Toi et moi et (peut-être) pokémon (Switch 1ère phase)

Avis sur Pokémon Bouclier sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Sorti le 15 novembre 2019, Pokémon Boucliépée est le dernier né de la franchise désormais mythique de GameFric. Nouveau jeu sur un nouveau support et nouvelle génération de pokémon, tout y est.

Alors pour expliquer mon rapport à la série, comme ça vous avez directement mon biais d'analyse écrit noir sur blanc et la capacité de comprendre que mon objecivité est comme d'hab aux fraises, je suis une joueuse de la première génération de pokémon qui a suivi la série avec beaucoup d'intérêt jusqu'à pokémon émeraude. Après ça, j'ai joué à Diamant, Noire, Y et Soleil avec à chaque fois des années de décalage et un intérêt plutôt fluctuant (j'ai fini Diamant dont je garde un bon souvenir tout en ne me rappelant de rien sauf que c'est un bon jeu paradoxalement, je n'ai jamais fini Pokémon Noir car j'ai perdu la cartouche mais je me souviens avoir beaucoup aimé le délire autour de N, j'ai apparemment passé 40h sur Y sans me souvenir de rien du tout sauf du renard magicien et son feu ensorcelé, et je n'arrive pas à accrocher à Pokémon Soleil). J'aime globalement la série comme tous les gens qui ont eu le plaisir de grandir avec mais c'est vrai qu'avec le temps passant, les jeux m'ont moins attiré. Globalement, je reproche à la série d'être devenue un peu simple voire simpliste et de ne jamais exploiter son système à fond dans le jeu solo. Je ne joues pas en multi que je trouve trop exigeant en revanche.

Je suis donc une connasse, comme vous l'avez deviné.

J'ai fait l'acquisition de bouclier en janvier 2021 après avoir réfléchi et m'être dit pourquoi pas finalement.

Donc spoilons mes bons.

**I - Tu vas pas beaucoup Galarer**

On va commencer par évacuer des trucs dont j'ai pas spécialement envie de parler. J'ai terminé le jeu en 20h environ en prenant mon temps autant que faire se peut. Le jeu est extrêmement facile et une quasi ligne droite.

On pourrait me rétorquer que c'est le cas de l'ensemble des jeux pokémons mais je tiens à objecter quelques chose : c'est faux. Il n'a jamais été si évident que la série soit simple au point d'être simpliste. Et si j'en comprends l'objet, à savoir continuer la politique de Nintendo de vendre ses galettes à un public toujours plus étendu et pas cantonné aux simples "gamerZ", je me dis que les jeunes qui ont commencé avec pokémon bleu n'était pas bien différent des jeunes qui commenceraient la série avec Boucliépée. A partir de là, la stratégie de rendre tout très très simple dans le jeu n'est pas entièrement justifiable par le besoin de rameuter un nouveau public.

De quoi je veux parler quand je parle de simplicité ? On parle ici d'un jeu qui vous offre trois starters extrêmement forts, peut-être plus que dans les versions précédentes (et on me dit dans l'oreillette qu'on a déjà eu un Amphinobi le GOAT comme starter) : mais là on passe un stade, surtout avec Flambino, le lapin footballer que l'on renommera Lapinoupinou qui est le meilleur starter toute génération confondue. Stats de fou, attaque signatures fumée et évidemment le talent caché Libéro qui lui permet d'être le meilleur starter et le meilleur numéro 7 de captain Tsubasa (??). Je crois vraiment qu'il ne lui manque d'un double type fumé pour compléter le tableau. Les deux autres ne sont pas en reste non plus.

Les premiers pokémons que l'on peut capturer suffisent amplement à finir le jeu. Jeu qui, naturellement, permet de toujours être en avance de level sur les adversaires même sans farmer. Quant à si vous voulez farmer... ce qui a été mon cas par exemple. Disons que je suis arrivée à la fin du jeu avec Lapinoupinou nv 96 et que ça a fait disparaître la notion de résistance dans le jeu. Et ce sans exploiter totalement les nouveautés de gameplay.

II - LAPINOU DIGIVOLVE-TOI EN LAPINOUPINOU

Et les nouveautés, justement parlons-en. Pokémon se cherche depuis quelques années sur le système qu'il souhaite utiliser : on a eu les méga-évolutions, les capacités Z et désormais le Dynamax/Gygamax qui fait grandir les pokémons et remplacent leurs compétences par des attaques génériques déterminées par le type de compétence que possède votre pokémon de base (une capacité feu donnera au pokémon dynamaxé la compétence pyromax, une compétence vol donnera aéromax, indépendamment de ce que sont réellement ces compétences.). Alors autant le dire, pour moi, aucune de ces idées n'étaient bonnes. La moins pire était la méga-évolution qui offrait au moins un visuel vraiment sympa aux pokémons en bénéficiant mais son défaut était de ne concerner justement que quelques pokémons.

