Pokémon Rouge (GB)

Avis sur Pokémon Rouge sur Game Boy

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Version Game Boy

Alors que la Pokémania n'avait pas encore frappé l'Occident de plein fouet et que personne ne connaissait l'existence de Pikachu et ses amis, le Nintendo Mag officiel de l'époque avait dédié un article à ces petites bestioles et avait même présenté le Pokédex des vingt premières d'entre elles. Bulbizarre, Herbizarre, Florizarre, Salaméche, Reptincel, Dracaufeu, Carapuce, Carabaffe, Tortank...

Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais quand j'ai vu cette fameuse double page avec les artworks des créatures et la liste des attaques qu'elles apprenaient, j'ai aussitôt craqué. J'ai attendu le jeu avec impatience, et j'ai couru l'acheter le jour de sa sortie. Je me souviens du dilemme une fois arrivé au magasin : devais-je prendre la version Rouge ou la version Bleue ? Après dix bonnes minutes d'intense réflexion à lire le dos des boîtes de chaque version (les textes étaient identiques), j'ai opté pour la version Rouge.

J'ai hésité entre Dracaufeu et Tortank alors qu'en fait, j'ai opté pour Bulbizarre. J'ai tout de suite accroché au concept, collectionneur que je suis, et j'ai passé près de 500 heures sur cette seule version. Avec le recul, je me demande encore comment j'ai pu dégager autant de temps pour y jouer. Toujours est-il que lorsque le jeu est sorti en France, peu de joueurs s'y intéressaient. La véritable explosion n'eut lieu qu'avec la diffusion du dessin animé sur TF1, un dessin animé dont l'image enfantine était en décalage avec la réalité de son homologue vidéoludique, au gameplay aussi profond qu'addictif.

Toujours est-il que la machine était lancée et que les cours de récréation allaient être envahies par Mélofée, Rondoudou et Psykokwak. Peu à peu, j'ai converti certains de mes amis (et même des filles !) au jeu, ce qui nous a permis de découvrir l'un des aspects les plus intéressants du jeu, à savoir les échanges. A l'époque, cela passait presque pour une petite révolution : deux consoles, un câble, et hop ! On échange des créatures, et on peut même s'affronter. Mais à l'époque, personne n'imaginait que dix ans plus tard, on jouerait avec une console tactile qui fonctionnerait sans piles et qui permettrait de faire tout ça sans fil grâce à Internet. Non, à l'époque, on se contentait d'un câble link trop court et d'une Game Boy immense, informe et gourmande.

Bon, c'est sûr qu'aujourd'hui, avec ses graphismes immondes, Pokémon Rouge fait pâle figure. Il a pourtant réussi à poser les bases d'une série au concept redoutable et qui continue à se vendre comme des petits pains. Tout cela n'aurait jamais été possible sans le génie de Satoshi Tajiri, le cerveau derrière le concept, et Ken Sugimori, le créateur derrière le design des 251 premières créatures. Tantôt mignons, tantôt redoutables, les Pokémon ont la particularité d'avoir à la fois un style simple et une véritable identité, généralement renforcée par le dessin animé qui tente de faire intervenir le plus grand nombre de ces drôles d'animaux de compagnie.

Et puis il y en a tellement que tout le monde peut avoir son sien, son préféré à lui, son petit protégé que personne d'autre il a le droit de toucher. On finit aussi par avoir ses types préférés. Personnellement, je commence toujours l'aventure avec le starter Plante, et j'apprécie tout particulièrement les Pokémon Spectre. Alors le jour où il y aura un Pokémon Plante Spectre... Le fantôme de mon défunt fraisier, peut-être ?

Depuis Pokémon Rouge, je n'ai jamais réussi à lâcher la série, et je prends toujours autant de plaisir à faire et refaire les différents épisodes. C'est même la troisième génération, celle de Rubis et Saphir, qui m'a fait acheter ma GBA. Mais c'est vrai, aucun ne m'a encore rendu fou comme ma toute première version que j'ai parcourue avec mon Florizarre, mon Léviator et mon Roucarnage. Je me souviens encore de la fierté lorsque j'ai enfin acquis mon cent-cinquantième et dernier Pokémon sur cette version : c'était Galopa. Sauf que j'étais tellement pressé de passer le dialogue de la fin du combat pour le voir évoluer que j'ai appuyé sur B au moment où mon Ponyta allait évoluer, ce qui lui a fait changer d'avis.

Autre grand moment de solitude : quand j'ai compris qu'il y avait des Pokémon plus difficiles à capturer que Métamorph, contre qui j'avais utilisé ma Master Ball. Oui, quand je raconte ça à tous les jeunes Pokémaniaques effrontés, ça les fait rire. Sauf qu'à l'époque, on faisait ça à l'ancienne ! Pas de Pokédex machin sur Internet ni de soluce bidule dans les magazines. Au feeling, monsieur ! Parfaitement ! Du coup, levelling intensif de Lippoutou pour la mettre au niveau 100, histoire de faire un Grobisou à Mewtwo pour le capturer à coup d'Hyper Balls. Enfin, c'est tout de même rare un jeu qui vous donne toujours autant de plaisir dix ans après. En espérant que la série nous fasse encore dix ans de plus. Et encore. Et encore. Et encore...

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