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Avis sur Rainbow Six: Siege sur PC

Avatar Rêve Lunaire
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Version PC

Le jeu Tom Clancy que personne n'avait vu venir va bientôt fêter son 2e anniversaire. Vaut-il toujours la peine d'y jouer ? Bon, vous connaissez probablement déjà ma note, autant donc commencer à vous expliquer pourquoi ma réponse est "oui, absolument".

Rainbow Six : Siege est un jeu bien particulier dans l'univers du FPS. Son schéma de base reprend les codes classiques bien connus par les joueurs de Counter-Strike : deux équipes de 5 joueurs s'affrontent en plusieurs manches où chacune va devoir tour à tour attaquer ou défendre un site où se trouve une bombe, un otage ou un container radioactif avec pour but soit de le sécuriser, soit de tuer toute l'équipe adverse avant la fin du round.

Si l'objectif du jeu demeure le même, il y a trois éléments qui le différencient fondamentalement de CS :

  • Les personnages : R6S est en effet un FPS à classes : tu n'incarnes pas un soldat ou un terroriste anonyme, mais bien un personnage particulier ayant un nom propre et des capacités à lui. Chaque agent de R6S dispose d'un choix limité d'armes personnalisables qui dépendent de l'unité policière dont ils font partie et et d'outils comme les grenades frag ou les fils barbelés, de statistiques d'armure et de vitesse spécifiques, mais surtout d'un gadget spécial que nul autre agent n'a dans le jeu : Jäger peut déployer des mini-robots qui détruisent les explosifs en vol, Thatcher a des grenades IEM qui détruisent immédiatement tous les gadgets électroniques dans la zone d'impact, Jackal peut identifier les empreintes des agents ennemis pour les traquer... ces aptitudes uniques offrent une variété de gameplay surprenante pour un jeu de tir tactique qui te permet de changer de stratégie selon la carte ou la composition supposée de l'équipe adverse. A la différence aussi d'Overwatch ou Team Fortress 2, les agents sont strictement séparés en deux listes selon que l'on est en attaque ou en défense ; il n'est jamais possible de choisir des agents d'attaque en défense ou vice versa, ce qui réduit fortement les chances d'être accusé de ne pas jouer le "bon" perso pour la situation.
  • Le décor : contrairement à une bonne partie des FPS, les maps de Siege offrent fondamentalement une structure en sandbox. Les murs, les sols et les plafonds ne sont plus ces éléments impénétrables qui empêchent à jamais l'ennemi de te tirer dessus ; selon la matière dont ils sont constitués, ils peuvent être détruits par des coups de coude, pénétrés par des balles ou explosés avec des gadgets pour créer des angles inattendus sur l'ennemi. L'équipe en défense dispose certes d'outils pour renforcer les murs ou créer des barricades, mais on ne peut jamais que ralentir l'ennemi, jamais l'arrêter : il y aura à peu près toujours un moyen par lequel on peut détruire les barrières qui vous empêchent de planter une balle dans le crâne de ceux qui campent dans le coin de la pièce. Non seulement on donne à chaque agent une façon de s'infiltrer dans la forteresse adverse, mais on démultiplie les stratégies d'approche dans chaque map et rend la connaissance de cette dernière encore plus importante que dans les autres FPS.
  • Le renseignement : les positions respectives de l'objectif et du spawn attaquant n'étant pas connues par l'autre équipe, il devient dès lors nécessaire de savoir où se trouve l'équipe adversaire avant de planifier son attaque. Chaque manche commence ainsi par une phase préparatoire où la défense fortifie la zone autour de l'objectif tandis que l'attaque déploie des drones avec pour but d'obtenir le plus d'information possible sur l'ennemi (position de l'objectif, des joueurs, des pièges etc) sans être repéré. Lorsque la phase d'action commence, l'équipe en attaque dispose d'un second drone pour explorer la zone avant d'avancer et l'équipe en défense a accès à un système de caméras pour observer les mouvements de l'ennemi. On meurt très vite dans Siege, alors on a intérêt à ne pas foncer dans une pièce sans savoir d'où l'on peut nous tirer dessus ! Il faut employer toute son intelligence et sa créativité pour obtenir le renseignement nécessaire et l'utiliser à bon escient.

Siege offre donc un gameplay parmi les plus intéressants de cette génération de FPS. Si Ubisoft continue avec son rythme de 8 nouveaux agents introduits chaque année le jeu ne va sans doute stagner prochainement. Mais que dire de son contenu ? A part les deux modes PvP (casual et ranked), le jeu offre un mode PvE (chasse aux terroristes) avec les mêmes objectifs que les mode de base + un mode classique où l'on doit simplement éliminer tous les terroristes sur la map, et enfin une courte série de missions solo appelées "situations" qui fonctionnent aussi de tutoriel. Gagner une partie dans n'importe quel mode donne en guise de récompense des crédits appelés "renommée" qui peut être utilisée pour débloquer des agents (dont aucun n'est disponible d'emblée), des accessoires pour les fusils ou alors des skins et d'autres cosmétiques. Il ne faut pas trop désespérer devant ce format "free-to-play", car au bout d'une vingtaine d'heures on aura ramassé assez de renommée pour acheter tous les agents de base (pour les DLCs c'est une autre histoire... mais au moins en théorie on n'est pas obligé de dépenser d'argent supplémentaire pour les avoir). Malheureusement, les trolls qui tuent leur propre équipe en dehors du ranked sont monnaie assez courante à défaut d'un système de signalement performant, et malgré les promesses d'Ubisoft on attend encore après 2 ans de pouvoir signaler autre chose que les cheats. Si le troll est isolé on peut au mieux espérer la coopération des autres joueurs pour le kick de la partie. Malgré cela, on parvient tout de même à avoir plein de bons matchs même en quickplay.

Ubisoft semble bel et bien engagé à améliorer ce jeu sur le long terme, alors si vous aimez les FPS multijoueur intelligents et vous n'êtes pas effrayés par les trolls ainsi que les gamins et les Russes ordinaires venez déguster Rainbow Six : Siege avec votre meilleure souris à capteur optique.

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