Resident Evil 5, comme la note

Avis sur Resident Evil 5 sur Xbox 360

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Version Xbox 360

Même en suivant scrupuleusement les recettes contenues dans "Je cuisine pour moi tout seul : ou... cuisine interne", vous ne pourrez pas obtenir un homard prince Vladimir aussi bon qu'à la table de l'Auberge de l'Ill. Même en lisant 10 fois "Mes plaisirs de cinéphiles" avec 25 millions de dollars à votre disposition, vous ne réaliserez jamais un film aussi génial que Les Affranchis. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous n'êtes ni Marc Haeberlin ni Martin Scorsese, parce qu'avoir l'argent et les ingrédients ne suffit pas, parce qu'à un moment donné il faut du talent. Et ça, Capcom ne l'a pas compris avec Resident Evil 5.

Car si RE 5 reprend tous les éléments de l'excellent Resident Evil 4 enrobé d'une mise à jour graphique plutôt réussie, on se retrouve, au final, avec un jeu qui a une tout autre saveur. Un peu comme le Kloug.
Chez Capcom, on n'est pas aveugle, on voit bien qu'aujourd'hui le truc qui marche c'est les jeux avec du coop et un système de couverture. Hop, on les rajoute à Resident Evil histoire de ne pas être accusé de faire piétiner la licence. Oui mais voilà messieurs, vos bonnes idées ont été implantées avec les pieds. Un système d'inventaire débile qui fait passer celui de Resident Evil premier du nom pour un modèle d'ergonomie. Une I.A. en solo complètement à côté de la plaque qui entraine 95% des game over à elle seule (ho tiens un boss, si j'allais me jeter dans ses bras ?). Un système de couverture qui autorise à se planquer derrière certains murs bien spécifiques mais qui interdira de le faire sur un mur exactement identique situé 10 mètres plus loin. La rigidité initiale du gameplay n'en devient alors que plus irritante.

Mais là où l'absence de Shinji Mikami (le papa de la saga) se fait le plus ressentir, c'est dans le level design répétitif et bâclé (on appréciera tout spécialement les temples mayas perdus en plein coeur de l'Afrique) et surtout dans la gestion du rythme et des rebondissements du jeu. Poussif et jamais épique, le jeu enquille les situations de jeu au mieux déjà-vu, au pire complètement crispantes. On rajoute par dessus tout ça des boss tout nazes, un scénario archi-nul, une triple couche de Matrix (10 ans après le buzz, bravo les gars) tendance beauf et on obtient l'un des plus beaux ratages de l'année 2009, si ce n'est pire.

Quel que soit l'angle sous lequel on prend Resident Evil 5, il n'est que déception : un jeu d'action ? OK mais c'est statique et mou. Un jeu d'horreur ? OK mais ça n'effraie ni ne dégoute à aucun moment. Un jeu coop ? OK mais c'est pas comme si le marché était déjà plein de jeux bien meilleurs et bien mieux finis dans le domaine. Un jeu pour les fans de la saga ? OK mais violer la mémoire collective et offrir une conclusion qui se contre-fout du mot "cohérence" n'est pas un bon moyen de respecter les fans.

Un mauvais Resident Evil, un mauvais jeu, un affront, une injure. Monde de merde.

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