Je ne vais pas m'étendre sur les capacités Z, aucune idée de comment ça fonctionne sauf des généralités que j'ai lu (preuve que j'ai réellement pas adhéré au concept SoLune) mais le dynamax est une fusion des deux si je comprends bien. Au lieu de ne concerner que quelques pokémons, on peut dynamaxer tout le monde et les compétences deviennent des compétences uniquement disponible sous la forme dynamax. Le gigamax est une forme qui ne concerne que des pokémons spécifiques de chaque race, qui obtiennent ainsi une forme différente et d'autres capacités encore.

En gros et pour résumer mon avis : ça flingue les combats sans rien ajouter de spécial. La forme Dyna/gigamax (D/G à partir d'ici) donne des stats fumées pendant 3 tours et permet généralement de faire des trucs que l'on ne pourrait pas faire sans dans les combats qui le permettent. Le fait de ne prendre que le type des compétences que notre pokémon apprend pour lui donner ses nouvelles compétences D/G permet une versatilité de kit insane qui casse le jeu. On peut littéralement avoir 4 types de capacités différentes et donc fumer les arènes et les dresseurs puis les poké-masters avec deux pokémons qui exploitent l'ensemble des faiblesses du roster ou presque.

Bref, là où personnellement je voudrais d'un pokémon qu'il me force à faire des choix radicaux dans mes équipes, on se retrouve face à un jeu qui te file un passe-partout et amuse toi bien. Mais ça n'est pas amusant.

La deuxième nouveauté du jeu par contre, ce sont les Terres Sauvages. En gros une énorme zone de jeu où l'on trouve des pokémons de tous les niveaux, de tous les types, à tous les stades d'évolution, où le décor évolue en fonction de la météo et où l'on peut affronter des formes dynamax/gigamax lors de raid inspiré de Pokémon GO. L'idée est excellente, la sensation de liberté folle et l'expérience qu'on en retire est exceptionnelle. Vraiment, pour le coup les TS m'ont replongé dans la pokémania des premiers temps avec une façon d'aborder le jeu totalement différente.

Mais le problème, il est en début de phrase : ce n'est qu'une zone de jeu (deux autres dans les DLC). Et c'est dommage d'avoir exploité l'idée comme ça. A mon sens il aurait fallu que les TS soient au centre du gameplay : moins d'histoire, plus de phase de jeu qui nous oblige à explorer les capacités de nos pokémons pour avancer de ville en ville. Des captures rendues, pourquoi pas, nécessaires justement pour étendre la zone des terres sauvages et pousser l'exploration toujours plus loin. Mais, ce n'est pas le choix qui a été retenu et bien que les TS soient une bouffée d'air frais, en présentant notamment un défi plus important que celui posé par le jeu entier.

Par ailleurs, le deuxième problème des TS, c'est le fait qu'elles sont gamebreaker, comme si le jeu et les TS avaient été pensées comme deux éléments différents et indépendants : se perdre dans les TS pour capturer, combattre et explorer, c'est aussi obtenir beaucoup trop d'expérience facilement. Les raids dynamax offrent des superbonbons et autres objets permettant d'accumuler l'expérience tandis que l'on peut rapidement se battre contre des adversaires avec 20 niveaux supplémentaires mais moins rapide et avec un type défavorable. Comme je l'ai dit, j'ai fini avec quasiment une différence de 30 niveaux avec le niveau du dernier combattant et c'est uniquement sur une erreur tactique (un mauvais dynamax) que le combat ultime m'a posé un problème.

III - Des Arènes, des couloirs et la série Z

Niveau scénario, on est sur un truc indigent vaguement griffonné sur un papier à la pause déjeuner.

Non je déconne. C'est un scénario de série Z absurde avec des rebondissements téléphonés très largement desservis par l’agacement provoqué par un élément: le fait que le jeu ne nous lâche jamais vraiment comme dans les précédents où l'on avait quand même le plaisir d'être tranquille dans notre exploration en dehors des villes.

