS

La musique s'emballe, les preuves frappent et acculent petit à petit l'accusé. Suant à grosses gouttes, il lance dans un dernier sursaut de désespoir une ultime objection, futile résistance que je balaye sans même y faire attention. Tout est clair maintenant. Je me racle la gorge, brandis un doigt vengeur :

"OB..."

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Revenons deux ans plus tôt.

Au cours d'une discussion sur internet concernant du cosplay, une amie m'avait fait remarquer, avec beaucoup de majuscules et de points d'exclamations :

"Hé, tu devrais venir en GODOT !!!"

...

Bien sûr, sur le moment, j'avais trouvé étrange l'idée de me déguiser en un personnage de Samuel Beckett qui, somme toute, n'apparaît pas de toute la pièce où il est mentionné. Mais bon, comme à l'époque j'étais déjà très malin j'avais tout de suite senti le quiproquo et avais agi en conséquence. Une minute et deux recherches Google plus tard, j'avais découvert la série des Ace Attorney.

Phoenix Wright, jeune avocat, se débat pour défendre des accusés manifestement tous plus coupables que les autres dans un jeu Nintendo DS à la réputation déjà bien établie. Je n'ai pas résisté, et j'ai, bien sûr, cédé dès que j'ai pu à l'appel de l'épisode 1, Phoenix Wright : Ace Attorney, avec un plaisir certes appréciable mais ma foi pas transcendant. Et surtout, pas de Godot à l'appel. Second opus, quelques déceptions, quelques sourires, pas de Godot non plus.

J'ai assez attendu Godot. Deux ans. Aujourd'hui, j'ai terminé le dernier opus de la trilogie. J'ai lutté avec acharnement contre un adversaire plus terrifiant que jamais. J'ai vaincu mes fantômes et renvoyé les esprits criminels dans les limbes. Armé de ses mots, Phoenix Wright a mis fin à l'affaire DL-6 et ôté son masque de mystère à cet homme au lourd passé, accro au café aussi amer que lui que l'on appelle Godot.

La série ne pouvait pas mieux se finir. Cinq affaires parfaites aux rebondissements et au crescendo éblouissants, des musiques à se damner et des personnages aux lourds secrets. Une affaire finale dénouant tous les mystères, jusqu'à ceux remontant au premier épisode. Un procureur au masque rouge. Du café. Des punchlines qui tuent.

Dieu, que c'est bon.

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Les derniers dialogues clignotent à l'écran, le bruit de la machine à écrire retentit pour la dernière fois. Je n'ose effleurer la touche A qu'avec respect, comme on met fin à une vie du bout des doigts. Dans quelques secondes tout sera fini. Plus qu'un mot à prononcer et la vérité sera révélée. Je vais dans le "court record". Je sélectionne la preuve, la preuve finale, si évidente. Ma main trépide au-dessus de la touche. Pour la première fois dans ma vie de joueur, je retiens mon souffle, le sourire aux lèvres.

"...JECTION !"

Rideau.

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