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Avis sur Resident Evil 7 sur PC

Avatar Benoukat
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Version PC

Voilà bien des années que je ne m'étais pas lancé dans un Resident Evil (depuis le 4 en fait) n'ayant pas daigné suivre les aventures de Crocodile Dundee chez les papou ni sa suite, la série m'ayant perdu entre les références, les références de références et j'en passe. Un peu comme la saga Metal Gear Solid mais en beaucoup moins bien, ou là le créateur a su - presque - s'arrêter à temps, si vous voyez c'que je veux dire.

Pourtant, Resident Evil 6 est une des meilleures ventes de Capcom, on aurait pu penser qu'ils continuent à en foutre partout sur les fans de la saga, multipliant les arcs et les voyages dans le temps histoire de combler à la pelleteuse tous les trous du lore.

Mais non, finalement, Capcom s'est dit que ce serait mal d'envoyer tout chier, le lore, les fans qui se cosplay en Jill avec leur rideau de douche à Paris Manga, et les uniques raisons qui font encore vendre la série alors que, sincèrement, la critique autour de Resident Evil semble enfoncer la licence dans la médiocrité au fil des années.

Du coup nous voilà avec un gameplay tout frais et tout nouveau, sensé dépoussiérer la saga, à la première personne, qui nous rappelle quand même qu'à la base, Resident Evil c'était une ambiance malsaine et pas juste un mauvais jeu de shoot.

Et la nouvelle sauce prend bien pendant les premières heures de jeu. Le complexe de la petite maisonnette, la plus grande ainsi que la cabane sur la flotte procurent de bonnes sensations et parfois même quelques jump scare bien placés. Le père et la mère font particulièrement flipper, et la vieille qui pop un peu n'importe ou ne rassure pas des masses non plus. Mention spécial au passage dans la chambre d'enfant qui m'a vraiment foutu les boules.

Mais déjà dans ces moments où la musique est bonne bonne bonne, les premiers écueils de gameplay s'affichent : La lourdeur sur-réaliste du personnage propre à la saga se confronte à des adversaires très rapides, ou des salles de 10m², ce qui empêche totalement au joueur de voir où il est, ou d'anticiper les coups de son adversaire. Un brin frustrant mais pas forcément bloquant une fois qu'on a pris un peu le coup de main.

Non, là, le problème, c'est que Resident Evil, comme bien d'autres jeux, n'a pas réussi à contrôler son gameplay dans la durée. Faire un concept à la P.T avec une maison qui fait peur, où on peut se déplacer à peu près librement, c'était très sympa, et ça dure environ 5h.
Mais voilà, tout comme Dying Light, Capcom s'est dit "Merde, 5h, c't'un peu court" et a décidé de rajouter du contenu sans se soucier de si le gameplay était vraiment taillé pour ça.

Et là, d'un coup, le jeu s’effondre, après avoir déjà pas mal mis le genou à terre sur l'arc du fiston, bien moins impressionnant et flippant que papa et maman (mais néanmoins sauvé par un boss bien glauque).
Les environnements suivants sont d'une nullité absolue et ne filent pas la frousse pour un sous. Le chemin est presque limpide, aucune surprise ni aucune flippe ni aucun challenge. On devient très vite surpuissant voir complètement invincible tant le problème n'est pas le nombre de munition mais la place dans l'inventaire pour stocker tout ce qu'on trouve.
Sans même parler de la facilité déconcertante à survivre (qui pourrait se régler par un mode de difficulté en plus), les niveaux deviennent linéaires, très flemmard dans leur level design ainsi que dans son soucis du détail. Plus rien ne fait peur, on se balade dans des couleurs immenses et on est plus surpris par grand chose.
La direction artistique explose en plein vol, taillée pour les intérieurs confinés et meublés, elle transpire de toute sa laideur quand les couloirs deviennent vides, que le décor s'agrandit et qu'on passe dans quelque chose de plus naturel. Le jeu peinait déjà à afficher des graphismes dans la moyenne actuelle, mais fait presque honte aux derniers jeux PS3 dans son final.

Resident Evil devient alors un shooter raté, dénué de son enrobage qui nous le faisait oublier, enchaînant les combats avec un bestiaire de monstre impressionnant au nombre de trois, oui TROIS. Et je vous avoue que quand j'ai allumé Resident Evil, je me suis pas dis que j'allais passer mon temps à pulvériser trois monstres au design douteux, cons comme des balais, et pas flippant pour un sous, le tout pendant 10h.

Pire, le jeu me confirme son statut de catastrophe industrielle dans sa finalité, en proposant un finish ni flippant, ni impressionnant, ni à la hauteur des premiers boss, bien plus porté sur le malaise.

Il n'y a pas besoin d'être un expert en jeu vidéo pour voir à quel point le jeu a été initialement prévu d'être fini au moment ou on quitte le complexe dans la forêt, ne serait-ce que par le simili "boss de fin" (bien plus impressionnant que le vrai final) et la logique de l'armement qui est à son maximum "logique" à ce point de jeu.
Tout ce qui s'en suit a été salement greffé à l'arrache, avec des décors pauvres et aucune nouveauté, en en ayant plus rien à foutre du game design construit sur les 5h précédentes, filant au joueur des moyens complètement démesurés de se défendre, n'ayant plus aucune subtilité, et se contenant juste d’étirer un jeu déjà salement séché par ses lacunes dans sa première partie.

Resident Evil fait parti de ces jeux dont je ne comprends pas l’engouement critique moyen. Comment peut-on avoir une moyenne de 7.5 en traînant des défauts aussi énormes, et surtout en cachant à peine son incapacité totale à trancher entre rendre un jeu de 5h bien fignolé ou un jeu de 10h mais comblé avec un mélange savant de morve et de vomi. Est-ce que les joueurs ne serait pas en droit de pas être pris pour des énormes cons ?

Est-ce qu'il aurait pas été mieux d'assumer la courte durée de vie et se contenter de fignoler l'existant, plutôt que de passer des mois de crunch débiles à étirer la durée de vie artificiellement pour pondre une telle merde qu'est la deuxième moitié du jeu ?

Tout comme Dying Light, ce genre de production m'énerve au plus haut point, et je n'arrive décidément pas à comprendre comment on peut arriver au générique de fin et se dire "ah, j'ai passé un bon moment, la fin était vraiment chouette". C'est comme manger des lasagnes et servir des rillettes au Nutella en dessert. C'est un non.

Un mystère au moins aussi grand que ces fameux couvercles de poubelle dans la cale d'un bateau qui sont toujours en place et debout alors que l'endroit a visiblement subi quelques secousses.
Je m'en remettrai.

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