Les développeurs se sont dit que ça serait intéressant de faire ça de deux façon différente : la première dont on se rend compte assez facilement, c'est grâce à Nabil. Ce bon vieux Nabil, qui en dehors d'être un membre du groupe PNL, est également un dresseur pokémon et votre rival qui va vous défier TOUTES LES DEUX SECONDES. C'est d'autant plus agaçant que contrairement à un Blue/Green, Silver et autre, Nabil est TOUJOURS nul. Ses atermoiements ne le rendent pas plus sympathiques et ses nombreux défis finissent d'achever le peu de sympathie qu'il inspirait de base.
Le deuxième moyen déployé par le jeu pour ne jamais vous lâcher c'est le fait que le jeu est un long couloir en ligne droite : fini les explorations et les zones regorgeant de secret vous obligeant à revenir plus tard avec les compétences adéquates pour découvrir moult nouveaux pokémons et autres trésors : il suffit de basculer son stick vers l'avant pendant 20h et vous voilà à la fin du jeu. Je ne sais pas qui a eu l'idée de mettre dans un même jeu une linéarité absolue entre les villes et un micro open-world symbolisé par les terres sauvages mais ça ne fonctionne juste pas. C'est nul, malgré la beauté des décors et frustrant au bout de quelques heures lorsque l'on comprend que l'on ne pourra jamais réellement être tranquille.

Niveau game-design, on retrouve le système d'Arènes, on fait le tour des villes pour combattre les champions. Chaque Arène propose désormais un défi initial en plus de ses dresseurs à battre et de son maître d'arène. Sans être transcendant, j'ai trouvé plutôt sympa. Plus qu'un tour des îles de la génération précédente.

Vaincre les Arènes permet d'accéder aux poké-masters

un tournoi qui se déroule en deux étapes, d'abord un combat entre les challengers, puis un affrontement entre les maîtres d'arène et le maître de la ligue. L'idée est intéressante mais gâchée par la difficulté inexistante du jeu. Redécouvrir les équipes de nos champions auraient pu être un plaisir mais voilà. En plus, le fait est que le jeu est très prévisible : on sait qui va se qualifier à la gueule des matchs et c'est très dommage, parce que créer des surprises sur ça aurait pu être une idée intéressante.

IV - La réal de Madrid

L'exploration dans un pokémon est un élément important de l'aventure (du moins pour moi), on peut difficilement nier le soin artistique apporté au jeu. C'est beau, c'est coloré, ça n'en fait pas trop sans tomber dans le truc ridicule. Mention spéciale pour la caverne qui brille à fond et la forêt à côté de l'arène fée, c'était franchement cool. Les villes sont toutes jolies aussi.

Niveau nouveaux pokémons, on retourne enfin sur des design intéressants. On est passé du porte clé à des trucs ressemblants un peu plus à des pokémons ce qui est plutôt cool parce qu'on était à deux doigts d'avoir des pokémons radiateurs et autre panneau de signalisation vu le manque d'inspiration depuis une ou deux générations. Les formes régionales de Galar sont top aussi, une idée déjà séduisante dans pokémon SoLune.

On signalera la bonne idée de voir les pokémons enfin apparaître dans les hautes herbes, un plaisir.

Voilà pour la réal. Pour le reste... c'est une catastrophe. Le jeu n'exploite clairement pas la console et on sent que ça a tâtonné fort chez GameFric pour savoir comment passer d'un format portable à une console bien plus puissante. On est sur le minimum du minimum au niveau de toutes les animations et même en terme de vie dans le monde de pokémon Boucliépée. Les cinématiques ont beau être belles artistiquement, elles sont dégueulasse vidéoludiquement : on se contente du minimum là aussi avec une mise en scène très statique qu'on voyait à l'époque antédiluvienne de la PS3.

Le doublage manque particulièrement, le soin dans les expressions aussi, dans la grandiosité du monde de pokémon et des impacts des pokémons. En combat, en cinématique, sur les phases de gameplay d'exploration. Bref, ça manque de finalisation.

Niveau bande-son rien à dire, je n'ai pas l'oreille musicale de base comme je n'arrête pas de le dire : les BO des jeux me laissent de marbre dans 90% des cas, ce qui est signe qu'il n'y a rien de notable. Je ne crois pas avoir entendu quoi que ce soit de choquant.

V - Conclusion

Pokémon Boucliépée est mon deuxième jeu fini sur switch et malgré ses défauts et ses manques, il apporte une fraicheur sympathique à la série. Malgré ses imperfections, je sais que je finirais par y revenir pour compléter le contenu endgame et ses DLC sans que ça ne change mon avis du tout dessus. Personnellement, c'est un jeu que je recommanderais d'acheter avec aucune autre exigence que celle de vouloir passer un bon moment devant un pokémon next-gen qui a sans doute manqué un peu d'ambition.

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