Retour aux sources - Critique JV #12

Avis sur Resident Evil 7 sur PC

Avatar Nico Vetti
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Version PC

Le jeu vidéo d'horreur est mort, c'est un commencement un peu brutal pour une critique et une réalité difficile à accepter mais du moins à mes yeux le genre du survival horror a perdu ses lettres de noblesses. Attention cela ne veut pas dire que les jeux d'horreurs sont tous mauvais loin de la même en fait mais de nos jours avec des jeux comme Outlast, Slender ou même Resident Evil 5 ou 6 le jeu d'horreur s'est perdu privilégiant la forme en dépit du fond et nous offrant des productions qui s'apparente à des torture porn bêtes et méchants en dépit d'une narration forte et de réelles émotions, d'une véritable immersion du joueur pas seulement visuelle mais aussi émotionnelle, des émotions autres que la peur. Outlast par exemple est un bon divertissement simple et sans réelle prise de tête mais à aucun moment le jeu ne parvient à percuter le joueur durablement car ledit joueur si il à une expérience personnelle propre et riche connait déjà tout ça et va simplement évoluer passant chaque jumpscares faciles et prévisibles (a l'exception peut-être de 1 ou 2) l'amenant vers un final pas très surprenant. Dès lors le jeu fait office de simple passe temps dénué de tout impact nous ramenant à lui même 1 an après en se disant : "Wouah c'était quand même vachement ouf".
Fort heureusement certaines surprises viennent briser cette réalité et je pense ici fortement à The Evil Within 2 qui en 2017 est parvenu ni plus ni moins qu'à asséner l'une des plus grosses claque du jeu vidéo horrifique avec sa quête de rédemption percutante, émouvante et tout simplement bouleversante et même après plus d'un an le jeu me laisse un souvenir indélébile comme j'en ai rarement vécu mais me faisant aussi réaliser que cette pépite sera surement la dernière à impacter aussi fort ce genre qui s'essouffle.. Et bien force est de constater que j'avais tort car aujourd'hui plus d'un an après sa sortie je vais me pencher sur Resident Evil 7 qui non content de se réinventer va aussi laisser une trace dans le genre.

Bienvenue à la maison

5 ans après Resident Evil 6 dernier épisode principal de la série si on met de côté les deux opus Révélation voici que la série tombée en désuétude revient sur le devant de la scène avec un tout nouveau personnage : Ethan Winters qui comme point de base de cet épisode va partir à la recherche de sa petite amie qui a mystérieusement disparue après lui avoir envoyé une étrange vidéo ou celle-ci semble en détresse et ou elle le somme de ne pas se lancer à sa recherche. Réflexe basique de personnage de jeu vidéo Ethan décide de ne pas l'écouter et de se lancer tout seul à sa recherche en se rendant au manoir familial de sa petite amie sauf que bien entendu les choses la bas ne se dérouleront pas comme prévues, sa copine n'est plus la même et sa famille semble avoir totalement perdue la raison. Ethan devra alors tout faire pour survivre,sauver sa copine et quitter les lieux vivants.

Avec un point de base pareil Resident Evil 7 n'inspirait pas la confiance et je dois avouer qu'hormis la grande nouveauté de cet épisode d'être entièrement à la première personne (changement drastique après une dizaines d'opus à la troisième personne) le jeu semblait bel et bien redondant à la manière de nombreux ténors du genre actuels, le jeu apparaît tout d'abord comme gore facilement et comme une galerie technique sur le plan graphique plutôt qu'une réelle expérience qui implique le joueur et pourtant passées les 3-4 premières heures on réalise la richesse de ce Resident Evil 7 qui dès lors que sa phase d'introduction se termine lance la machine et ne s'arrête plus les combats sont ultra viscéraux et il ne sera pas étonnant au tout début de se retrouver face à un boss avec pour seule arme un couteau minuscule et tout au plus 5 balles dans le chargeur et ce même en économisant comme il faut. Resident Evil nous rappelle ainsi une règle de base du survival horror : Fuir, et la je ne parle pas de Outlast qui triche et nous force à fuir en ne nous donnant aucune arme mais bel et bien d'un dilemme basé sur une peur plus viscérale qui est celle d'être armé mais de ne pas avoir de quoi se défendre, de devoir fuir pour avoir une chance car pas question de juste esquiver les ennemis ici, tôt ou tard le combat viendra et autant prévenir d'avance il ne sera pas facile. La difficulté est ici plus que jamais rehaussée mourir deviendra une habitude tant le jeu ne pardonne pas la moindre erreur, Koshi Nakanishi a ici ramené le joueur face à ses plus grandes peurs et notamment celle de ne pas pouvoir s'échapper de devoir combattre de devoir faire face à l'horreur au lieu de la fuir lâchement, certains combats me resteront d'ailleurs très sûrement longtemps dans la tête (Léger Spoiler : Comme ce combat à la tronçonneuse avec le père de famille des Baker, viscéral à souhait et bourré d'adrénaline).
Les ennemis sont eux aussi parfaitement bien trouvés : Finis les zombies complètement attardés ici les ennemis sont des sortes de mutants capable de se comporter et de parler comme de vrais humains mais complètement atteint par le virus psychologiquement et physiquement aussi car chaque membre de la famille à une capacité unique à régénérer même les pires blessures il ne sera donc pas rare de se battre plusieurs fois contre un même membre de la famille alors que l'on pensait celui-ci mort et enterré amenant parfois quelques surprises.
Le jeu parvient d'autant plus a surprendre (Spoiler Alert) :

qu'en court de route il change purement et simplement de personnage principal pour nous révéler certains secrets du jeu.

Parlons d'ailleurs du scénario de ce Resident Evil 7 qui est l'un des meilleur de la série avec ses nombreux twist ingénieux et bien amenés qui vont plusieurs fois vous surprendre alors même que vous pensiez la vérité révélée, on peut aussi constater que (Possible Spoiler) que le jeu est bien connecté à l'opus précédent dès lors que l'on retrouve Chris Redfield aux côtés de Umbrella, chose qui est annoncée à la fin du sixième opus après la chute de l'organisation reconvertie en groupe militaire en charge d'éliminer les menaces bactériologiques autour du monde.
Mais bien entendu ce nouvel opus ne brille pas simplement par sa richesse scénaristique mais aussi par ses qualités techniques qui marquent aussi ce nouvel opus comme un opus majeur dans la série !

Visite guidée de l'enfer

Comme on a pu le dire précédemment ce nouvel opus annonce aussi un nouveau point de vue, fini la vue à la troisième personne propre à la série Koshi Nakanishi amorce une évolution drastique et fait passer la série à une vue interne sublimée par le tout nouveau moteur graphique made in Capcom : Le RE Engine. Petit bijou graphique le moteur permet un rendu photoréaliste des environnements du jeu et même après des heures de jeu on se surprend à tomber amoureux des décors sublimes et réalistes (j'ai pu effectuer le test en ultra sur mon PC malheureusement je n'ai pas pu effectuer l'expérience en VR ce qui doit rendre le soft encore plus ouf et jouissif).
Du point de vue technique RE7 est donc bel et bien une vrai claque tenant les promesses faites dans la Begining Hour servant de démo au jeu !
Au niveau du level design le jeu est très ingénieux et dessert parfaitement les twist que j'ai énoncés plus hauts nous ramenant de manière intelligente aux environnements de départ pour nous faire réaliser ce que nous n'avions pas pu comprendre au tout début du jeu. Pareil du point de vue des différentes parties du manoir qui sont toutes connectées de manière intelligentes empêchant au joueur de devoir se taper tout le manoir pour trouver tel objet. Seul petit bémol si je puis dire c'est le manque de points de sauvegarde à certains moments ou de leurs mauvais positionnement sur la carte je pense notamment à celui de la cabane aux insectes pour ceux qui aurait fait le jeu .
En dehors de ça le jeu joue beaucoup sur des jumpscares prévisibles et des scène gores trop gratuites (Récupérer la clé dans le cadavre du policier c'était vraiment nécessaire ?) qui viennent légèrement entacher l'expérience au début fort heureusement le jeu se concentre très vite sur une horreur beaucoup plus viscérale et mieux pensée en terme de gore.
Au niveau de la bande son le jeu immerge parfaitement que ce soit les craquements dans les murs ou les bruits lointains on ne reste jamais serein dans ce RE7 et on se surprendra à plusieurs reprises à devenir parano et à regarder autour de soit pour être sûr qu'aucun monstre ne nous suis. Les musiques sont extrêmement rares mais font toujours leur effet que ce soit pour nous effrayer d'avantage, rendre une situation épique ou même nous toucher vers la fin du jeu et donner une certaine dimension douce et poétique au jeu elles participent vraiment à créer une ambiance unique et puissante toujours réussie et bien utilisées.
Enfin au niveau du gameplay on se retrouve face à quelque chose d'assez similaire à un Dying Light ou d'un Elder Scrolls V avec ces combats à la première personne qui nous plongent d'autant plus dans la peur, un très bon parti pris du coup pour une horreur qui évolue et se modernise enfin. Resident Evil 7 s'impose ainsi vraiment comme le premier jeu véritablement orienté horreur depuis un moment du très bon travail de la part de Capcom sur ce coup la !

Je ne suis paaaaas un héros !!!!

Enfin et pour terminer rapidement il est temps aussi de parler du DLC gratuit "Not A Hero" qui nous met dans la peau de Chris Redfield partant affronter le dernier membre de la famille : Lucas qui tente d'envoyer les données du virus à des groupes terroristes. Simple et efficace le DLC se veut plus orienté action que le jeu principal Chris étant beaucoup mieux armé que Ethan. Le jeu est donné gratuitement avec l'achat de RE7 une très bonne initiative de Capcom qui nous apporte ainsi de nouvelles lumières sur une étrange organisation du nom de "Connections" qui semble prendre le rôle laissé vacant de grand méchant de la série après Umbrella. Au final le DLC reste très sympa et présente 2 nouveaux monstres et 1 boss principal parfait pour un contenu offert gratuitement (Prenez en de la graines les développeurs de Alan Wake !). Au final il n'y a pas à cracher sur ce contenu gratuit qui reste vraiment de bonne qualité pour un DLC.

Conclusion :

Au final Capcom réinvente sa série phare avec ce Resident Evil 7 et reviens aux sources du jeu d'horreur avec une nouvelle approche ingénieuse et inattendue et un scénario qui montre que les scénaristes de chez eux en ont encore dans la caboche. Le jeu n'a ainsi pas à rougir aux côtés de The Evil Within 2 les 2 séries parvenant sans nul doute à nous rappeler que l'horreur n'est pas encore morte dans le jeu vidéo. En espérant que la suite suivra cette voie bien tracée et ne retournera pas dans la médiocrité !

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